
Rapport sexuel non protégé, oubli de pilule... tomber enceinte par "accident" n’arrive pas qu’aux autres. Pour faire face à cette situation, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) permet comme son nom l’indique, de mettre fin à une grossesse non désirée. Mais qu’en est-il exactement ?
L’IVG en chiffres
Près de 220 000 femmes ont recours, chaque année, à une IVG. Beaucoup de femmes, dans leur histoire de vie, sont concernées par une grossesse non désirée. Une fois sur deux elles recourent à l’IVG.
Sur 10 000 grossesses adolescentes (chez les 15-18 ans), 6000 aboutissent à un avortement. C’est pourquoi les campagnes de prévention sont très importantes, notamment dans le milieu scolaire. Le préservatif n’est pas une contrainte, mais un moyen d’éviter l’IVG et les IST.
Comment éviter ça ?
Tout simplement en se protégeant à chaque rapport avec un préservatif. Lorsque la relation amoureuse devient plus sérieuse et que les deux partenaires ont fait le test du sida, le préservatif peut être remplacé par la pilule (fiable à 99,99%). Mais le meilleur moyen pour être tout à fait protégée reste d’utiliser la pilule et le préservatif. Non seulement ça protège de la grossesse, mais aussi des IST (et surtout du sida). Si jamais les deux moyens de contraception ont été oubliés, la pilule du lendemain peut être efficace si on la prend rapidement après le rapport sexuel (voir doc à la rubrique contraception d’urgence).
Comment se passe une IVG ?
Un test sanguin est tout d’abord effectué. Il permet d’être sûr que la femme ou la jeune fille est bien enceinte, mais aussi de dater la grossesse, ce qui est très important pour la méthode utilisée.
Un rendez-vous doit être pris le plus rapidement possible à l’hôpital. Attention, le délai peut être de 15 jours ! D’où l’intérêt de ne pas s’y prendre trop tard.
Pour les mineures,deux entretiens médicaux, et un entretien social (proposé ou imposé selon l’âge) ont lieu, dans un centre de planification et d’éducation familiale ou au Mouvement français pour le planning familial. L’entretien pré-ivg (entretien social) est quant à lui proposé (et conseillé) aux majeures
Ensuite, deux techniques sont possibles :
_ la méthode médicamenteuse (le RU 486). Elle est possible avant cinq semaines de grossesse. Première consultation : on avale trois comprimés de RU 486 devant le médecin puis on rentre chez soi. 36 à 48 heures après, un deuxième médicament est administré à l’hôpital. Cette étape est obligatoire, même si on a déjà commencé à saigner. Il faut alors rester hospitalisée quelques heures, durant lesquelles les saignements seront plus importants. Il est normal d’avoir encore quelques pertes de sang pendant environ une semaine. Au bout de dix jours, une visite de contrôle permet de vérifier que l’IVG a été efficace.
_ l’intervention chirurgicale. Elle se déroule sous anesthésie générale ou locale. Le gynécologue introduit une canule ( petit tube creux) à travers le vagin, puis le col de l’utérus afin d’aspirer l’oeuf. Ca dure environ dix minutes. Deux à quatre heures après , on peut rentrer chez soi.
Est-ce que c’est douloureux ?
Il ne faut pas généraliser. Ca dépend de chacune. Après chacune des deux méthodes, le médecin prescrit des antalgiques pour calmer la douleur des contractions utérines. L’intervention chirurgicale en elle-même ne fait pas mal, mais c’est après que la douleur se fait ressentir. C’est pourquoi le gynécologue administre des antipasmodiques.
Est-ce fiable ?
La méthode médicamenteuse est fiable dans environ 98% des cas. L’intervention chirurgicale, elle, est fiable à 100%.
Qu’en est-il de la loi ?
L’avortement est autorisé depuis 1975 grâce à la "loi Veil". Mais la nouvelle législation du 4 juillet 2001 a allongé le délai, désormais de douze semaines de grossesse.
Et les mineures ?
Pour les jeunes filles de moins de 18 ans qui souhaitent avorter, l’autorisation parentale reste la règle. Mais ce n’est plus obligatoire. Si l’adolescente "désire garder le secret, le médecin doit s’efforcer d’obtenir son consentement pour que ses parents soient consultés". Si la jeune fille refuse toujours, l’avortement aura quand même lieu, mais avec l’accord d’un adulte qu’elle aura choisi.Néanmoins la présence des parents est fortement conseillée parce qu’il s’agit d’une expérience douloureuse et la jeune fille a besoin d’être entourée et soutenue.
Au bout de combien de temps retrouve t-on un cycle normal ?
Après l’IVG, le gynécologue prescrit la pilule à la patiente pour reconstituer la muqueuse utérine. Le cycle reprend normalement au bout de 21 jours de contraception.
Finalement cette expérience reste très traumatisante. Il faut vraiment tout faire pour éviter de vivre ça. Alors une fois encore, une seule chose à faire : se protéger pour chaque rapport !!!! Si possible pilule + préservatif ! Et il ne faut pas croire qu’on ne tombe jamais enceinte juste avant ou pendant les règles ! Ce n’est pas vrai.
Si tu te poses encore des questions sur l’IVG, consulte la "doc" à la rubrique "grossesse".