Qu'est-ce que le harcèlement ? |
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Vendredi, 03 Février 2012 16:55 |
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Tu en as sûrement entendu parler ces derniers jours dans les médias : le harcèlement à l’école existe et il fait des dégâts. Chacun a pu être victime, témoin ou auteur de harcèlement sans oser en parler ou sans comprendre ce qui se passait. C’est pourquoi il est important d’en parler, afin que l’école reste un lieu ou étudier ne rime pas avec danger !

Le harcèlement à l’école
Lors d’un chat’ sur HABBO, on vous a demandé ce qu’était pour vous le harcèlement.
Voici quelques une de vos réponses : « Taper quotidiennement » - « menace » - « méchant » - « du racket » - « quelqu’un qui nous force » - « des ordres contre le gré de la personne » - « c’est quand on te suis on te lâche pas » - « quelqu’un qui nous oblige ou nous menace de faire quelque chose » - « on te dérange tout le temps » - « quand on nous crie dessus sans arrêt » - « c’est quand on poursuit quelqu’un tout le temps , qu’on abuse de lui, qu’on se moque de lui » - « une personne qui nous embête à l’école… en frappant, en insultant », « obliger quelqu’un » - « les moqueries à longueur de temps »
Le harcèlement à l’école, ce sont donc des violences physiques (coups, bousculades, racket…) mais aussi des violences morales (des menaces, des intimidations, des moqueries le plus souvent sur l’apparence physique, des humiliations…) exercées par un ou plusieurs élèves à l’encontre d’un autre, dans l’intention de le faire souffrir.
Vous avez bien en tête que la répétition des faits définit le harcèlement : « une personne qui nous dérange à long terme» - « ce sont des menaces physiques et morales répétées » - « les moqueries, les insultes au quotidien » - « on te demande des trucs tous les jours »
Dans vos témoignages, on constate que la situation dure depuis longtemps, de quelques mois à plusieurs années :
« J’ai subi mes 4 années de collège » - « j’ai une amie elle a été harcelée pendant des mois par un garçon de ma classe » - « […] voilà depuis le CM2 c’est la galère. Je subis des harcèlements moraux…Je suis actuellement en 4e et bien que ma mère m’a assuré qu’à cet âge, les harceleurs grandissent, je reste dans la même situation »
Il n’est donc pas nécessaire de subir des violences extrêmes pour dire que l’on est dans une situation de harcèlement. Les moqueries, humiliations, bousculades répétées régulièrement sur du long terme, rendent pesantes, oppressantes votre vie de tous les jours. Vous vous sentez persécuté et votre vie à l’école devient un véritable enfer.
Cette situation est d’autant plus difficile à vivre à l’école, qu’on imagine être en sécurité dans ce lieu et pouvoir apprendre dans de bonnes conditions. Le règlement intérieur est d’ailleurs mis en place pour rappeler les règles de vie commune, définir les droits et devoirs des élèves et permettre ainsi de réguler le bien-vivre ensemble.
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Mise à jour le Vendredi, 03 Février 2012 17:07 |
Le harcèlement : Que dit la loi ? |
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Vendredi, 03 Février 2012 16:51 |
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On définit le harcèlement comme étant des violences physiques et/ou psychologiques répétées et exercées par une ou plusieurs personnes. En d’autre terme, c’est quand le comportement des autres à son égard devient persécutant ou mal vécu.
Pourtant, la loi ne reconnaît pas le harcèlement moral dans le cadre scolaire. En effet, cette notion est une infraction pénale reconnue uniquement dans le cadre du travail et depuis peu au sein du couple sous le terme de violence psychologique.
En revanche, le harcèlement vécu au sein de l’école peut donner lieu à un conseil de discipline.
Mais si la réponse apportée par l’établissement scolaire ne suffit pas et que la situation continue, vous pouvez tout de même porter plainte auprès du commissariat mais pas pour harcèlement à l’école. Cela ne veut pas dire que vous ne pourrez rien faire mais simplement qu’il vous faudra qualifier autrement les actes dont vous êtes victime, comme, par exemple, violences verbales, physiques, bizutage, menaces, diffamations...
Pour que votre dépôt de plainte ne soit pas classé sans suite par le Procureur de la République, il faut apporter le plus d’éléments possibles pour prouver vos dires. Ainsi, notez de manière détaillée ce qu’on vous a dit ou fait en précisant les endroits où cela s’est passé, les jours, les heures, les personnes présentes. Tentez également de recueillir des témoignages, des certificats médicaux…
Nous vous rappelons que si vous êtes mineur, vos parents devront vous accompagner dans cette démarche. Les majeurs pourront quant à eux exercer seuls ce droit.
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Vendredi, 03 Février 2012 16:46 |
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Bousculade dans la queue du self, messes basses moqueuses en cours, petits mots injurieux dans le casier, photo qui circule dans la classe, mains aux fesses … Depuis quelques mois, vous subissez ces brimades dans votre classe, dans la cour, à la cantine, dans les couloirs. Il ne s’agit pas nécessairement de coups, ni d’insultes ouvertement et publiquement décriées, ni de racket. Mais toutes ces « petites choses » qui peuvent passer inaperçues aux yeux des autres, cumulées et répétées dans le temps, sont beaucoup moins anodines qu’elles n’y paraissent… Vous en savez quelque chose.
Etre victime de harcèlement, ça fait mal
Le harcèlement se décline de mille facettes, plus ou moins violentes, plus ou moins pernicieuses. Les premières fois, ça peut passer. Mais au fil du temps, ça s’empire, ça envahit, ça fait mal, ça détruit. D’abord, on peut ressentir de … L’injustice : Pourquoi moi ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ? Ce sentiment crée de la sidération, on ne comprend pas ce qu’il est en train de se passer. La colère : Si elle peut d’abord être centrée sur les agresseurs, elle devient plus diffuse ensuite et s’adresse à ceux qui savent mais ne disent rien, et surtout à soi-même. La honte : Liée à la colère, la honte nous envahit : « Je ne suis pas capable de me défendre, de résister, je suis un faible, c’est la honte ».
Ensuite viennent … La peur : Le harcèlement est une forme de violence. Et la violence fait peur. On va au collège la boule au ventre, avec une seule question en tête : que va-t-il m’arriver aujourd’hui ? C’est une peur qui paralyse. La perte d’estime de soi : Tous ces sentiments qui se bousculent abîment peu à peu l’image que nous avons de nous-mêmes. En nous imposant d’être celui qui « subit », le harceleur nous renvoie une image négative de qui on est. On a l’impression d’être trop nul, d’être rien, on se déteste … au point parfois de se sentir coupable. Le repli sur soi : Le réflexe dans ces situations-là, c’est d’avoir envie de se cacher et de se faire oublier, pour devenir invisible et alors protégé des agressions, pour protéger les autres aussi de nous-mêmes qui « ne valons plus rien ». Alors on se referme dans une carapace dans laquelle on pense pouvoir être mieux. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Le mal être : quand le temps passe, et si la situation de harcèlement ne s’arrête pas, elle peut avoir des conséquences réelles et graves sur notre moral et sur notre santé: on se sent seul, fragilisé, très déprimé … On ne parvient plus à travailler, à apprendre, à s’amuser, à manger, à dormir. Il arrive qu’on soit malade dans notre corps. Parfois, on peut même avoir envie de mourir parce qu’on ne sait plus comment mettre fin à cet engrenage.
C’est difficile d’en parler
Dans ces conditions, dire qu’on est victime de harcèlement n’est pas facile. Dans un premier temps, on peut se dire qu’on va se débrouiller tout seul. Le temps passant, on a peur de se sentir humilié en révélant nos faiblesses, on a peur d’être pris pour une « balance », on a peur aussi que cela ne serve à rien, on a peur que les choses empirent et qu’on s’en prenne à notre famille ou à nos amis.
Alors en général, on préfère se taire.
C’est justement cela que l’agresseur recherche : sa tentative d’intimidation, quelle soit explicite ou implicite, fonctionne. Parler finalement, c’est lui dire « tu ne me fais plus peur » : il s’agit d’un acte de courage, qui permettra que la situation soit reconnue, s’arrête, et que les fautifs soient punis pour leurs actes.
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Pourquoi je suis harcelé(e) ? |
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Vendredi, 03 Février 2012 16:28 |
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Je ne comprends pas vraiment pourquoi et comment ça a commencé ces insultes, ces moqueries, ces coups de pieds. Julien et sa bande s’en prennent à moi presque tous les jours. Ça les fait bien rigoler. Moi, ça me fait mal. J’ai envie de me défendre mais j’ai peur des représailles. Je vais au collège la peur au ventre. Mais pourquoi est-ce que Julien me harcèle ? Est-ce que j’ai fait quelque chose qui n’allait pas ? Est-ce que j’ai dit quelque chose qui l’a blessé et depuis il m’en veut terriblement ? Pourtant il y a quelque temp,s on s’entendait bien tous les deux. C’est à n’y rien comprendre. Le temps passe, je me sens de moins en moins bien dans ma peau…
Pourquoi est-ce que l’on est victime de harcèlement ? Est-ce qu’il y a un « profil type » de celui qui se fait harcelé ? Comment peut-on s’en sortir ? Voici quelques pistes de réflexion.
Une histoire de différences
Il n’y a pas de profil type de la victime. En fait c’est très souvent une histoire de différences. Trop gros, trop intello, pas assez « cool »… Notre personnalité et notre apparence ne « reviennent » pas au harceleur. On lui renvoie une différence qui le dérange, voire qui lui est insupportable. Celle-ci peut être liée à l’apparence physique, à la question du masculin-féminin, au handicap, à l’appartenance à une minorité sociale ou culturelle.
Face aux premières attaques, on aimerait bien renvoyer à l’autre qu’il ne nous fait pas peur, que ses insultes ne nous touchent pas et que si il continue on va en parler à un adulte pour faire cesser cette situation. Mais on peut être tellement surpris, « scotché », un peu timide aussi que l’on préfère garder ça pour soi, que l’on est suffisamment grand pour faire face. Le harceleur repère alors vite s’il va pouvoir abuser de son pouvoir.
On est alors pris au piège dans une relation dans laquelle on est dominé ; on ne réagit pas et on finit même par croire ce que dit le harceleur. Ce dernier domine à coup d’insultes, de menaces, de moqueries…
On a aussi affaire au groupe que le harceleur « drive ». Ce groupe a ses codes et ses valeurs communes (même look, même musique…). On est pointé du doigt et rejeté car étiqueté comme différent.
Fragilités
Mais à y regarder de plus près, le harcelé a souvent des points communs avec le harceleur. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’ils aient été copains ou copines auparavant. Ils peuvent tous les deux se sentir en décalage par rapport aux autres, ne pas avoir une très bonne image d’eux-mêmes. En fait, sous ses airs de gros dur, le harceleur peut être fragile. Alors pour cacher sa vulnérabilité, il s’impose par la force pour être reconnu. Il harcèle le bon élève peut-être parce que d’être un mauvais élève le fait souffrir. Pour se sentir exister en soi et aux yeux des autres, c’est toujours plus facile d’écraser celui qui nous « fait de l’ombre ».
Celui qui est harcelé aujourd’hui peut avoir été harceleur auparavant. Le dominant devient le dominé et vice versa. Ce n’est pas toujours le même qui se fait harcelé.
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Vendredi, 03 Février 2012 16:23 |
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Harceler : critiquer, injurier, humilier, rabaisser, intimider, rabrouer, violenter…
Quand ces comportements deviennent répétés et systématiques, toujours orientés sur la même personne dans une relation de « dominant » à « dominé », on peut alors parler de harcèlement. Dans une classe par exemple, cela peut être un phénomène de groupe, on parle de bouc émissaire, celui qui va concentrer sur lui la maltraitance d’un groupe. Le groupe contient généralement un leader, celui qui commence, celui qui entraine les autres, celui qui répétera ces brimades de façon systématique.
Si l’on se met à harceler, c’est bien que cela doit apporter quelque chose, mais quoi ?
Tout d’abord, et c’est un principe de base, rabaisser quelqu’un peut permettre de se sentir supérieur à lui, meilleur, ou plus fort. Ce sentiment de puissance illusoire rassure, réconforte, voire apporte un certain plaisir. D’un certain côté, cela peut venir du fait que l’on a besoin de se rassurer, de se prouver que par rapport à d’autres, on a une valeur. Parce que peut être, quelque part, on pourrait en douter. On pourrait avoir une image de nous même nous renvoyant à une faiblesse et d’une impuissance dans certains domaines.
La peur des différences
Ce n’est pas forcément un hasard si l’on choisit de harceler telle ou telle personne. Souvent, il s’agit de quelqu’un ayant un « différence » plus ou moins identifiée. Un trait physique, une manière de s’habiller ou de parler, une manière d’être … peuvent nous renvoyer à quelque chose d’insupportable pour nous. Un garçon efféminé, par exemple, peut être pris pour cible par un autre garçon qui refuserait de voir en lui toute part de féminité, voire qui pourrait en être effrayé inconsciemment.
L’autre me rappelle donc quelque chose que je veux ignorer. Le traiter d’anormal, l’exclure ou le maltraiter, pourrait être une tentative d’effacer ce qui m’est insupportable et qui me fait peur.
Comment en sortir ?
Peut être déjà en prenant conscience de tout cela. La prise de conscience, la capacité à se poser des questions et se remettre en cause sont les moteurs de nos évolutions et de nos changements… Pour en savoir plus : Rendez vous sur le site de Jeunes Violence Ecoute, de nombreux articles sont consacrés au harcèlement entre élèves. www.jeunesviolencesecoute.fr
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Que faire pour que cela s'arrête ? |
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Vendredi, 03 Février 2012 16:39 |
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Un conseil
Pour vous protéger, pour empêcher votre agresseur de « s’intéresser » à vous, mieux vaut ne jamais rester seul(e) dans l’enceinte de votre établissement. Il est toujours beaucoup plus facile de s’attaquer à une personne isolée qu’à une personne dans un groupe. Alors, même si vous avez l’impression de ne plus avoir d’amis, vous avez encore des camarades : restez près d’eux, soyez entourés. Vous pouvez aussi vous mettre, dans la cour, à la cantine ou ailleurs, près d’une personne adulte (un surveillant, un prof)…
Demander de l’aide : vers qui aller ?
Sortir de sa place de victime demande beaucoup de force, de courage et de temps. On peut avoir peur des représailles, de passer pour une balance. Mais c’est en parlant que l’on peut arrêter ce cercle infernal du harcèlement dont les conséquences peuvent être lourdes.
Il y a d’abord les proches, les amis, les parents, une cousine ou un voisin en qui on a confiance : ils sont là pour écouter, soutenir, aider. Leur parler, c’est déjà se sentir moins seul, et de fait plus « armé » pour faire face et trouver les moyens de stopper le phénomène. Ils peuvent être aussi de bons conseils. Ensuite, il y a les professionnels de l’établissement scolaire : au-delà de leur rôle pédagogique, ils sont là pour garantir à chaque élève de l’établissement un environnement suffisamment sécuritaire et protecteur pour que chacun puisse apprendre et s’épanouir. Parler de la situation au proviseur, au CPE, à l’infirmière scolaire ou au prof principal, c’est se donner les moyens de la désamorcer. Ils veilleront ainsi à vous protéger et à prendre des mesures pour que les coupables soient punis.
On peut préférer, dans un premier temps, exprimer sa souffrance auprès de professionnels anonymement et à distance.
En appelant la ligne Jeunes Violences Ecoute au 0808 807 700 (anonyme et gratuite, tous les jours de 8h à 23h), on peut être écouté, soutenu et orienté par des professionnels psychologues et juristes.
Sur la ligne Fil Santé Jeunes - 32 24 (anonyme et gratuit d’un téléphone fixe, tous les jours de 8h à minuit), on peut aussi parler librement et sans être jugé de ce que l’on vit, évoquer son mal être, ce qu’on ressent et être écouté.
Parce que le harcèlement à l’école est devenu aujourd’hui une véritable préoccupation des pouvoirs publics, le ministère de l’Education Nationale propose depuis peu un site internet ressource ainsi qu’une ligne téléphonique qui permet de parler de son vécu en tant que victime mais également de signaler les faits auprès des instances de l’Académie. Ce numéro est accessible à tous, jeunes, parents et professionnels. Le site internet : www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr
La ligne « Stop harcèlement à l’école » : 0808 80 70 10 (gratuite, tous les jours de la semaine de 9h à 21h et le samedi de 9h à 13h).
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Mise à jour le Vendredi, 03 Février 2012 17:03 |
Quand le groupe pense à ta place ! |
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Vendredi, 03 Février 2012 16:12 |
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Tout le monde pense que ce type là est un « nase ». Moi je pense comme tout le monde.
Faire parti d’un groupe, d’un clan, d’une tribu c’est souvent très important quand on prend son autonomie. Si le groupe est « cool » et bourré de « beaux gosses » alors en intégrant ce groupe on pense devenir soi même cool et beau gosse. Mais le groupe ne peut-il pas devenir une arme qui se retourne contre tous les exclus ? Le groupe peut il faire mal ? Que faire quand le groupe dérape ? Comment penser par soi même quand le groupe pense à l’envers ? Pas facile d’arrêter un tsunami de groupe !
Pour faire un groupe « cool » il ne faut pas qu’il y ait : des « boloss », des « fouinasses », des « intellos », des « cassos » et même les bons vieux « bouffons » ne peuvent pas intégrer le clan.
Tous ces mots doux qu’on se lance à la tête pour éviter d’être soi même insulté, donnent un rôle à chacun et sont là pour exclure du groupe. Le groupe, lui, est toujours vécu comme cool, beau, rebelle et malin.
Capable d’être seul ?
A l’école, au collège, au lycée et même plus tard au travail, on a le plus souvent envie d’être apprécié, d’être « intégré ». On peut avoir envie de partager les moments forts qu’on est en train de vivre. Mais on peut aussi avoir peur d’être seul … Chacun cherchera la tribu où il saura donner les signes de reconnaissances (d’allégeance) nécessaires pour pouvoir intégrer le groupe qui lui correspond. Les metalleux et les beaux gosses ne se retrouvent pas dans le même coin de la cour. Pas évident quand on change, on évolue, de savoir qui on est et qui on aimerait devenir. Le groupe pense pour nous, c’est plus simple. Mais que pense le groupe ? Qui pense pour le groupe ? Y a-t-il des leaders qui pensent pour tous ?
Quand un autre est différent !
Par sa couleur, ses choix affectifs et sexuels, sa manière d’être, son handicap ou tout simplement parce qu’il ou elle est nouveau dans le collège, le lycée, (…) on a souvent envie de tester cet autre différent. Le groupe fonctionne comme un petit vieux : il a ses habitudes et n’aime pas qu’on vienne le perturber dans sa routine… Dans le groupe, certains, plus fragilisés, par peur, par jalousie, parce qu’ils se sentent remis en cause, ou parce qu’ils veulent se sentir les plus forts, vont entrainer tout le groupe dans des comportements violents physiquement ou psychologiquement.
Complices ou témoins
Etre témoin de violence et se taire, c’est y participer. Etre témoin silencieux, c’est être complice. On peut se taire et laisser faire juste pour s’assurer qu’on est du bon coté, avec la majorité ; être en groupe contre l’autre renforce le sentiment de cohésion, on s’unit contre un ennemi commun auquel on attribue tous les défauts que l’on assume pas.
Comment savoir si on est dans un groupe harceleur ?
Si tu as déjà vu des copains à toi insulter un autre élève, comment as-tu réagis ? Prends le temps de penser à ce que ressent celui qui a reçu cette insulte. « Si j’étais à sa place, comme je me sentirais ? » Les mots parfois blessent autant que les coups. En as-tu déjà fait l’expérience ? Si tu n’es plus d’accord avec les autres, que tu te rends compte que celui qui a été exclu du groupe est harcelé, qu’il souffre des violences que le groupe lui inflige, tu peux agir pour que ça change !
A qui en parler ?
Peut être à tes amis, ceux qui t’aiment et te défendent. Mais si cela te semble compliqué ou grave et que tu es témoin de violence tu peux en parler avec tes parents et des adultes responsables de ton établissement scolaire (profs, CPE, principal, proviseur, infirmière,…). Ils sont là pour ça ! Dans l’anonymat, tu peux aussi appeler : Fil Santé Jeunes au 3224 ou Jeunes Violences Ecoute au : 0808 807 700 !
Le groupe, c’est toi qui en es l’acteur ! C’est à toi de le changer s’il ne te convient plus !
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Mise à jour le Vendredi, 03 Février 2012 17:04 |
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