S’isoler est parfois un besoin. Un fond sonore est alors agréable : on se détend, on se ressource, on fait le point sur sa journée, on laisse sa pensée musarder ... Cette ambiance musicale permet de prendre du recul : c’est comme un univers familier et agréable dans lequel on a choisi de s’installer un petit moment. Bien sûr, la musique n’est pas, dans ce cas, forcément indispensable, mais c’est un plaisir supplémentaire. Alors pourquoi s’en priver ? On choisit un groupe, un chanteur, un album, une chanson ... On écoute l’album intégralement, seulement une ou deux chansons ou ... la même en boucle pendant quatre heures ! Dans ce cas, par les choix que l’on est amené à faire et qui nous caractérisent (lieu, moment, durée, type de musique ...), on se retrouve soi-même et on peut atteindre un véritable état de bien être : on se sent en conformité, en « accord majeur » avec soi-même. Bref, le bonheur !
Il semble que ce moment privilégié soit synonyme de grand plaisir, mais aussi peut-être de sécurité. Ce bain de musique nous enveloppe de douceur, nous apaise, nous isole temporairement d’un monde extérieur parfois agressif, nous aide à oublier nos soucis quotidiens (parents, petits copains, meilleure copine, professeurs ...). Pourtant, si ces soucis sont trop importants, si les problèmes rencontrés paraissent insurmontables, la musique peut alors devenir un refuge. Le problème du refuge, c’est qu’il peut servir à se protéger temporairement en attendant une accalmie. Mais ceci est surtout valable pour les refuges de haute montagne ... En revanche, quand on ne va pas bien - quelle qu’en soit la raison - la musique-refuge peut en être un au début, avant de devenir un endroit où l’on se terre, où l’on s’enterre, où l’on s’enferme, où l’on s’isole : le risque de déprime est alors important !
Ainsi, nous l’avons vu, l’environnement musical, si agréable, peut représenter diverses choses : un bain de plaisir, un lieu de détente et de ressourcement, mais aussi, un refuge trompeur, malsain, synonyme de coupure du monde, de désespoir et de dépression. Bien évidemment, la musique en elle-même n’est pas ici en cause directement. Mais s’y enfermer systématiquement, en fuyant délibérément et sans raison apparente ses copains, peut être le signe d’un mal être. Alors, soyez attentifs à vos proches et si vous ne savez pas quoi faire, donnez-leur le numéro de Fil Santé Jeunes (anonyme et gratuit d’un poste fixe) : 0 800 235 236. Le forum et la boîte à question sont également à votre disposition sur le site ...