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Dossier du mois

Du coup de blues aux idées noires

Jeudi, 02 Mai 2013 15:35

Etre adolescent c'est pas tous les jours facile. On quitte petit à petit l'enfance pour devenir adulte mais parfois on ne sait pas quel chemin emprunter. On est en quête d'identité, de repères et de limites. On peut avoir peur de ne pas se trouver. Est-ce que je vais être capable de compter sur moi-même? De prendre mon envol, sans mes parents? Cet inconnu peut faire peur et rendre fragile, voire faire souffrir.
 
Jeune fille accroupie

Du coup de blues aux idées noires

Les termes cafard, blues, déprime, dépression sont souvent employés à tort et à travers. Si le coup de blues est léger, la dépression est une maladie, un mal être profond. C'est une histoire de degré et de durée.

Une dispute avec les copains ou ses parents, une mauvaise note, une grosse fatigue.... et c'est un coup de cafard. On n'a plus qu'une envie : se réfugier sous sa couette (cocon protecteur), pleurer un bon coup ça décharge et on se sent mieux. Ces moments de déprime sont passagers et normaux. Ils permettent de souffler et de prendre du recul. Ils sont donc nécessaires car ils viennent enrichir l'expérience de vie.

Mais parfois on se sent triste, désespéré et la souffrance perdure dans le temps. Il est alors important d'en parler à ses proches : parents , amis, une personne que l'on aime bien... Parler de ce qui fait mal permet déjà d'apaiser la tristesse et de ne pas rester seul avec ce poids.

La dépression est une maladie

On se sent envahi par une tristesse anormale, persistante. Insomnies répétitives, irritabilité, fatigue anormale, fort sentiment de culpabilité, difficultés scolaires, diminution ou augmentation de l'appétit, consommation excessive de tabac, d'alcool, usage de drogue sont autant d'indices de la dépression.

A cette liste peuvent s'ajouter les pensées sur la mort, les idées noires, signes de profonde souffrance, à prendre au sérieux. On a envie d'en finir avec tout ça, de mettre un terme à cette souffrance qui épuise et que l'on ne peut plus porter. On se sent minable. On se déteste. Et on en veut aux autres. On voudrait hurler au secours mais on se barricade dans le silence. On imagine (à tort) que la mort est la seule solution pour supprimer ce profond mal de vivre. On pense au suicide parce qu'on pense qu'il n'y a pas d'autre issue à cette tristesse. Le suicide est une mauvaise solution. Il est urgent d'en parler pour essayer de comprendre les raisons de ce vouloir en finir.

Pour être aidé et s'en sortir

Les adultes (parents, amis, enseignants, éducateurs, médecin généraliste...) proches de vous peuvent vous aider à envisager les choses autrement.
On peut aussi s'adresser à l'infirmière scolaire et à l'assistante sociale scolaire. On peut leur parler sans les parents. Elles comprennent les jeunes et les aident. Elle peuvent les réconforter en étant à leur écoute. L'assistante sociale peut également accompagner vers les lieux d'accueil et de consultation. Quand on a un ami qui est en grande souffrance psychologique, on n'arrive pas à l'aider seul. Le rôle d'ami est alors d'alerter l'entourage. Si on n'ose pas en parler à ses parents, l'infirmière scolaire et l'assistante sociale peuvent faire relais entre le jeune en souffrance et les parents.


On peut également en parler avec un professionnel de la santé dans les lieux d'accueils jeunes ou sur Fil santé jeunes au 32 24.
 
 
 
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Mise à jour le Vendredi, 03 Mai 2013 09:14
 

Les signes du mal être

Vendredi, 03 Mai 2013 08:40

« J’ai le blues, le cafard. Ca ne va pas. Jj’ai le moral dans les chaussettes et la tête dans les choux. J’ai plus d’issue. J’en ai marre de souffrir. Je ne veux plus vivre. Bientôt, ça sera fini ». La tristesse et les déceptions font partie de la vie. Il est normal de se sentir déprimé après un évènement grave tel qu’un deuil par exemple. Parfois, un véritable mal-être s’installe, on a l’impression qu’on ne s’en sortira pas. Il s’agit peut-être d’une dépression qui a besoin d’être prise en charge. Comment repérer les signes du mal être et s’inquiéter au bon moment ?

Une tristesse normale

Dispute avec un ami, mauvaise note ou rupture amoureuse peuvent influencer notre état d’humeur. Un ras-le-bol passager peut se guérir par une bonne nuit sous la couette ou une grosse crise de pleurs. Le lendemain, c’est reparti ! Ces coups de cafard sont normaux au moment de l’adolescence et ne sont pas signes de mal être. Ils révèlent les difficultés d’accepter les bouleversements liés à la puberté et passent rapidement sans qu’on ait besoin d’agir. S’ils sont de courte durée et disparaissent sans aide, c’est un coup de blues. Rien d’inquiétant.

Une tristesse qui dure, des signes qui inquiètent

Agressivité, insomnie, repli sur soi, désintérêt, abandon d’activités, perte ou augmentation anormale d’appétit, fatigue, trouble du sommeil, douleurs physiques, consommation excessive de tabac et/ou d’alcool, automutilation, usage de drogues, mal au dos, idées noires voire suicidaires sont autant de signes d’alerte qui, s’ils durent, font penser qu’une tristesse profonde s’installe.

Des symptômes à ne pas négliger

Le premier signe du mal être est bien sur une profonde tristesse, un sentiment que tout va mal, que tout est noir et que plus rien n’est positif dans la vie. La mauvaise humeur ne passe pas. Même après un évènement traumatisant tel que le deuil d’un proche, le chagrin s’atténue petit à petit… sauf si le mal être est trop intense pour s’en sortir seul.
La caractéristique de cette tristesse est qu’elle est régulière. Les jours se suivent dans la noirceur. On sait immanquablement que, chaque matin, on se lèvera d’humeur morose.

Autre signe qui ne trompe pas : le ralentissement général. Quand on va mal, on est envahi par la fatigue, on ne parle pas, le courage disparaît, on ne s’implique plus à l’école ou dans les relations avec ses amis. On a une impression de décalage, comme si tout le monde allait à un autre rythme, n’est pas sur la même fréquence. Dans un état de mal être, la perte d’énergie et la sensation d’épuisement sont importants et s’accompagnent d’un manque de concentration et de difficultés de mémorisation.

La personne qui souffre de mal être pense qu’elle n’est bonne à rien. Son sentiment d’échec revient sans cesse et elle pense qu’elle ne mérite pas sa vie de famille ou l’amour qu’on lui porte.

S’en sortir…

Un coup de blues disparaitra grâce au réconfort des amis. Si ce n’est pas le cas, seul un traitement (médicaments et psychothérapie) permet de sortir la tête de l'eau. Si vous vous reconnaissez dans plusieurs des situations évoquées et que cela dure, n’hésitez pas à aller consulter votre médecin traitant, qui pourra poser le bon diagnostic et vous aider à retrouver la joie de vivre…

 

Je me sens incompris

Vendredi, 03 Mai 2013 08:36

« Tu ne peux pas comprendre !!!! », «Tu ne me comprends pas !», «Personne ne me comprend», « Ce n’est pas ce que j’ai dit», «Tu as tout compris de travers», «Je suis vraiment un incompris !! »...

Parfois, on a l’impression d’être décalé, seul et incompris. Les autres ne nous voient plus et ne nous entendent plus, ou quand ils nous entendent, ils demandent qu’on s’explique. Mais on ne peut pas tout expliquer.

Quand on a l’impression qu’on ne peut plus être compris par les autres parce que ce qu’on ressent est nouveau, terrible, confus, absurde, illogique, trop intense, on peut se sentir très seul et en colère (ou triste) que les autres ne puissent pas nous deviner.

Ce sentiment d’incompréhension vient-il des autres, ou bien de nous-mêmes ? Pourquoi ce qu’on ressent est parfois si difficile à exprimer et à faire comprendre aux autres (copains, parents, profs, frères et sœurs...) ? D’autres fois, est-ce qu’on a vraiment envie d’être compris ?

L’incompréhension ou l’art d’être confus

Il y a des situations où nos émotions viennent perturber notre façon d’exprimer ce qu’on pense et ce qu’on ressent.
Par exemple, par timidité ou parce qu’on n’est pas bien dans un groupe, quand on parle on marmonne, on chuchote et les autres ne cessent de nous dire «Pardon ?», «Tu peux répéter ?», «Tu peux parler plus fort ?» «Quoi ?». Et là, c’est la catastrophe, on articule encore moins bien, on se bloque et on préfère parfois se taire.

L’art d’exprimer clairement sa pensée, ça s’apprend et ça prend du temps. On peut s'entraîner à prendre la parole avec des amis. C’est souvent plus facile car on a moins l’impression d’être jugé. Mais pour être compris il faut faire en effet attention à ce que les autres puissent nous entendre et nous comprendre. De la même manière qu’un adulte ne parlera pas de problèmes de physique quantique à un enfant de 8 ans on ne peut pas en vouloir à ses parents de ne pas comprendre de qui on parle quand on parle de sa BESTA, ou des Boloss du quartier...

L’envie d’être deviné

Et puis parfois, on ressent des choses dans son corps et dans sa tête qu’on a l’impression d’être seul à ressentir. On aimerait que les autres devinent ce qu’on ressent. Quand on est amoureux, on essaye d’envoyer des « signes » à celui ou celle à qui on n’ose pas dire qu’on l’aime et on peut être très malheureux si l’autre n’arrive pas à capter ces « signes » de notre émotion.

Il arrive aussi qu’on se sente mal, qu’une douleur, une frustration (quand on n’arrive pas à obtenir ce qu’on désire), un événement troublant comme un déménagement, la mort de quelqu’un de proche, une rupture sentimentale… nous empêche de mordre la vie à pleine dents. Quand on déprime, on a souvent du mal à comprendre ce qui nous arrive et l’exprimer est encore plus compliqué. Là encore, on espère être compris sans avoir à faire l’effort de s’expliquer. Mais les autres aussi sont dans leurs préoccupations et même si parfois ils sentent qu’il y a un malaise, la manière la plus simple d’obtenir leur attention est encore de la leur demander.

Etre différent

Mais il arrive aussi qu’on soit réellement incompris. Quand on se sent ou qu’on est différent, qu’on n’a pas la même façon de voir les choses, on a tendance à penser que les autres ne peuvent pas comprendre. On peut ne pas avoir envie d’être compris, on peut avoir tendance à ne plus essayer d’expliquer car on a l’impression que quoi qu’on dise les autres ne comprendront pas… On s’isole.

Certains sentiments sont très intimes et quand on souffre on n’a pas toujours envie que les autres puissent nous voir souffrir. Par pudeur ou pour essayer de les protéger, on peut camoufler une situation parfois plus simple qu’il n’y parait. Par exemple, plutôt que de dire à celui qu’on aime qu’on n’arrive pas à l’embrasser parce qu’on est impressionné, on se met à le fuir, à l’éviter et même parfois à être un peu agressif.

Nos comportements ne sont pas toujours en accord avec ce qu’on ressent et chacun exprime à sa manière avec un regard, un geste (qui n’est pas toujours facile à comprendre), des sentiments complexes.

Pouvoir dire à l’autre : « je ne te comprends pas », c’est s’autoriser à penser qu’on peut soi même ne pas être compris. Mais ce n’est pas pour autant qu’on nous aime moins !

Si vous n’avez pas compris cet article, parlons-en ;) sur filsantéjeunes.com, au 3224, entre amis, avec vos parents, ou même avec certains profs. Se sentir incompris, c’est se sentir seul. Parler avec d’autres, y compris du fait qu’on n’arrive pas à leur parler, c’est commencer à essayer de résoudre les problèmes ensemble…

 

J'ai des idées suicidaires

Vendredi, 03 Mai 2013 08:17

Issu du latin sui : « soi » et caedere : « tuer » - le suicide est l’acte délibéré de mettre fin à sa propre vie. Le suicide se situe à la deuxième place des causes de mortalité chez les adolescents, après les accidents de voitures. Chaque année en France, mille jeunes meurent par suicide et quarante mille sont hospitalisés après avoir tenté de le faire. De quoi s’agit-il et pourquoi on en arrive là ?

Un acte de grande souffrance

Il n’y a pas de cause unique aux idées suicidaires. Dans certains moments de crise, d’extrême désespoir ou dans le cadre d’un trouble mental comme la dépression par exemple, certaines personnes n’arrivent pas à faire face aux difficultés qui les font souffrir. Désespérées et aveuglées par leurs problèmes, elles peuvent avoir l'impression de ne plus avoir de solutions pour diminuer leur souffrance. Elles ont le sentiment d’être dans une impasse, dans un tunnel où elles ne voient pas la sortie. C’est alors que des idées suicidaires peuvent se manifester. L’idée de suicide peut, à tort, leur donner le sentiment d’une issue à cette impression d’impasse. Le suicide apparaît en fait, aux yeux des personnes souffrantes, comme étant la seule possibilité qu’il leur reste pour enfin « faire cesser » une souffrance jugée insupportable.

« Je ne voulais pas mourir, je voulais juste me tuer »

Avoir des idées suicidaires n’est jamais anodin et c’est souvent le signe d’un profond mal-être, d’une immense détresse intérieure. Les idées suicidaires sont une forme de signal d’alarme que le cerveau nous envoie pour nous indiquer que nous sommes souffrants et que nous devons chercher de l’aide. Souvent, l’envie de mourir est confondue avec l’envie de stopper la souffrance. Une personne qui a des idées suicidaires n'a pas forcément envie de mourir. Elle cherche à trouver une solution à ses problèmes et à arrêter de souffrir, et non à arrêter de vivre. En fait, le suicide serait plus un moyen de mettre un terme à une existence qui fait souffrir, un moyen de fuir une réalité insupportable, qu’un véritable désir de mort. C'est par un désir de changement, un désir de vivre différemment, de vivre une vie qui serait telle qu’elle la voudrait et qui ne soit pas soumise aux déceptions, aux ruptures et aux difficultés..., que la personne va être tentée de commettre cet acte, sans forcément se rendre compte des conséquences désastreuses. Lorsque l'on souffre, notre mal-être risque en effet de déformer notre vision de monde au point d'envisager la mort comme une solution. Or, ce n'est pas une solution ! Le suicide, c'est juste l’illusion d’un soulagement. C'est un piège. En réalité, c'est la fin.

Si on a des idées suicidaires, on doit absolument en parler. Le suicide n'est jamais la solution ! Demander de l’aide permet d’avoir un autre regard sur ses problèmes et d’identifier des solutions qui permettront de faire face aux difficultés rencontrées, qui permettront d’aller mieux.

 

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Mise à jour le Vendredi, 03 Mai 2013 09:06
 

Une copine - un copain parle de suicide, que faire ?

Vendredi, 03 Mai 2013 08:09

Un de tes bons copains ou une de tes bonnes copines a changé depuis quelques temps : il ou elle a l’air tout le temps triste, sort de moins en moins avec ses amis, s’isole, décroche en classe… Ou au contraire commet des excès en tout genre : boit ou fume trop, conduit trop vite, se met en danger… Tu vois bien qu’il y a un problème mais tu n’arrives pas à saisir quoi. Et puis un jour il ou elle te parle de suicide. Ce genre de discours est à la fois très angoissant à entendre, mais aussi source de beaucoup de questions pour lesquelles les réponses ne sont pas toujours évidentes.

Elle me parle de suicide : dois-je la prendre au sérieux ?

Difficile parfois de faire la part des choses entre le coup de blues passager et le « vrai » mal-être... Mais finalement, quel que soit le contexte dans lequel ces idées suicidaires sont formulées, il est important de toujours les prendre au sérieux. Parler de ses idées suicidaires, de son envie de mourir, même si cela ne doit pas nécessairement aboutir à un passage à l’acte, n’est pas anodin. Il s’agit en soi d’un appel à l’aide.
Si tu as observé des signes de mal-être (lien article signes du mal-être), alors il est important aussi d’y être attentif, surtout lorsqu’ils s’accompagnent de propos dévalorisants du type « j’en peux plus », « je suis nul », « je rate tout ce que j’entreprends », « je ne vois pas de solution à mon problème », de changements d’humeur ou de comportement comme ceux dont on vient de parler plus haut. Dans ce cas, mieux vaut de ne pas rester seul(e) avec cette confidence et la partager en en parlant à un adulte autour de soi.


Il me demande de n’en parler à personne : dois-je lui obéir ?

Il te confie son envie de mourir en te faisant jurer que tu ne diras rien à personne. Or, en t’obligeant à tant de loyauté, cet ami ne se rend sûrement pas compte de la situation dans laquelle il te met : tu détiens un secret qui pourrait avoir des conséquences graves, pour lui et pour toi. Ce secret peut être très lourd à porter. Tu te retrouves tiraillé entre le désir de tenir ta promesse, et l’angoisse que cette personne passe à l’acte et que tu te sentes responsable de ce qui s’est passé. Ne te mets pas en tête que ta « mission », c’est de le sauver, c’est une trop lourde responsabilité. Même si tu as l’impression de le trahir, tu dois en parler à un adulte qui puisse gérer la situation. Au final, tu n’auras pas trahi son secret, tu auras réagi à son appel à l’aide, c’est différent. Ça peut, en plus, contribuer à le libérer de la souffrance dans laquelle il est enfermé. Ces adultes sont nombreux, à toi de les solliciter : l’infirmière scolaire, le CPE, le prof principal, tes parents, l’équipe de FSJ…  


Cette amie est virtuelle, cela change-t-il quelque chose ?

Si, dans la vraie vie, évaluer les risques de suicide est difficile, que dire d’internet ? C’est encore plus difficile car sur internet, on a tendance à exagérer ce qu’on ressent afin de « voir » la réaction des autres. Internet est comme un « accélérateur de particularités » (c’est un psy, Serge Tisseron, qui a inventé cette expression) : on expose « plus » ce que l’on ressent, ce que l’on est, ce qui a pour effet d’accentuer le bien-être (pour ceux qui vont plutôt bien) ou le mal-être (pour ceux qui, au contraire, vont plutôt mal).

Parmi tes amis virtuels, il peut donc arriver qu’au détour d’un tchat, d’un post, d’un statut tu tombes sur des intentions suicidaires plus ou moins clairement formulées. Le sentiment de malaise pour toi peut être encore plus fort car la distance ne te permet pas d’agir dans le réel et d’avoir des éléments concrets pour savoir si tu dois t’inquiéter ou pas. Tu peux te sentir vraiment impuissant. Là aussi il est important que tu demandes de l’aide. Si tu juges sérieuses les menaces de suicide de ce « cybercontact », n’hésite pas à en parler à tes parents qui pourront signaler cette situation sur une plateforme de secours spécialisée dans les interventions liées aux nouvelles technologies. Il s’agit de la plate-forme PHAROS (Plate-forme d’Harmonisation, d’Analyse, de Recoupement et d’Orientation des Signalements).

Amis virtuels ou amis réels, le soutien est essentiel quand ça ne va pas. Soutenir ses amis, c’est les écouter, discuter avec eux, essayer de leur redonner la pêche, les consoler, leur venir en aide, s’inquiéter pour eux… mais c’est aussi savoir passer le relai en demandant de l’aide à des adultes plus spécialisés quand la situation devient dangereuse. Même si cette démarche est difficile, elle est importante et essentielle. Etre un ami, ce n’est pas être un « super-héros ». A chacun sa place !

Fil Santé Jeunes peut être un premier relais, n’hésite pas à nous appeler au 32 24 ou à nous écrire sur la Boite à Questions si tu te trouves dans cette situation.

 

Trouver de l'aide

Jeudi, 02 Mai 2013 10:15

Pas facile d'aller parler à quelqu'un quand on se sent triste, seul et qu’on a envie de mourir. On souffre vraiment et on se sent prisonnier de cette souffrance. Pourtant, des personnes autour de vous sont là pour vous écouter. Sans juger, ces personnes peuvent vous aider à comprendre ce qui vous arrive et à envisager des solutions pour aller mieux.

Si s’appuyer sur les copains est important, ce ne sont pourtant pas eux qui vont vous sortir du mal-être. C’est pour ça qu’il est important de connaître les différentes ressources possibles pour s’adresser à ces professionnels compétents et formés à la problématique du mal-être et du suicide chez les ados.

D'abord, c’est important de savoir qu’une aide existe. Ensuite, c’est important de se dire que cette aide n’est pas inaccessible, même si on a l’impression du contraire. Enfin, il est important de faire ce petit pas supplémentaire qui est d’aller chercher cette aide en sollicitant les personnes qui peuvent la proposer. Une fois la porte franchie, ce sont ces personnes-là qui prennent le relais, et on n’est plus tout seul.

Les adultes de proximité

Vos parents sont bien évidemment les premières personnes susceptibles d’entendre votre souffrance et de faire en sorte que vous rencontriez un professionnel de santé. Un autre proche de la famille en qui vous avez confiance (tante, grands-parents…) peut également avoir ce rôle.
Au sein de l’établissement scolaire, l’infirmière, le CPE, le prof principal... peuvent être aussi  de très bons relais afin de vous accompagner vers des lieux de prise en charge.

Les dispositifs d’aide à distance

Si en parler directement à un adulte vous semble trop difficile, il existe des moyens de contacter par téléphone ou par internet des professionnels de santé capables de vous écouter et de vous orienter. Ces échanges ont pour but de vous permettre d’y voir plus clair dans ce que vous ressentez afin de pouvoir franchir le pas de rencontrer un professionnel dans la « vraie vie ». Fil Santé Jeunes fait partie de ces dispositifs.

Les structures d’accueil et de soin

Enfin, des lieux de consultations, d'écoute et de suivis permettent de mettre en place des prises en charges généralement assurées par des psychologues et / ou des psychiatres. Les PAEJ (Points Accueil Ecoute Jeunes), les ESJ (Espaces Santé jeunes), les MDA (Maisons des Adolescents), les CMP et CMPP (Centres Médico-Psycho Pédagogiques), les unités d’hospitalisation infanto-juvénile... font partie de ces structures d’aide spécialisées dans les difficultés et les souffrances d’ados.

Le plus important est ne pas rester seul avec sa souffrance. Essayez d’en parler pour vous sentir soulagé, soutenu, accompagné et retrouver confiance en vous.

 

Interview de Xavier Pommereau

Vendredi, 29 Février 2008 16:11

Le Dr Xavier Pommereau est psychiatre, responsable du Pôle Aquitain de l’Adolescent au Centre Abadie (CHU de Bordeaux). Il est notamment l’auteur de L’Adolescent suicidaire (Dunod) et de Ado à fleur de peau (Albin Michel).

1- Comment un ado peut être amené à avoir envie de mourir ?

Quand on dit le mot de suicide, on a le sentiment que tout le monde sait de quoi on parle. Le jeune croit savoir de quoi il souffre et croit comprendre ce qui lui arrive. En fait, ce n'est pas le cas. Il peut lui être arrivé des événements négatifs comme une rupture amoureuse, un échec scolaire, un deuil… Il a l'impression qu'il veut mourir à cause de ça, ce n'est pas le cas. Ce ne sont que les facteurs déclenchant, l’origine est ailleurs et il n’en a pas conscience.

2- De quoi n’a-t-il pas conscience ?

En fait, ces facteurs, ces événements négatifs vont venir précipiter les choses parce qu'il y avait déjà avant un "terrain" de fragilité, une faille. C’est de ça dont il n'a pas conscience.

3- Qu'est-ce que c'est que ce "terrain de fragilité" ?

Le dénominateur commun à tous les jeunes concernés est un sentiment de "non-exister", c'est-à-dire ne pas avoir une identité assurée, reconnue, valable. C'est ce sentiment diffus qui constitue le mal-être.

4- Quelles peuvent être les raisons de cette fragilité ?

Les raisons peuvent être nombreuses : la dépression (mais tous les adolescents suicidaires ne sont pas dépressifs), des troubles de la personnalité, des violences sexuelles subies, des secrets de filiation, une orientation sexuelle différente... Mais le jeune n’a pas conscience du fait que son mal-être est lié à ces raisons-là.

5- Quels sont les signes qui montrent qu'un jeune va mal ?

Avant que l'idée de suicide ne prenne corps, il y a des conduites de rupture qui vont apporter un apaisement sur le moment. Par exemple la fugue, l'ivresse à l'alcool et au cannabis, les clashs familiaux, les ruptures cutanées en se coupant... En voulant rompre pour faire cesser la souffrance, les jeunes concernés montrent qu’ils vont mal.

6- Comment un jeune peut en arriver à penser à la mort comme solution ?

Il arrive que cette logique qu'il a mise en place de faire cesser la souffrance ne marche pas, c'est juste un apaisement sur le coup. Peu à peu, il va penser à l'acte suicidaire. A cela s'ajoute la volonté d'interpeller violemment l'autre par ce geste, c’est comme une revendication d’existence, un appel. Il est dans l’attente d’une reconnaissance « qui répare ».

7- Pourquoi souvent il refuse d’être aidé en en parlant ?

Il y a un enfermement dans les idées noires. Le jeune devient extrêmement sensible. Quand on est adolescent, la parole est encore le terrain des adultes, elle vient d’eux et c’est eux qui ont appris au petit enfant ses premiers mots. Parler peut donc faire peur : on ne veut pas risquer d’être jugé, de dévoiler son intimité, d’être étiqueté par l’adulte. On peut avoir l’idée que parler, c’est devoir rendre des comptes. Le téléphone et internet permettent de mettre comme un filtre entre le jeune et l’adulte, un filtre qui protège de ça, qui permet de ne pas s’exposer tout nu.

8- Comment aider un jeune qui a des idées suicidaires ?

On peut l'amener à rebrousser chemin. Il faut l’aider et l’accompagner pour remonter le chemin plus loin que le moment du facteur déclenchant, pour faire un lien entre ce qui lui arrive et sa fragilité d'avant. Ça donne du sens.

9- Qu’aimeriez-vous dire à nos lecteurs ?

Que les carottes ne sont jamais cuites ! Des adolescents suicidaires que j’ai connus sont devenus de vrais combattants de la vie. Ils ont pu donner un sens à leur souffrance et ils en ont fait un carburant, un ressort pour mener à bien leurs projets. On peut se sortir de la spirale suicidaire à condition qu’on ne reste pas seul dans son coin et qu’on accepte de l’aide.

Mise à jour le Jeudi, 02 Mai 2013 10:14