Vous aviez peut-être repéré depuis un moment que votre copain, cousine, voisin, etc..., n’allait pas bien, il parlait moins, s’isolait ou était agressif. Un jour, au détour d’une conversation, le "j’ai envie de mourir" ou "de toute manière je serai plus là pour le voir, j’en ai rien à foutre" tombe. Lorsque l’on reçoit cette confidence, surtout parce qu’il y est question de souffrance, de mort, on peut avoir la sensation d’être écrasé(e). Ou alors, on peut avoir envie pour se rassurer de se dire et de lui dire que ça va passer, limite qu’il a plein de choses pour être heureux... C’est justement parce que cette confidence est grave que l’on peut vouloir la banaliser pour se protéger. Il faut réagir vite, mais comment ?
Il/elle ne veut pas que j’en parle.
Une fois le moment de confidence passé et que l’on a pu reprendre ses esprits se pose la question d’en parler à son tour ou de se taire. Entre la nécessité d’aider son ami(e) et la peur de le/la trahir en parlant ; c’est difficile de faire la part des choses. Pourtant, en prenant un peu de recul, on se rend compte qu’il vaut mieux avoir trahi un copain vivant qu’avoir un ami mort. Si votre ami(e) vous a demandé de ne pas en parler et de garder le secret, c’est parce qu’il/elle va très mal, ce n’est pas une vraie prise de décision mais le résultat de sa souffrance. Pourtant, en vous en parlant, cet(te) ami(e) a aussi envie qu’on l’aide. Avertir des adultes pour ne pas laisser faire, c’est aussi aider votre ami(e) à sortir de la souffrance, de la peur et de la solitude : quelqu’un l’a pris au sérieux et l’aime suffisamment pour vouloir lui venir en aide.
C’est mon ami(e), je peux l’aider mais pas tout(e) seul(e) !
Attention, même si vous aimez très fort cette personne, cela n’est pas suffisant pour qu’elle aille mieux. Bien sûr, votre écoute, votre soutien et votre attachement lui font du bien, mais quand quelqu’un a des idées noires, on sort du registre de la situation habituelle. Autant quand un copain s’est disputé avec ses parents, en parler avec un(e) ami(e) peut être suffisant pour qu’il se change les idéees, autant dans le cas d’idées suicidaires, il faut plus que ça ! Vous devez passer le relai à un adulte. D’ailleurs, cela vous soulagera car c’est très dur de porter ça tout(e) seul(e) sur ses épaules. Vous pouvez en parler avec vos parents, à l’école avec un prof de confiance ou l’infirmière scolaire ou encore dire à votre ami(e) que vous allez en parler à ses parents.
Chaque situation est différente mais toutes sont compliquées. Si vous ne voyez pas à qui faire appel, le numéro de Fil Santé Jeunes (0800 235 236) peut vous aider à déméler les choses. Dans ce type de situation, nous pouvons vous aider à faire le point et à chercher avec un professionnel l’adulte "ressource" dans votre entourage. Vous pouvez aussi lui dire que vous être très inquiet(e) et lui demander de nous appeler !
Surtout, ne restez pas seul(e) avec cette confidence. Elle est à entendre comme un appel à l’aide. Aider votre ami(e), c’est pouvoir l’accompagner vers un professionnel qui pourra soigner cette souffrance. A l’école, dans votre entourage, dans sa famille, sur le numéro de Fil Santé Jeunes, il y a sûrement un adulte à qui passer le relai ! Même si cette démarche est difficile, elle est importante et essentielle.