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A poils !

Jeudi, 10 Août 2006 15:29
Histoire de poils

Les poils ont depuis longtemps posé question et sont le vestige de notre vie archaïque, du temps ou l'Homme préhistorique, qui vivait nu, possédait sa propre protection pour supporter le froid. Les poils ont rarement été un critère de beauté. Il n'y a qu'à voir les peintures des siècles derniers où les personnages sont représentés sans poils. La société moderne est en guerre contre lui et le « commerce du poil » est en pleine expansion.

Les exemples au cours de l'Histoire ne manquent pas pour montrer que la chasse aux poils est ancienne. Il semble que l'épilation soit d'origine égyptienne. En 1150 avant notre ère, les femmes du harem de Ramsés III étaient toutes épilées particulièrement au niveau des aisselles. Bien avant notre ère, les Chinoises s'arrachaient les sourcils pour les remplacer par un trait de crayon noir jugé plus gracieux. Les jeunes hommes de la bourgeoisie romaine aimaient avoir les jambes glabres, certains s'épilaient toutes les parties du corps. Les techniques en usage étaient la coquille de noix incandescente, pour que les poils repoussent plus doux ou l'utilisation de la résine. Ces techniques ont évolué au cours du temps et, au moyen âge, les croisés ont rapporté d'Afrique une cire naturelle qui bouleversa les pratiques et fit naître d'autres techniques. Les concoctions à base de sulfure naturel d'arsenic et de chaux vive, le sang de grenouilles ou de chauve-souris, la pince de bronze ou de la cendre mouillée de vinaigre font parti des moyens utilisés au cours de l'Histoire pour empêcher la repousse.

Mais pourquoi cette chasse au poils ? Protecteur et soyeux, il est vu comme indésirable et impudique. Il a le tort de nous renvoyer une image trop naturelle de notre corps. Certaines ethnies de l'extrême sud du continent américain n'en tolèrent aucun et s'épilent sourcils et pubis. Ce souci d'obtenir une peau glabre tendrait à leur permettre de se différencier des animaux, d'éviter toute confusion entre le corps humain et la bête.

Au cours du temps seuls les dieux étaient habilités, avec les rois, à porter une barbe. Le poil était considéré comme le symbole de la virilité. Si aujourd'hui se couper la barbe est devenu banal, ce petit geste ne fut pas toujours aussi anodin. Au Moyen-Âge, les vainqueurs coupaient la barbe aux vaincus pour les humilier et rendre leur défaite plus cruelle. En effet, enlever les poils, symboles de virilité, signifiait clairement que les vaincus, déshonorés, perdaient leur dignité d'homme et que l'on pouvait faire ce que l'on voulait d'eux.

Au début des années 70, les poils prennent une place plus « valorisante ». Le mouvement hyppie n'encourage pas l'épilation et revendique le retour aux valeurs vraies ! Le poil accompagne la libéralisation de la femme dans sa sexualité.

Depuis les années 90, l'épilation est à la mode. Qu'elle soit d'ordre religieux, esthétique, érotique ou hygiénique, l'épilation, pratique universelle, est devenue une coutume courante. Aujourd'hui, c'est l'épilation définitive qui représente la plus forte demande de la part des femmes, et aussi des hommes, qui sont de plus en plus demandeurs.

Mise à jour le Mardi, 19 Avril 2011 09:21
 


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