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Doit-on « galérer » pour y arriver ?

Mardi, 01 Avril 2008 11:14
Pas de diplôme ? Pas de travail. Trop de diplômes ? Pas de travail. On ne sait plus où donner de la tête par les temps qui courent… Au sortir du lycée beaucoup hésitent sur le cursus qu’ils vont choisir. D’autres ont dû s’orienter plus tôt vers des apprentissages ou des filières techniques et enfin, certains ont tout arrêté dès leurs 16 ans sonnés.

Le marché du travail est aujourd’hui ardu

On rabâche dès la plus tendre enfance que sans qualification il sera difficile de se faire une place dans la vie active. En effet, certains jeunes ne possèdent pas les bonnes cartes pour construire leur projet professionnel et se sentent vite dépassés. D’autres, soutenus par leur entourage, vont loin dans les études supérieures mais s’entendent dire qu’ils sont trop diplômés ou qu’ils n’ont pas assez d’expérience de terrain. De petits boulots en petits boulots, l’insatisfaction peut devenir difficile à gérer et se transformer en sentiment de « galérer ».

L’ascenseur social toujours d’actualité ?

Au sortir d’une formation initiale (apprentissage, université, école), beaucoup de jeunes ont du mal à décrocher leur premier poste. Lorsque enfin ils y arrivent, c’est souvent à un niveau de salaire moindre que ce que leur niveau de formation leur laissait espérer. C’est ce que des sociologues ont appelé la « déqualification ». L’image de l’ascenseur social (qui permettait initialement à une génération de surpasser en salaire et en formation la précédente) est dépassé car aujourd’hui les critères ne sont plus la hiérarchie et l’argent mais le développement des compétences. Le nombre de diplômés augmente, la classe moyenne aussi mais l’embauche non.
Cependant, tout cela n’est pas forcément synonyme d’échec. Il est d’usage de commencer au bas de l’échelle afin de progresser tout au long de sa « carrière ». Il faut savoir être patient, et connaître les particularités et les habitudes de tel ou tel type de profession avant de s’y engager. Une période de « petits boulots », parfois fort déplaisants, peut être nécessaire avant de parvenir au poste tant convoité.

Le « parcours du combattant »

Pour décrocher LE premier « vrai » poste, qui correspond enfin à sa formation et à ses désirs, on peut vivre quelques déconvenues. D’entretiens d’embauche en entretiens d’embauche, il arrive qu’on ne sache plus si le choix de carrière est le bon, si on sait se mettre en valeur, si on sait susciter de l’intérêt… C’est pour cela qu’il est essentiel, au moment de l’orientation, de parvenir à choisir une filière qui propose des débouchés. Adapter son désir d’études et de projet professionnel à la réalité du monde du travail est ce qui va permettre d’adapter son idéal à la « vraie » vie. La réalité du terrain est finalement ce qui va donner son sens aux années d’études ou d’apprentissage que l’on a suivies.

La fragilisation du lien social

Le travail permet de gagner sa vie mais pas seulement. C’est aussi ce qui fait le lien social. C’est ce qui permet de garder en tête les règles de la vie sociale, les codes qui régissent le groupe, les responsabilités de chacun vis à vis d’un employeur, d’une société, les bonnes raisons que l’on a de se lever le matin... Ne pas avoir de travail peut, à terme pour certains, contribuer à développer une certaine fragilité sociale voire psychologique. Pour quelques uns, la déscolarisation a été précoce et le niveau d’étude est faible. Ceux qui ont entre 16 et 25 ans sont dans une situation bien particulière car ils ne peuvent bénéficier du RMI, n’ont parfois pas assez cotisé pour toucher les indemnités chômage et se retrouvent aux portes de la précarité.

Les Missions Locales (voir article du dossier à ce propos) et certaines associations sont là pour aider à (re)-construire un projet professionnel et une insertion sociale. Le danger de l’exclusion sociale c’est qu’elle s’installe dans la durée. Le retour à la vie active et sociale est alors beaucoup plus compliqué.
Enfin, bien heureusement, ce qui au quotidien pouvait sembler invivable et décourageant, peut, après de nombreuses années, faire partie des anecdotes amusantes qu’on aimera se rappeler.
Mise à jour le Jeudi, 28 Janvier 2010 14:05
 


Pour vos questions, le FORUM ou la BAQ, c’est mieux…



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