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Est-ce vraiment un choix ?

Mardi, 03 Avril 2007 12:26
Depuis la loi Veil et la légalisation de l'avortement, on pense que l'IVG est une simple formalité. Une fois écartés les risques médicaux de complications, les femmes s'en sortiraient sans aucune séquelle, prêtes à devenir mères quand le moment leur paraîtra cette fois-ci opportun.

On en vient à assimiler l'IVG à une méthode contraceptive. Or c'est oublier que l'avortement touche la femme dans sa féminité, dans sa capacité à se représenter mère et, bien plus que des séquelles physiques, il faut redouter les séquelles psychologiques. Ces séquelles peuvent se manifester bien des années après l'intervention. A l'adolescence, cette atteinte corporelle et psychique peut faire encore plus de ravages car la construction de l'identité n'est pas encore achevée.

Pourquoi a-t-on recours à l'IVG?

L'avortement survient dans un contexte de grossesse non désirée ou, au contraire désirée, mais non envisageable dans les conditions actuelles. Des facteurs environnementaux, sociaux, amoureux etc... vont conduire une femme voire une jeune fille à envisager l'avortement comme seule solution à cette grossesse. La jeune fille qui décide d'interrompre sa grossesse est alors prise au milieu de sentiments contradictoires qui la destabilisent. Avorter ne veut pas dire que le désir d'enfanter ou le désir d'être mère ne sont pas là. Il y a ambivalence entre avorter pour être soulagée mais au risque de le regretter, et ne pas avorter pour ne pas culpabiliser mais au risque de le regretter également.C'est avant la prise de décision qu'il faut mettre en place un soutien psychologique, afin d'aider la jeune fille à faire son choix de la façon la moins culpabilisante possible.

Que se passe-t-il dans notre tête au moment de l'ivg?

La décision d'avorter à été prise. Si l'accompagnement psychologique a été correct, le sentiment de culpabilité pourra être mieux géré par la jeune fille, mais il y aura de toute façon culpabilité et en un sens c'est préférable : cela montre que la jeune fille a conscience de l'intensité de ce qui se passe, et de l'implication que cela aura toute sa vie. La période qui suit l'avortement peut se comparer, en certains points, à une période de deuil. Certes l'être perdu n'a pas existé au sens où il n'a pas eu d'état civil. Cependant, en 5-6 semaines, il a commencé de façon inconsciente à exister dans la tête de celle qui l'a porté. Dans ce sens donc, la jeune fille doit procéder à un deuil. Dans les premières semaines, le deuil porte sur cet « enfant » qu'elle avait commencé à imaginer. Puis, au fil des mois, le deuil concerne plutôt la perte de l'estime de soi, comme si elle avait perdu la « partie bonne, la partie valorisée » d'elle-même. Enfin, si aucune prise en charge psychologique n'est en place, le risque majeur est que cette jeune fille tombe dans le déni : « cela n'a pas pu m'arriver ». C'est ce qui explique que chez certaines, on observe une répétition dans le comportement d'avortement.

La tête et le corps sont-ils liés?

Avorter c'est mettre un terme à une grossesse. Physiquement, on stoppe le processus soit par l'administration d'une substance, soit par une intervention chirurgicale. Et mentalement, stoppe-t-on ce processus? Sur le coup, beaucoup de femmes qui avortent se disent soulagées. Elles sont libérées d'une immense pression, souvent secrète. Elles ont mis fin au dilemme qui les assaillait. Cependant, il arrive que quelques temps après, chez certaines femmes, un doute profond, une remise en cause d’ordre psychologique, commence. Ce qui semblait être un acte de libération peut devenir un fardeau. Viennent alors les remords, le silence, signes annonciateurs d'un état que l'on appelle le syndrome post-abortif.
Le syndrome post-abortif peut se manifester plus ou moins longtemps après l’avortement. Parfois dès le lendemain, mais aussi cinq ans voire plus de dix ans plus tard. Il peut être déclenché par un événement marquant comme un deuil ou une nouvelle grossesse. C’est un sentiment de perte ou de vide qui s’installe, mais qui peut être extériorisé sous différentes formes comme la culpabilité, le manque d’estime de soi, des troubles de l’appétit, de l’anxiété, des insomnies ou des cauchemars. On remarque aussi comme un état d'anesthésie psychologique : les jeunes femmes sont incapables d'exprimer de la colère, de la rage, de la tristesse tout en ne retrouvant pas un état serein. Elles sont également très sensibles à la « date anniversaire » de l'avortement ou de la date à laquelle serait né l'enfant si elles n'avaient pas avorté.
D'autres femmes, et elles sont la majorité, heureusement!, se remettent assez bien de cet événément. Elles parviennent à continuer leur vie et leurs poursuites de projets plutôt agréablement.

L'IVG est un recours précieux qu'il faut exploiter. Mettre en place un accompagnement psychologique tout au long de l'intervention mais également dans les mois voire les années qui suivent peut rendre ce moment moins difficile. Il n'est pas anodin d'avorter à 14, 16 ou 18 ans, mais l'avortement peut bien se passer. Pour certaines adolescentes, c'est un événement qui les aide à se détacher de leurs parents.

Si l'avortement suscite en vous des questions, des doutes, des peurs, et cela est plus que normal, il est nécessaire que vous soyez aidées à prendre conscience de ce que vous vivez. Vous amener à mettre des mots sur vos sentiments contradictoires, à comprendre la notion de deuil qui accompagne le choix que vous êtes en train de faire est déterminant pour rendre acceptable votre situation. Pour être guidée, vous pouvez solliciter l'aide d'un psychologue ou appeler FIL SANTE JEUNES au 32 24.
Mise à jour le Jeudi, 13 Octobre 2011 14:52
 


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