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Mercredi, 25 Mai 2005 01:00 |
On se croit toujours à l'abri d'un décès, on a souvent l'impression que cela n'arrive qu'aux autres. Et puis un jour, on en fait soi-même l'expérience. La nouvelle arrive : quelqu'un que l'on connaît et que l'on aime est gravement malade, sans rémission possible. Il faut alors se préparer à l'accompagner dans sa fin de vie tout en se préparant soi-même à sa prochaine absence. C'est un moment douloureux, mais qui laisse la possibilité de se dire tout ce que l'on souhaite et surtout de se faire ses adieux. Ce qui n'est pas le cas lorsqu'on apprend que quelqu'un a eu un accident et est décédé. La nouvelle frappe, brutale, sans que l'on ne puisse faire quoi que ce soit. Après un décès, on est en quelque sorte en dépression. Parfois, on a l'impression de ne rien ressentir, on se demande alors si l'on est normal. Il arrive même de voir des gens rire aux éclats aux enterrements. C'est simplement que la nouvelle n'a pas été enregistrée, on n'a pas encore vraiment réalisé. C'est une sorte de protection, cela ne signifie en rien que l'on est insensible. C'est notre manière, dans l'instant, de gérer le choc éprouvé. Selon le type de décès, il est plus ou moins difficile de faire son deuil. Plus un décès est brutal, plus les images que l'on a sont violentes et entravent le processus naturel de deuil. Dans tous les cas, on passe par plusieurs phases. Bien souvent, on refuse d'adhérer à l'information, nos premières paroles sont ce n'est pas possible!. On voudrait pouvoir revenir en arrière, retrouver le temps où l'on ne savait pas. On perd le sommeil, l'appétit parfois, et on ressent une souffrance infinie, qui semble ne devoir jamais s'estomper. On est comme assommé par cette annonce et il n'est pas rare de ressentir de la culpabilité (pourquoi lui/elle et pas moi?). On se sent abandonné par la personne décédée, on peut même lui en vouloir de nous avoir laissé. On éprouve des difficultés à se concentrer, à travailler, chaque petite chose de la vie quotidienne nous parait futile et inutile. Tout nous rappelle le défunt et nous fait nous renfermer sur nous-mêmes. Et bien sûr, nous versons des torrents de larmes... Toutes ces étapes sont nécessaires pour faire notre deuil, elles nous permettent d'avancer et de parvenir progressivement à une phase d'adaptation. On se remet alors doucement à faire des projets, même si la culpabilité est encore souvent présente, on se rouvre aux autres, on surmonte la peur de s'attacher de nouveau à quelqu'un et de le perdre.
Parfois, pour certaines personnes, le deuil est plus difficile à faire que pour d'autres. Il ne faut pas hésiter à se faire aider par un professionnel. Plus on peut en parler, plus on arrive à avancer.
Faire son deuil est un processus long, qui se mesure en années, et ne signifie en aucun cas oublier quelqu'un que l'on a aimé. C'est apprendre à vivre sans sa présence physique à nos côtés. Il reste toujours des traces de cette personne en nous, elle reste vivante à travers nous.
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Mise à jour le Mardi, 30 Mai 2006 09:31 |