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Pourquoi je suis harcelé(e) ?

Vendredi, 03 Février 2012 16:28

Je ne comprends pas vraiment pourquoi et comment ça a commencé ces insultes, ces moqueries, ces coups de pieds. Julien et sa bande s’en prennent à moi presque tous les jours. Ça les fait bien rigoler. Moi, ça me fait mal. J’ai envie de me défendre mais j’ai peur des représailles. Je vais au collège la peur au ventre. Mais pourquoi est-ce que Julien me harcèle ? Est-ce que j’ai fait quelque chose qui n’allait pas ? Est-ce que j’ai dit quelque chose qui l’a blessé et depuis il m’en veut terriblement ? Pourtant il y a quelque temps, on s’entendait bien tous les deux. C’est à n’y rien comprendre. Le temps passe, je me sens de moins en moins bien dans ma peau…

Pourquoi est-ce que l’on est victime de harcèlement ? Est-ce qu’il y a un « profil type » de celui qui se fait harcelé ? Comment peut-on s’en sortir ? Voici quelques pistes de réflexion.

Une histoire de différences

Il n’y a pas de profil type de la victime. En fait c’est très souvent une histoire de différences. Trop gros, trop intello, pas assez « cool »… Notre personnalité et notre apparence ne « reviennent » pas au harceleur. On lui renvoie une différence qui le dérange, voire qui lui est insupportable. Celle-ci peut être liée à l’apparence physique, à la question du masculin-féminin, au handicap, à l’appartenance à une minorité sociale ou culturelle.

Face aux premières attaques, on aimerait bien renvoyer à l’autre qu’il ne nous fait pas peur, que ses insultes ne nous touchent pas et que s'il continue on va en parler à un adulte pour faire cesser cette situation. Mais on peut être tellement surpris, « scotché », un peu timide aussi que l’on préfère garder ça pour soi, que l’on est suffisamment grand pour faire face. Le harceleur repère alors vite s’il va pouvoir abuser de son pouvoir.

On est alors pris au piège dans une relation dans laquelle on est dominé ; on ne réagit pas et on finit même par croire ce que dit le harceleur. Ce dernier domine à coup d’insultes, de menaces, de moqueries…

On a aussi affaire au groupe que le harceleur « drive ». Ce groupe a ses codes et ses valeurs communes (même look, même musique…). On est pointé du doigt et rejeté car étiqueté comme différent.

Fragilités

Mais à y regarder de plus près, le harcelé a souvent des points communs avec le harceleur. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’ils aient été copains ou copines auparavant. Ils peuvent tous les deux se sentir en décalage par rapport aux autres, ne pas avoir une très bonne image d’eux-mêmes. En fait, sous ses airs de gros dur, le harceleur peut être fragile. Alors pour cacher sa vulnérabilité, il s’impose par la force pour être reconnu. Il harcèle le bon élève peut-être parce que d’être un mauvais élève le fait souffrir. Pour se sentir exister en soi et aux yeux des autres, c’est toujours plus facile d’écraser celui qui nous « fait de l’ombre ».

Celui qui est harcelé aujourd’hui peut avoir été harceleur auparavant. Le dominant devient le dominé et vice versa. Ce n’est pas toujours le même qui se fait harcelé.

 

Mise à jour le Mardi, 07 Février 2012 09:39
 


Pour vos questions, le FORUM ou la BAQ, c’est mieux…



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