Des odeurs, des cultures et des hommes |
| Vendredi, 02 Mars 2007 18:10 |
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Un sujet dont on ne parle pas
Parler des goûts et des couleurs est parfois agréable. On peut partager même si l'on n'est pas d'accord. En tous cas, on communique, on échange, on fait part de ses préférences, on compare ses opinions avec celles de ses camarades. Mais parler des odeurs - et non des parfums qui les camouflent et dont on peut aimer parler aussi -, là, c'est une autre histoire. En effet, parler d'odeurs est parfois délicat, mais cela devient un sujet tabou quand il s'agit des odeurs humaines. Sentir bon, sentir mauvais : une façon adéquate de dire les choses Chacun d'entre nous a une odeur. Mais cette odeur, si elle est perçue par les autres de manière similaire, n'est pas jugée par les autres de la même manière. Nous sommes plus ou moins sensibles aux odeurs, mais surtout, nous appartenons à des cultures, à des ethnies différentes qui ont à leur disposition des codes différents pour ... juger. Et c'est bien le problème ... En français, nous disons par exemple : « il sent bon » ou « il sent mauvais », or, quand nous disons cela nous utilisons un vocabulaire appartenant plutôt au domaine de la morale (le bon et le mauvais). Ne devrait-on pas plutôt dire : « il sent beau » et « il sent laid » ? Au moins, nous ne ferions qu'exprimer un jugement esthétique, un goût personnel, comme quand on parle d'un tableau ou d'une photographie en sortant d'une exposition. Notre langue ne le prévoit pas, allez savoir pourquoi ... D'un sujet dont nous allons parler quand même Ainsi, est-ce peut-être pour cette raison que nous avons du mal à nous exprimer sur ces fameuses odeurs humaines. Si nous exprimons un jugement esthétique à l'aide de vocabulaire appartenant à la morale, il est difficile de faire part de celui-ci et, qui plus est, pour l'autre, de l'accepter sereinement. L'odeur ne peut donc rester neutre, en particulier quand des individus appartenant à des cultures différentes se côtoient. Indéniablement, en sentant l'odeur dégagée par le corps de l'autre, il est impossible de ne pas ressentir quelque chose, de ne pas juger l'autre à l'aune de son odeur (pas forcément négativement d'ailleurs). Les exemples de « clichés » sont très nombreux : ainsi, on dit que pour certains Japonais, l'Européen sent le beurre. Certains Américains trouvent une odeur de poisson à l'Asiatique. Certains Africains affirment que l'homme blanc sent le cadavre ... Tabou exprimé : racisme évité et tolérance préservée Oui, la nourriture, les coutumes et le système pileux déterminent l'odeur humaine. Oui, notre odeur est différente selon qu'on appartient à telle ethnie ou à telle culture. Oui les asiatiques ont une odeur, les européens en ont une autre, les africains encore une autre ... Oui, et alors ? Qu'est-ce que ça peut faire ? Il ne s'agit pas d'une mauvaise odeur due à une mauvaise hygiène et qui peut être supprimée en changeant quelques habitudes. Il s'agit d'une odeur émanant d'un être humain à respecter pour ce qu'il est en tant que tel. |
| Mise à jour le Jeudi, 28 Janvier 2010 14:05 |












