Peut-être que vous vous étiez rendu compte qu’il/elle allait mal mais pas à ce point là, ou peut-être que vous n’aviez rien vu venir. Le décès par suicide d’un proche est toujours une immense douleur : on ne comprend pas, on s’en veut, on se repasse dans la tête toutes les situations où on aurait peut-être pu faire quelque chose, on lui en veut ... En plus du vide laissé par l’autre s’ajoutent les questions auxquelles il ne pourra plus répondre. Il faut du temps pour apprendre à vivre avec cette absence-là.
Il ne faut pas rester seul(e) avec sa douleur.
C’est important de partager vos ressentis avec les autres personnes qui l’ont connu(e), elles aussi vivent cette même douleur. Cela permet aussi de faire face à l’impression que l’on peut avoir d’être coupable de cette disparition, comme si on avait pu l’empêcher et qu’on ne l’avait pas fait. Il est normal de se dire qu’on n’a rien vu venir et que l’on n’a rien fait pour aider l’autre. Tous les proches du disparu vivent ce même sentiment de culpabilité, il ne traduit en rien une réalité, personne n’est réellement responsable du suicide si ce n’est celui qui est parti... Partager, c’est aussi pouvoir se soutenir et être moins seul(e) face au vide laissé par l’autre.
On peut être en colère.
En vouloir à celui qui est parti est fréquent. Il faut aussi pouvoir mettre des mots sur cette colère quand elle existe : on se retrouve seul et on ne comprend pas pourquoi ! C’est un peu comme si on avait l’impression que le geste de se donner la mort nous avait blessé, comme un coup. On peut aussi avoir l’impression qu’il/elle ne nous a pas laissé la possibilité de l’aider, qu’il/elle ne nous a pas laissé le choix. C’est une colère particulière, faite d’amour et de douleur, il ne faut pas la laisser s’installer en soi, juste l’accueillir pour pouvoir la dire.
On ne comprend pas, on trouve ça injuste.
Le sentiment d’incompréhension peut être très fort : hier, il était encore là et puis aujourd’hui non. Pourquoi lui, pourquoi maintenant alors qu’il/elle avait tant de chose à vivre ? Et puis aussi, pourquoi nous a-t’il fait ça ? Il est normal de trouver ça injuste et de ne pas réaliser ce qu’il se passe...
Les questions sans réponses.
Au-delà du deuil de l’autre, il y a aussi le deuil des réponses à faire, les réponses au pourquoi. Si on peut se créer au fil du temps ses propres réponses, elles ne seront que des interprétations de ce qui aurait pu mal se passer ou mal se vivre pour lui/elle. Il n’y a en effet pas de "réelle" réponse à ces "pourquoi ?" car rien ne justifie que quelqu’un se donne la mort. Il faut du temps pour accepter cela, qu’il/elle ait pu partir avec ce secret. Le sentiment de culpabilité et la colère viennent aussi de toutes ces questions. Si certains suicides sont totalement imprévisibles, la plupart sont incompréhensibles et tous sont irrationnels.
Ne pas hésiter à se faire aider si la douleur est trop forte.
Les sentiments et la douleur que font naître la disparition d’un proche par suicide peuvent devenir un piège pour l’endeuillé. Comme si ce geste effrayant pouvait parfois précipiter ceux qui restent dans le noir. Attention, si les questions deviennent trop envahissantes et que l’impression d’être coupable, la colère prennent le pas sur le quotidien, il faut se faire aider ! De même, si les réponses que l’on s’invente sont morbides ou culpabilisantes, stop, il faut se faire aider par un professionnel ! N’hésitez pas à nous appeler si c’est le cas ! L’association Vivre son deuil (http://www.vivresondeuil.asso.fr) peut aussi vous venir en aide.