Du souci au mal-être
A l’adolescence, on est soucieux, préoccupé ; ça fait partie de cette période au cours de laquelle on se sent parfois incompris, on se remet en cause, on cherche un sens à sa vie. Le fait d’avoir des inquiétudes et des moments de déprime n’est pas inhabituel durant cette période ; mais lorsque le mal-être se prolonge et s’installe de façon insidieuse et que la souffrance est insupportable, il peut arriver que l’envie de vivre s’efface progressivement ou même brutalement : la tristesse nous envahit alors et des idées noires apparaissent.
Du mal-être à l’envie de ne plus vivre
A l’adolescence, en plus d’être soucieux, on est naturellement en proie à des remaniements que l’on ne maîtrise pas, comme les changements du corps par exemple, et cela peut être assez déstabilisant. Parfois un événement plus ou moins dramatique, que l’on n’a pas choisi non plus, tel qu’une rupture, un décès, une dispute…, peut être à même de renforcer ou de faire émerger un profond sentiment de mal-être (déjà présent de façon latente) qui va parfois jusqu’à l’envie de mourir. Mais ce qui fait que certains basculent dans des passages à l’acte, c’est que, plus sensibles à ce moment-là, ils ont alors l’impression que tout leur échappe. L’idéal de vie ne correspond pas à la réalité - réalité qui apparaît alors si décevante. Ce sont des situations qui sont souvent vécues comme injustes, et au cours desquelles certains se perdent, perdent la notion de la réalité. Aveuglés par la colère et la solitude, ils songent au suicide.
Le suicide : solution ou illusion
Ce qui est évoqué, c’est que le suicide paraît la seule solution, lorsque la souffrance est trop intense, insupportable. Et pourtant... le suicide pour reprendre le contrôle de sa vie ou encore le suicide pour mieux vivre : tel est l’immense paradoxe qui tiraille certains jeunes. Ils veulent rompre avec ce sentiment de ne pas exister en mettant fin à leur vie, à leur existence. C’est un paradoxe d’autant plus fort qu’en même temps cette issue ne résulte pas à leurs yeux d’un choix. Cette pseudo-solution, au delà d’être un paradoxe, est un leurre, une illusion ; car ce qu’ils veulent en réalité à travers ce besoin de rupture, c’est ne plus souffrir. C’est une illusion parce que la douleur masque, biaise la réalité, et empêche de voir les différentes possibilités qui existent pour s’en sortir, ce qui fait que dans ces moments-là il peut y avoir un manque de discernement. C’est pourquoi il est très important de pouvoir mettre des mots sur les idées suicidaires, quand on en a, en en parlant avec une tierce personne (un ami, un parent, un professionnel de santé...), qui aura alors un regard plus objectif sur la situation, et sera plus apte à proposer une aide.