Du coup de blues aux idées noires
L’adolescence : une période complexe
Etre adolescent c’est pas tous les jours facile. On quitte petit à petit l’enfance pour devenir adulte mais parfois on ne sait pas quel chemin emprunter. On est en quête d’identité, de repères et de limites. On peut avoir peur de ne pas se trouver. Est-ce que je vais être capable de compter sur moi-même ? De prendre mon envol, sans mes parents ? Cet inconnu peut faire peur et rendre fragile, voire faire souffrir.
Du coup de blues aux idées noires
Les termes cafard, blues, déprime, dépression sont souvent employés à tort et à travers. Si le coup de blues est léger, la dépression est une maladie, un mal être profond. C’est une histoire de degré et de durée.
Une dispute avec les copains ou ses parents, une mauvaise note, une grosse fatigue.... et c’est un coup de cafard. On a plus qu’une envie : se réfugier sous sa couette ( cocoon protecteur) , pleurer un bon coup. ça décharge et on se sent mieux. Ces moments de déprime sont passagers et normaux. Ils permettent de souffler et de prendre du recul. Ils sont donc nécessaires car ils viennent enrichir l’expérience de vie. Mais parfois on se sent triste, désespéré et la souffrance perdure dans le temps. Il est alors important d’en parler à ses proches : parents , amis, une personne que l’on aime bien... De parler de ce qui fait mal permet déjà d’apaiser la tristesse et de ne pas rester avec ce poids seul.
La dépression est une maladie.
On se sent envahi par une tristesse anormale, persistante. Insomnies répétitives, irritabilité, fatigue anormale, fort sentiment de culpabilité, difficultés scolaires, diminution ou augmentation de l’appétit, consommation excessive de tabac, d’alcool, usage de drogue sont autant d’indices de la dépression. A cette liste peuvent s’ajouter les pensées sur la mort, les idées noires, signes de profonde souffrance, à prendre au sérieux. On a envie d’en finir avec tout ça, de mettre un terme à cette souffrance qui épuise et que l’on ne peut plus porter. On se sent minable. On se déteste. Et on en veut aux autres. On voudrait hurler au secours mais on se barricade dans le silence. On imagine (à tort) que la mort est la seule solution pour supprimer ce profond mal de vivre. On pense au suicide parce qu’on pense qu’il n’y a pas d’autre issue à cette tristesse. Le suicide est une mauvaise solution. Il est urgent d’en parler pour essayer de comprendre les raisons de ce "vouloir en finir".
Pour être aidé et s’en sortir
Les adultes (parents, amis, enseignants, éducateurs, médecin généraliste...) proches de vous peuvent vous aider à envisager les choses autrement. On peut aussi s’adresser à l’infirmière scolaire et à l’assistante sociale scolaire. On peut leur parler sans les parents. Elles comprennent les jeunes et les aident. Elle peuvent les réconforter en étant à leur écoute. L’assistante sociale peut également accompagner vers les lieux d’accueil et de consultation. Quand on a un ami qui est en grande souffrance psychologique, on n’arrive pas à l’aider seul. Le rôle d’ami est alors d’alerter l’entourage. Si on n’ose pas en parler à ses parents, l’infirmière scolaire et l’assistante sociale peuvent faire relais entre le jeune en souffrance et les parents. On peut également en parler avec un professionnel de la santé dans les lieux d’accueils jeunes ou sur Fil santé jeunes au 0800 235 236.