Quelles particularités ?
Ce qui caractérise cette amitié peut être la durée de la relation. On a parfois rencontré son ou sa meilleur(e) ami(e) pour la première fois en lui prêtant son hochet préféré. Depuis, on a demandé tous les ans à être dans la même classe et tout ce passé commun rend inséparables. Il arrive aussi qu’on se considère très lié à quelqu’un qu’on connaît depuis peu de temps. Car bien sûr il y a une question d’affinités. C’est quelqu’un avec qui on est sur la même longueur d’onde : un geste et l’autre comprend que vous voulez y aller, une mimique de sa part et vous comprenez que vous êtes sur le point de faire une gaffe ! Mêmes loisirs à partager, goûts vestimentaires, musicaux, on fait partie du même univers. La confiance joue un rôle essentiel, elle permet de se confier et d’avoir un avis sur ce qu’on ne voudrait partager avec personne d’autre. La plupart du temps cette relation forte est réciproque.
Quels plus ?
Avoir un ou une meilleur(e) ami(e) c’est avoir des repères, savoir sur qui on peut compter et qui compte sur nous. On ne partage pas ses « secrets » avec tout le monde. On a besoin de créer un espace intime avec quelqu’un d’extérieur à la famille, quelqu’un qui serait comme un frère ou une soeur ... mais qu’on aurait choisi soi-même ! Echanges à plusieurs ou à deux sont différents. Etre à deux, c’est savoir aimer et se faire aimer de quelqu’un avec tous les aspects de sa personnalité qui peuvent être difficile à accepter. C’est faire l’expérience de l’autre. Faire durer une amitié demande une certaine tolérance.
Quelles difficultés ?
Et parfois ces relations fortes prennent des chemins qui ne sont pas bénéfiques. Quand on en arrive à vouloir se garder l’autre rien que pour soi, le « posséder », cela peut faire souffrir. On supporte mal qu’il ou elle passe du temps avec quelqu’un d’autre ou s’intéresse à d’autres choses qu’à la relation qu’on a ensemble. Parfois cela se passe bien en apparence mais cette relation exclusive empêche de rencontrer les autres. Cette belle amitié peut également être parfois ternie par des sentiments de rivalité : on se compare, on se jalouse, on est amoureux (se) de la même personne ...
En général, on est le ou la meilleur(e) ami(e) de son ou sa meilleur(e) ami(e). Evident en théorie, en pratique ce n’est pas toujours le cas. Son ou sa meilleur(e) ami peut désigner quelqu’un d’autre comme premier confident. Cela empêche t-il de profiter de ce qui existe entre soi et l’autre et qui reste unique ?
Et lorsque la relation s’arrête ? Elle peut s’arrêter de façon brutale suite à une déception mais le détachement peut aussi se faire doucement simplement parce que chacun est amené à évoluer différemment. Pas de quoi s’en vouloir, cela fait partie de la vie. Et puis une relation comme celle-là peut disparaître, mais aussi se reformer quelques temps plus tard ... les amitiés évoluent !
Enfin, ce qui fait parfois souffrir, c’est tout simplement de ne pas avoir de meilleur(e) ami(e). Pour certains, ce ne sera pas un problème, ils seront entourés de plusieurs personnes à qui pouvoir se confier. D’autres, sans ce personnage considéré comme central, se sentiront seul(e), auront des connaissances mais personne ne sortira vraiment du lot. Pour avoir un(e) meilleur ami il faut aussi se sentir disponible pour en être un ou une et ça ce n’est pas toujours évident.