La fugue

Parfois, on a l’impression que tout va mal, que tout le monde est contre nous, que quoi qu’on fasse, ce n’est jamais assez bien. De temps en temps, on essaie même de se confier, d’exprimer la souffrance que l’on ressent, et là non plus, cela ne va pas. La réponse faite n’est pas celle attendue, on a l’impression que personne ne nous comprend, pas même nos proches. On se demande pourquoi on est là, et l’idée de partir, de s’éloigner, germe insidieusement. On a envie d’être ailleurs, n’importe où, mais surtout pas chez soi. On peut aussi avoir envie de partir pour se rebeller, pour montrer à ses parents qu’on en est capable, que l’on n’est pas dépendant d’eux et que l’on peut s’assumer. (Même si c’est loin d’être le cas !). On peut aussi avoir envie de s’en aller simplement pour faire de nouvelles expériences, et se prouver que l’on est capable de faire des choses folles.

On décide alors de tout quitter, sans avertir qui que ce soit, de fuguer. On n’a pas vraiment d’idée de l’endroit où on va aller, on part sans but, avec quelques affaires. On prémédite rarement de fuguer, c’est souvent fait sur un coup de tête. C’est souvent une façon d’attirer l’attention, de solliciter l’intérêt de notre entourage, de vérifier si nos proches nous aiment vraiment. (S’ils nous recherchent, c’est qu’ils nous aiment !).

Il faut savoir que lorsqu’on décide de fuguer, on devient souvent une proie facile pour les personnes mal intentionnées. On est souvent démuni, fragile et donc influençable. Il existe aussi le risque de basculer dans la délinquance si la fugue s’éternise. Mais en général, cela ne dure pas plus de quelques heures, voire une journée, le temps de provoquer une réaction et de montrer que l’on a osé.

La fugue est du ressort de la justice. Tout mineur, sous la responsabilité de ses parents et ne pouvant s’assumer seul est en danger, c’est pourquoi il doit être protégé. La police doit le retrouver pour le ramener à ses parents ou au juge pour enfant.

Souvent, lorsqu’on a fugué, on a envie de revenir chez ses parents, mais on n’ose pas. C’est une question d’amour propre, ou encore la crainte que les parents soient en colère et ne soient pas heureux de nous voir revenir. Même si les parents ont été inquiets et parfois furieux, il ne faut pas hésiter à revenir, ils seront soulagés et ce sera peut-être le moment pour rouvrir le dialogue. Si la situation de fugue perdure, il est toujours possible de trouver des Points Ecoute Jeunes, certains peuvent même parfois offrir un toit.