Parler, à quoi ça sert ?

On a vu que parler de son vécu de maltraitance, dénoncer ces actes interdits par la loi est très difficile, parfois même impensable... Pourtant, nous insistons aussi sur son importance. Pour que "dire" devienne possible, il est alors peut-être pertinent de rappeler pourquoi c’est essentiel...

 

- Parler, c’est permettre la mise en place de procédures pour que "cela s’arrête". Faire des démarches seul n’est vraiment pas facile, alors "dire" à des personnes compétentes ou de confiance, c’est leur donner la possibilité de prendre, pour vous, des mesures garantissant votre protection et votre sécurité. Mettre fin au danger, aux angoisses aussi...

- Parler, cela veut dire ne plus être seul, gardien d’un secret trop difficile à supporter. Partager sa souffrance, c’est se libérer d’un poids trop lourd, c’est faire l’expérience d’être cru, c’est aussi pouvoir compter sur l’autre.

- Parler, c’est redevenir acteur de son histoire : il est possible d’agir ! "Sortir" de soi pour s’ouvrir à l’autre, c’est se donner les moyens de ne plus être passif, de dépasser cette situation.

- Parler, c’est aussi "agir" pour les autres. Au delà de soi, il s’agit de permettre la protection de ses frères et soeurs, par exemple, d’éviter que ce que vous vivez ne se répète.

- Parler peut être aussi un bon moyen de "prendre de la distance" par rapport à ce que l’on vit, pour se sentir moins perdu et trouver quelques solutions... C’est en exprimant ce que l’on ressent, et en écoutant les paroles de l’autre que l’on peut prendre conscience de nos moyens d’action...

- Parler, parce que cela peut faire du bien, tout simplement : mettre des mots sur sa douleur, sur ses peurs aide à se sentir soulagé. Quand on ne va pas bien, on a besoin des autres, on a besoin d’être écouté et soutenu... Etre entouré, c’est se sentir plus fort.

  • Mise en ligne le 25 mai 2005
  • Dernière modification le 20 juin 2021