C'est difficile de parler |
| Mercredi, 25 Mai 2005 01:00 |
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Les parents, même maltraitants, sont toujours des parents, la loyauté à leur égard est donc de mise et la question se pose fortement de savoir si oui ou non on va raconter ce qui se passe à la maison. Le jeune, quand il est maltraité, peut penser que tout cela est pour son bien, que c'est normal. Les adolescents, même s'ils sont critiques vis à vis de leurs parents, n'en sont pas moins démunis : Je les aime, mais ils me prennent la tête... . Cette ambivalence qu'ils éprouvent en général pour leurs parents est alors renforcée dans les cas de maltraitance. Cela entraîne confusion, manque de repères, c'est pourquoi oser aborder le sujet avec quelqu'un d'autre demande d'avoir du recul sur une situation dans laquelle on est prisonnier. La victime se sent coupable, pourtant un adolescent qui est maltraité n'est pas responsable de ce qui lui arrive, même si son comportement est parfois difficile. Il ne faut pas retourner le problème et faire de la victime le coupable. C'est une réaction naturelle de s'auto-accuser : il est plus simple d'excuser les parents que de condamner leurs comportements. C'est un motif de plus qui fait que les jeunes ont des difficultés à communiquer leur mal-être face à ce problème: la culpabilité rend muet...mais oser parler reste la meilleure solution même si c'est dur, car parfois, malgré tout, la honte est de mise et s'ajoute au problème. On peut aussi craindre la suite des évènements, faire changer le cadre familial, mais une famille dont le cadre est changé est plus sûre qu'une famille où se produit des maltraitances. La peur des représailles contribue à faire taire les choses. L'adolescent en danger qui ose parler se donne les chances d'en sortir. Alors à un si j'en parle.... on pourrait répondre : oui, mais si tu n'en parles pas ? . Quand on est enfin décidé à sortir de la loi du silence, à qui en parler ? Vous trouverez des réponses dans un autre article du dossier : Que faire, où aller ? Le sujet de la maltraitance ne doit plus être évité, il doit être discuté, même si c'est dur, compliqué, c'est tellement important de ne pas rester seul avec son quotidien. Ces cicatrices aussi douloureuses soient-elles peuvent rendre plus forts ceux qui les portent, mais ce n'est pas parce que l'on se sent fort qu'il faut tout garder pour soi. Il faut accepter de rompre le silence. Parler évite bien des maux, aussi délicat que soit le moment où le pas est franchi, mais c'est à l'avenir qu'il faut penser. |
| Mise à jour le Mercredi, 14 Avril 2010 10:03 |










