De nos jours, notre société est régie par les phénomènes de mode à l’intérieur desquels sont ancrés les fashion victims. Après avoir interviewé quelques sociologues universitaires, voici leurs réponses face à ce phénomène.
Selon vous, qu’est ce qu’une "fashion victim" ?
Les "fashion victims" s’inscrivent dans le registre de la problématique des phénomènes de mode. C’est un phénomène d’appartenance au plus grand nombre, à ce qui est à la mode. Cela va s’exercer sous forme d’une sorte de comportement compulsif, l’individu est agi par des normes collectives. Dès lors, il y a un sentiment d’angoisse de ne pas, ou ne plus, être à la mode. La mode est un phénomène mouvant qu’il faut donc suivre et anticiper car, être à la mode, c’est être le premier.
Vers quel âge débute ce phénomène ?
Généralement vers l’adolescence. C’est une période de quête d’identité où l’on se cherche. On essaye d’agir comme ce qui est commun, et ce qui est à la mode est un "lieu commun".
Pourquoi devient-on une fashion victim ?
En sociologie, on va parler de déterminisme social. Les comportements humains sont finalement déterminé par des normes collectives. La société attend de nous un certain type de comportement. On va construire notre existence, notre identité, notre personnalité en fonction de ça. Qu’on le veuille ou non, on fait partie de la société. Les individus ont un statut, un rôle social, un comportement dans la société : par exemple, un homme va conjuguer le rôle de père et le rôle d’employé. Dans la société, il y a des stratifications de toutes ces normes. Même lorsqu’on veut se démarquer, on va se retrouver dans un groupe d’appartenance, d’où les phénomènes de mode.
La publicité a t-elle un rôle essentiel à jouer ?
Bien sûr ! La publicité joue un rôle essentiel. Elle véhicule tout cela, c’est sa stratégie : créer la mode pour faire vendre. Un produit à la mode va très bien se vendre, donc pour bien vendre un produit, autant créer un produit à la mode qui va déchaîner les foules.
Pensez-vous que le monde des fashion victims est un monde à part ?
Non, pas du tout. Les phénomènes de mode occupent l’essentiel de la société. Un phénomène de mode est un phénomène de foule. Il faut être "in" et non pas "out". Il faut être au bon endroit, au bon moment. C’est à l’image de notre société.