Que vous soyez tranquillement assis dans votre canapé ou en train d’essayer des chaussures dans un magasin... pourquoi les premières mesures de cette chanson d’Amel Bent vous font systématiquement monter les larmes aux yeux ?! Etre en extase devant Tokyo Hotel, frissonner en entendant la Traviata ou devenir agressif aux premières mesures de « qui vous voudrez » ( !)... la musique ne laisse personne indifférent. Elle éveille en nous des émotions parfois enfouies, elle joue avec nos sentiments.
Pourquoi aimons-nous certains rythmes, pourquoi sommes-nous touchés par certaines sonorités, pourquoi ne pouvons-nous parfois pas supporter d’en entendre d’autres ? Nous avons tous un lien tout à fait personnel à la musique . Parce qu’elle fait résonner notre propre sensibilité, nous rappelle notre histoire, ce que nous sommes tout simplement !
1. Un environnement sonore qui façonne...
Avant de parler de musique, restons-en aux sons ... Quelle « musique » a bercé les premières années de votre enfance ? Dans quel « bain sonore » nagez-vous depuis petit ? Ce bain sonore [dont vous ne vous apercevez pas puisqu’il fait partie de vous] joue un rôle important dans la manière de ressentir ce qu’il se passe autour de vous et de réagir au monde . Vivre à la campagne et se réveiller au chant du coq n’éduque pas notre oreille de la même manière que le métro ou la sirène des pompiers parisiens ! Certaines maisons vivent au son de la radio allumée en permanence, d’autres sont plus silencieuses... Si nous avons l’habitude d’évoluer au milieu de certains sons, pour d’autres, ceux-là mêmes sont insupportables !
2. A chacun sa sensibilité musicale
De même que nos habitudes sonores, nous développons un rapport différent à la musique au fil des années : une famille dans laquelle la musique est omniprésente (celle des parents au départ) peut éveiller des vocations de mélomanes ou provoquer au contraire un rejet total !
Des expériences ont été faites auprès de nouveaux-nés : on a pu observé qu’un bébé a une réaction particulière en entendant un air beaucoup écouté (et aimé) par sa mère pendant la grossesse. Bercé in utero au son de cet air-là, il le reconnaît ensuite et cela le rassure, il peut même parfois s’arrêter de pleurer !
A chacun sa façon de penser et de ressentir la musique . La manière dont elle nous a été transmise y est pour quelque chose : la musique a-t-elle été considérée comme un fond sonore indispensable parce que rassurant, est-elle « sacrée » au point de ne pouvoir être écoutée qu’avec une attention toute particulière, a-t-elle besoin d’être vécue comme une activité à part entière pour vraiment exister ?
Au-delà de notre « éducation » sonore et musicale, notre lien à la musique se construit bien sûr avec le temps, en fonction de ce que nous vivons, de nos ressentis, de nos rencontres aussi. La musique peut être associée à un souvenir , une image plus ou moins agréable, plus ou moins consciente aussi : un moment d’intimité partagé avec l’élu(e) de notre cœur, des vacances entre copains, notre mère assise au piano, une période de la vie où tout n’était pas rose... Si nous y sommes sensibles, c’est justement parce que la musique résonne en plein coeur de notre sphère affective... Le but d’une chanson d’amour n’est-il pas de vous faire penser à l’être aimé ?!
3. Et pourquoi ne pas évoluer ?
Si on est souvent attiré par un style de musique plutôt que par un autre (difficile pour un fan de RnB de se transformer en rockeur passionné !) parce qu’il nous touche plus intimement, pourquoi ne pas quand même tenter de s’ouvrir aux autres, l’occasion de découvrir alors peut-être de nouvelles sensations ? Au début, ce n’est pas toujours confortable, cela nécessite de s’adapter à ces sons inconnus, cela peut même faire un peu peur parfois... Mais cela en vaut aussi la peine. Cette musique là peut nous en apprendre sur d’autres types de sensibilités, nous permettre de mieux comprendre « l’autre », mais peut-être aussi nous faire découvrir une autre partie de nous-même .