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Le racket

Lundi, 14 Septembre 2009 06:58

Richard, le caïd du collège, vous force à lui remettre 10 euros en cachette tous les vendredis sinon il menace de vous casser la figure.
José vous promet de vous protéger de Richard en échange d’argent ou autre service (faire ses devoirs, lui porter son sac, lui donner votre portable …).
Ils vous menacent tellement de représailles que vous n’osez pas en parler à vos parents et décidez de répondre à leurs demandes : au moins ils ne vous frapperont pas, c’est du moins ce que vous vous dites.

Qu'est-ce que c'est ?
On définit le racket (l'extorsion) par le fait d'obtenir par la violence, par des menaces de violences ou par la contrainte, la remise de fonds, de valeurs ou d'un bien quelconque, une signature, un engagement ou une renonciation ou encore la révélation d'un secret (article 312.1 du Code Pénal).
Le racket est donc le fait d’obtenir quelque chose sans le consentement du détenteur de ce bien. Il se produit le plus souvent de façon répétée et organisée par un individu ou un groupe d’individus.

Le racket a souvent lieu au sein des établissements scolaires ou dans leurs alentours. Les victimes sont plus particulièrement les élèves.
A la différence d'un vol, lors d’un racket, c'est la victime elle-même qui remet, sous la contrainte, un bien à l'auteur du délit. Ce comportement constitue non seulement une faute (qui peut conduire jusqu'à l'exclusion définitive du collège ou du lycée), mais aussi une infraction pénale.


Que dit la loi ?
Le racket étant considéré comme de l'extorsion, la sanction prévoit :

– jusqu'à 7 ans d'emprisonnement et de 100 000 euros d'amende s'il n'y a pas eu de violence et si la victime n'était pas particulièrement faible.

- jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende si le racket s'est accompagné de violences graves (certificat médical à l’appui) ou si le racket a été accompli sur une personne vulnérable. Par exemple, si la victime est un élève en classe de 6ème et que la personne qui a fait le racket est en terminale, on peut considérer que la victime est une « personne particulièrement vulnérable ».

Quand les violences sont graves, l’emprisonnement peut aller de 15 à 30 ans et 150 000 euros d’amende, notamment si le racket a été commis en bande organisée et avec une arme.

Que faire et à qui en parler ?
La loi punit les auteurs de racket. Encore faut-il qu’il y ait eu plainte contre eux… Les élèves qui sont victimes de tels actes doivent mettre tout en œuvre pour faire cesser le racket et pour cela, il faut souvent se faire aider et accompagner. En effet, la peur domine et parler peut être ressenti comme à de la délation.
Il peut être nécessaire d'en parler à un adulte de confiance. Le propre du racketteur, c’est de menacer de représailles et d’intimider afin d’obtenir le silence pour agir tranquillement. C’est justement cette loi du silence qu’il faut pouvoir briser.

Si vous êtes victime de racket, vous devez en parler à vos parents. Si cela se passe dans votre collège, lycée ou à ses abords, il est important d’en informer  l'administration de votre établissement scolaire (CPE, Chef d'Etablissement, un professeur).
Certains jeunes, pour ne pas se faire prendre, « pratiquent » le racket dans les transports en commun, et pensent qu'ils ne peuvent pas faire l'objet de poursuites. Mais, dans la mesure où le racket est une infraction pénale, il est important d’en parler à ses parents et de porter plainte à la gendarmerie ou au commissariat afin que l'auteur des faits soit convoqué et éventuellement poursuivi.

Puni par la loi, le racket n'est pas à prendre à la légère. Si, dans un premier temps, vous avez des difficultés à en discuter avec vos parents ou un adulte de confiance, il peut être utile d’en parler d’abord de façon anonyme au téléphone sur  Jeunes Violences Ecoute au 0808 807 700.  Des psychologues et des juristes vous écoutent et répondent à vos questions, vos peurs, vos doutes tous les jours de 8h à 23h.

Mise à jour le Jeudi, 13 Octobre 2011 14:21