La pornographie
Vendredi, 01 Février 2008 10:20

Les ados et la pornographie



Au cours de la puberté le corps se métamorphose petit à petit : poils et seins qui poussent, voix qui mue.... Cette transformation qui peut être vécue comme une révolution s'accompagne souvent de nombreuses questions autour du sexe, de la sexualité et de l'amour. Comment fait-on l'amour pour la première fois? Est-ce que ça fait mal? Et si je n'y arrive pas? Les copains, l'ont déjà fait, pas moi est-ce que je suis normal? A quoi ressemble le sexe de l'autre? Pour trouver des bribes de réponses à ces questions mêlées de curiosité et de mystère et qui peuvent inquiéter, certains ados vont alors avoir recours à des supports pornographiques bien qu'interdits au moins de 18 ans : sites internet, films, livres, magazines...


La crudité qui caractérise l'image X lui donne son pouvoir d'excitation. Les préliminaires sont souvent courts pour rapidement faire place à la pénétration. Le recours à ce type d'images, c'est l'excitation à portée de main, dans une sorte d'immédiateté.
Parfois on regarde ces images avec les copains, ce qui donne lieu à des rigolades, permettant de prendre de la distance par rapport à ce qu’il y a d'inconnu et d'angoissant dans la sexualité. C'est également l'occasion de transgresser un interdit parental : on visionne ces images en cachette, à l'abri du regard des parents, ce qui participe à l'excitation de l'expérience ( pourvu que l'on ne se fasse pas prendre).


Les films porno entretiennent la confusion en faisant croire que c'est la réalité et prônent la performance dans la sexualité. Ils peuvent créer un blocage chez certains ados, car ceux-ci craignent de ne pas être à la hauteur et d'être incapables de reproduire ce qu'ils ont vu, ou de se soumettre à de tels exercices. Ainsi la pornographie donne une vision codifiée et réductrice de la sexualité où la femme n'est pas respectée et considérée dans son désir (interview de Brigitte Lahaie).
Il y a un écart, un décalage entre ce qui se donne à voir dans la pornographie et le fait de faire l'amour, de découvrir sa sexualité.
Celle-ci se construit petit à petit dans une relation à l'autre. Il est nécessaire que chacun prenne le temps de découvrir son corps, ce qu'il aime ou non et puisse en parler à l'autre. Un respect mutuel est nécessaire pour que les deux partenaires se sentent en confiance et à l'aise.
La sexualité fait appel à des fantasmes : on s'imagine des scénarios érotiques qui, bien souvent, servent de support à la masturbation.


La pornographie expose le sexe à la vue de qui veut, la sexualité est privée, intime.
La sexualité n'est pas un ensemble de gestes et de performances à accomplir mais est faite de sentiments, de liens, de rencontre et de jeux avec l'autre. C'est un échange de sensations et de paroles. Elle peut être déclinée de mille et une façons, au fil de la créativité de chacun.

Le recours provisoire, passager, aux supports pornographiques pour ensuite évoluer vers une relation réelle avec l'autre est normal. Pour les accros du porno il peut être nécessaire d'en parler avec un professionnel de la santé sur Fil santé Jeunes par exemple ( 0800 235 236).
Mise à jour le Vendredi, 29 Février 2008 15:02