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Je suis harcelé(e)

Vendredi, 03 Février 2012 16:46

Bousculade dans la queue du self, messes basses moqueuses en cours, petits mots injurieux dans le casier, photo qui circule dans la classe, mains aux fesses … Depuis quelques mois, vous subissez ces brimades dans votre classe, dans la cour, à la cantine, dans les couloirs. Il ne s’agit pas nécessairement de coups, ni d’insultes ouvertement et publiquement décriées, ni de racket. Mais toutes ces « petites choses » qui peuvent passer inaperçues aux yeux des autres, cumulées et répétées dans le temps, sont beaucoup moins anodines qu’elles n’y paraissent… Vous en savez quelque chose.

Etre victime de harcèlement, ça fait mal

Le harcèlement se décline de mille facettes, plus ou moins violentes, plus ou moins pernicieuses.
Les premières fois, ça peut passer. Mais au fil du temps, ça s’empire, ça envahit, ça fait mal, ça détruit.
 
D’abord, on peut ressentir de …
L’injustice : Pourquoi moi ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ? Ce sentiment crée de la sidération, on ne comprend pas ce qu’il est en train de se passer.
La colère : Si elle peut d’abord être centrée sur les agresseurs, elle devient plus diffuse ensuite et s’adresse à ceux qui savent mais ne disent rien, et surtout à soi-même.
La honte : Liée à la colère, la honte nous envahit : «  Je ne suis pas capable de me défendre, de résister, je suis un faible, c’est la honte ».

Ensuite viennent …
La peur : Le harcèlement est une forme de violence. Et la violence fait peur. On va au collège la boule au ventre, avec une seule question en tête : que va-t-il m’arriver aujourd’hui ? C’est une peur qui paralyse.
La perte d’estime de soi : Tous ces sentiments qui se bousculent abîment peu à peu l’image que nous avons de nous-mêmes. En nous imposant d’être celui qui « subit », le harceleur nous renvoie une image négative de qui on est. On a l’impression d’être trop nul, d’être rien, on se déteste … au point parfois de se sentir coupable.
Le repli sur soi : Le réflexe dans ces situations-là, c’est d’avoir envie de se cacher et de se faire oublier, pour devenir invisible et alors protégé des agressions, pour protéger les autres aussi de nous-mêmes qui « ne valons plus rien ». Alors on se referme dans une carapace dans laquelle on pense pouvoir être mieux. Malheureusement, ce n’est pas le cas. 
Le mal-être : quand le temps passe, et si la situation de harcèlement ne s’arrête pas, elle peut avoir des conséquences réelles et graves sur notre moral et sur notre santé : on se sent seul, fragilisé, très déprimé … On ne parvient plus à travailler, à apprendre, à s’amuser, à manger, à dormir. Il arrive qu’on soit malade dans notre corps. Parfois, on peut même avoir envie de mourir parce qu’on ne sait plus comment mettre fin à cet engrenage.

C’est difficile d’en parler

Dans ces conditions, dire qu’on est victime de harcèlement n’est pas facile. Dans un premier temps, on peut se dire qu’on va se débrouiller tout seul. Le temps passant, on a peur de se sentir humilié en révélant nos faiblesses, on a peur d’être pris pour une « balance », on a peur aussi que cela ne serve à rien, on a peur que les choses empirent et qu’on s’en prenne à notre famille ou à nos amis.

Alors en général, on préfère se taire.

C’est justement cela que l’agresseur recherche : sa tentative d’intimidation, qu'elle soit explicite ou implicite, fonctionne.
Parler finalement, c’est lui dire « tu ne me fais plus peur » : il s’agit d’un acte de courage, qui permettra que la situation soit reconnue, s’arrête, et que les fautifs soient punis pour leurs actes.

Mise à jour le Mardi, 07 Février 2012 09:33
 


Pour vos questions, le FORUM ou la BAQ, c’est mieux…



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