Du végétarisme à l’orthorexie : comportements alimentaires spécifiques
Partout dans le monde il existe des comportements alimentaires spécifiques. En France, près de 2% de la population est végétarienne. Les habitudes alimentaires changent au fil des modes et des avancées de la recherche scientifique : la consommation de viande a baissé, les produits bio sont en vogue, et la mal-bouffe est traquée et montrée du doigt ! Qu’est-ce qui se cache derrière ces comportements alimentaires spécifiques et peu connus ?
1. Petit lexique à l’usage des omnivores...
Crudivore : personne qui ne mange que des aliments crus (fruits, légumes, lait, viande, poisson)
Flexitarien : personne flexible concernant le degré avec lequel elle pratique le végétalisme et le végétarisme.
Frugivore : personne qui ne mange que des fruits (parfois aussi des céréales)
Granivore : personne qui ne mange que des céréales.
Macrobiote : personne qui base son régime alimentaire sur une pensée philosophique venue du Japon, fondée sur le principe du Yin et du Yang. La macrobiotique préconise la consommation de céréales et de légumes essentiellement (et parfois de la viande).
Orthorexique : personne qui recherche la perfection diététique et consacre son temps à organiser, rechercher, sélectionner, et consommer de la nourriture. Il s’impose des règles draconiennes comme par exemple, ne pas manger de légumes qui ont quitté le contact avec la terre depuis plus de 15 mns, mâcher au moins 50 fois chaque bouchée avant de l’ingurgiter, ne jamais être rassasié, manger tel aliment, à tel moment, de telle façon... En bref, manger devient un dogme dont le plaisir est exclu !
Végétarien : personne qui se nourrit essentiellement d’aliments d’origine végétale, et qui ne mange pas de chaire animale (viande, volaille, poisson, fruits de mer).
Le régime végétarien large autorise toutefois la consommation de certains produits du règne animal (lait, beurre, oeufs, miel). On peut être ovo-, lacto-, pesco-, ou pollo-végétarien selon que l’on consomme des oeufs, des produits laitiers (fromage, beurre, crème fraîche, yaourts), du poisson ou de la volaille.
Végétalien ou végan : issu du mot anglais « vegetarian », le véganisme est un mouvement philosophique né dans les années 50 en Angleterre ; c’est un mode de vie qui exclut toute utilisation des produits animaux (fromage, miel, cuir, soie, laine, fourrure...etc ) et qui refuse toutes formes d’exploitation qui ferait souffrir les animaux (les cosmétiques ou médicaments testés sur animaux, le cirque, la chasse, la pêche, la corrida...). Il est très développé aux USA et en Europe du Nord.
2. Pourquoi devient-on végétarien ?
Raisons éthiques ou philosophiques : l’intérêt pour la condition des animaux et l’envie de mettre fin à leur souffrance (l’élevage en batteries, la destruction des espèces inutiles, le traitement dans les abattoirs...). Le respect et la non-violence face aux êtres vivants.
Environnement : l’élevage industriel intensif source de gaspillages et de pollution (plus grande consommation d’électricité, d’eau, d’espace, de produits chimiques, de gasoil, de nitrate, de méthane etc... Ces effets sont supérieurs lorsqu’on produit de la viande).
Tiers-Monde : un végétarisme généralisé permettrait de résoudre le problème de la faim dans le monde. Près de 40% de la réserve mondiale de céréales nourrit le bétail que l’on va consommer : on pourrait nourrir un nombre d’humains végétariens dix à vingt fois plus nombreux que les bêtes.
Santé : les produits d’origine animale, riches en graisses saturées et en cholestérol, favorisent l’apparition de certains cancers, de maladies cardio-vasculaires, de la cataracte, et d’intoxications alimentaires diverses.
Religion : de nombreuses religions prônent le végétarisme, en Asie (Bouddhisme, Hindouisme, Jaïnisme, Krishnaïsme...) mais aussi dans des sectes chrétiennes (Rose-croix, Vie universelle...) Goût : certaines personnes n’aiment pas le goût de la viande. Les goûts et les couleurs !
3. Quels sont les risques à adopter ces comportements alimentaires ?
Sur la santé : Le principal danger du régime végétarien est la carence en fer donc l’anémie. En effet, la quantité de fer contenue dans les produits d’origine animale est nettement supérieure à celle des végétaux. Quant au régime végétalien, il peut provoquer des carences en protéines, en acides aminés, en vitamines B12, en fer, et en calcium. Pour combler ses carences, il est important de demander conseil à son médecin.
Sur la sociabilité : Comme tout changement de comportement (arrêter de fumer, de boire, de se droguer), le changement de régime alimentaire demande une certaine adaptabilité de votre part et de celle de votre entourage, puisque l’objectif n’est pas de vous isoler socialement, mais de continuer à profiter de la convivialité d’un repas entre amis !
Et pour conclure, un rappel essentiel : il est fortement déconseillé de faire des régimes pendant l’adolescence, parce que le corps est en pleine croissance. Les régimes sont à cet âge-là uniquement prescrit par un médecin, et encadrés par des professionnels comme les nutritionnistes qui peuvent vous réapprendre à manger équilibré.