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Je suis amoureux(se) d’une personne handicapée

Vendredi, 30 Octobre 2009 15:17

Etre handicapé ne veut pas dire être asexué. Alors que pendant des années les personnes en situation de handicap ont été considérées comme dénuées de tout désir sexuel, on commence aujourd’hui, tout doucement, à prendre en considération leur « humanité ». Et oui, même handicapé l’Homme (et la femme bien-sûr !) est capable d’aimer et d’être aimé. C’est bien souvent l’entourage et la société qui le supportent mal. C’est plus commode de se dire que telle ou telle personne handicapée n’est pas en mesure d’aimer et d’avoir des relations sexuelles. Ca dérange d’y penser, ça vient à l’encontre de l’idéal de chacun qui bien souvent, rime avec « amour, gloire et beauté ». La société occidentale actuelle est perfectionniste et normalisée : celui qui ne rentre pas dans le moule en est exclu. Alors que tout un chacun est plutôt disposé à se laisser aller à des sentiments si agréables comme ceux de l’amour et du désir….

Ce n’est pas contagieux
Nos regards se sont croisés dans la cour du lycée, au centre commercial, à la fête foraine et ça a été le coup de foudre. Pourtant il/elle est handicapé(e). Que vont dire les copains, les parents, les autres en général… ? Vous pouvez déjà leur dire que ce n’est pas contagieux, car finalement on s’imagine beaucoup de choses sur le handicap qui, parfois, sont très loin de la réalité. On peut aussi expliquer que tout le monde a  le droit d’aimer et d’être aimé.
Patience
En s’engageant dans une histoire d’amour de ce type, il est important d’avoir à l’esprit que cette histoire ne va pas être comme les autres. On va devoir renoncer à certaines activités (physiques en particulier), aménager son quotidien différemment, apprendre à supporter le regard des autres, inventer d’autres types d’échanges et de partages où l’amour pourra trouver sa place (l’amour physique en particulier). Ca peut demander du temps pour trouver ces nouveaux repères inutilisés dans le monde des valides. C’est pour cela qu’il faut savoir être patient et attentif à son/sa partenaire.


Nouvelles façons d’envisager sa vie
Aimer une personne handicapée peut aussi présenter des difficultés dans la gestion de ses émotions et de ses actes. Ainsi l’amour peut biaiser la relation et nous attribuer, malgré nous, une position d’infirmier(e) de son amoureux(se) alors que ce n’est pas notre rôle. Un sentiment de pitié ou de culpabilité d’être valide peut nous envahir et engendrer des attitudes et des comportements de compassion. S’engager dans ce type d’histoire n’est pas anodin et peut faire prendre conscience de beaucoup de choses. En particulier nous éveiller à de nouvelles réactions, de nouvelles façons d’envisager sa vie.

Et au niveau de la sexualité ?
Il n’y a pas de normes dans les gestes amoureux et le champ de l’érotisme est vaste.
On a besoin de vivre ce plaisir corporel en solo (masturbation) et avec l’autre. Apprendre à connaître ce qui nous procure du plaisir au niveau de notre corps permet ensuite et aussi d’être sensible au plaisir de son amoureux (se). Cela nécessite d’avoir tissé avec celui ou celle que l’on aime un lien de confiance pour  se laisser aller dans cette recherche de sensation à deux.
Chaque couple crée au fil du temps sa (ses) façon(s) singulière de faire l’amour avec ou sans handicap. La sexualité ne se réduit pas à un corps-à-corps. Elle englobe les sentiments que l’on éprouve pour l’autre, le dialogue et le respect. La sexualité se nourrit aussi de fantasmes qui donnent du piment et c’est nécessaire et agréable de pouvoir se laisser aller à ces rêveries.

 

Mise à jour le Vendredi, 30 Octobre 2009 15:19
 


Pour vos questions, le FORUM ou la BAQ, c’est mieux…



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