La première cigarette |
| Jeudi, 05 Juin 2008 10:09 |
|
Quand on est enfant, on mime que l’on fume avec les doigts pour «faire grand». Quand on est ado, on peut être tenté d’essayer pour de vrai même si on sait que c’est dangereux pour la santé.
Certains mettent en place tout un stratagème pour se procurer leur première cigarette. On trouve un endroit à l’abri du regard des parents. Avec un copain ou une copine, à plusieurs, on craque, et on tire sa première taffe. On crapote. On toussote. Goût repoussant, odeur désagréable. Maux de tête parfois. Mais on peut dire « ça y est, je l’ai fait ». Certains ne retoucheront plus à la cigarette. C’était une expérience. D’autres y reviendront avec le risque de devenir sérieusement accros. Que représente cette première cigarette ? Elle peut donner la sensation d’être grand car fumer est associé au monde des adultes. Elle participe à un rituel de passage entre l’enfance et l’adolescence. Elle peut également être un moyen de braver un interdit parental (« je fume si je veux »). Les parents sont alors exclus de cette expérience, ce qui renforce sa dimension exaltante. C’est aussi une façon de tester son corps en pleine transformation, en pleine révolution. Va-t-il résister à ces fumées ? On fait pénétrer dans sa bouche un produit toxique. Quel résultat chimique ? La première cigarette est également une aventure corporelle, sensitive qui sollicite le goût, l’odeur, le toucher (papier fin), l’ouïe (son du briquet que l'on allume ou de l'allumette que l'on craque), la vue (de la cigarette qui se consume et de la fumée qui s’envole). Pour certains, c’est un moyen d’intégrer un groupe. La première cigarette est alors comme un rituel initiatique au cours duquel on prouve aux autres que l’on est capable d’affronter les volutes comme les autres membres du groupe. C’est comme une carte d’entrée. Certains leaders du groupe peuvent « mettre la pression » : la première cigarette est alors une obligation. On se sent tiraillé entre son envie de ne pas fumer et son souhait d’intégrer un groupe et d’être reconnu comme membre de celui-ci. C’est un défi néfaste pour soi-même. Si on refuse, on peut avoir peur de ce que les autres vont penser. On peut redouter leurs moqueries et ressentir de la honte, se sentir rejeté, exclu du groupe et parfois seul. Dire non c’est oser se démarquer par rapport aux autres, affirmer son point de vue. Et se respecter. On peut privilégier son envie de ne pas essayer de fumer et être accepté dans un groupe. Car notre personnalité ne se résume pas une taffe. Il existe d’autres façons de se prouver à soi et aux autres que l’on devient petit à petit plus grand dans le respect de ses idées et de sa santé. Mieux vaut ne jamais commencer à fumer. Car très rapidement la dépendance s’installe. Ce sont nos poumons, notre santé et notre porte-monnaie qui en prennent un coup. On ne réalise pas forcément cela quand on est jeune. On peut se sentir invincible, tout puissant. Mais les conséquences du tabagisme se mesurent des années et des années plus tard . Il est toujours temps de s'arrêter : on peut en parler avec l’infirmière scolaire, son médecin généraliste ou sur le numéro Tabac Info Service : 0825 309 310 (0.15€/min) de 8h à 20h du lundi au samedi, le numéro Drogues Info Service : 0 800 23 13 13 ( appel gratuit depuis un poste fixe tous les jours de 8h à 2h). Fil Santé Jeunes, 32 24, peut aussi devenir votre interlocuteur sur ce sujet. |
| Mise à jour le Jeudi, 14 Janvier 2010 14:01 |












