Un dernier témoignage... |
| Mercredi, 25 Mai 2005 01:00 |
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Je pratique le ramadan ; je fais parfois l'aumône, mais je ne prie pas ; le pèlerinage à la Mecque me semble bien loin de ma vie parisienne, de mes envies de l'instant ; et ce que l'on appelle la profession de foi le chahada ou simplement encore la reconnaissance au quotidien d'un dieu unique et éternel, je ne le fais pas, je n'y pense pas.
Je suis né arabe, dans une république qui impose la laïcité. Pourtant je ne sais rien de la laïcité tout comme je ne sais rien de ce qu?est l'islam. C'est un vaste secret pour moi. J'ai été circoncis lorsque j'étais enfant, et l'on m'a toujours expliqué que c'était parce que j'étais arabe et musulman. J'ai découvert ensuite que je devais faire le ramadan, pour être un bon musulman, pour faire comme je le ferai au pays de mes ancêtres. Je l'ai fait pour des raisons personnelles : je me suis cré des liens avec un pays du maghreb (le soleil levant) que je connais très peu et mon père n'a jamais vraiment pratiqué. Ma mère s'est mise à la prière très récemment pour des raisons qui ont plus à voir avec la peur de la mort et le désir de renouer avec son pays. C'est ce que je me dis quand je l'entends me parler du paradis qui peut s'ouvrir à elle ainsi. L'aumône que je fais parfois n'a rien à voir avec la religion, bien que ce soit pour des raisons qui s'en rapprochent (l'idée d'être solidaire des pauvres, de partager ses richesses). Pour ce qui est de la prière, je ne me vois pas me lever au milieu de la nuit pour la faire, ni arrêter en plein milieu de la journée ce que je fais pour me mettre à genoux et me prosterner devant Dieu. Pour ce qui est de Dieu, sans doute qu'il existe quelque chose ou quelqu'un bien au delà de nous ; mais ce qui me gêne avant tout, c'est de pouvoir penser que l'homme s'appuie pour ses prières, pour sa foi, sur un texte qui a été mis sur papier par un homme il y a des siècles déjà, et que ce texte ne semble pas coller à notre présent, et encore moins sans doute à notre avenir. L'autre problème étant que chaque homme croit à sa manière, comprend à sa manière. J'aime l'idée que le texte sur lequel un musulman s'appuie, voire un chrétien ou un bouddhiste, n'est là que pour l'aider à vivre au mieux son quotidien, à l'amener vers plus de bienfaits, à faire son chemin pour se comprendre et comprendre ce qui l'entoure. Ce n'est pas ce que je vois malheureusement aujourd'hui. Mais cela ne m'empêche pas de garder la foi, de croire en mieux pour plus tard, et j'essaie d'aller dans ce sens, sans pour autant adhérer à tout ce qui fait une religion. Le Coran, la Bible, la Torah, ce sont de beaux livres de contes, où je trouve des anges, des démons, des monts et des merveilles, et des histoires dans lesquelles je peux puiser ; c'est tout aujourd'hui. Jamal, 22 ans |
| Mise à jour le Lundi, 08 Février 2010 12:51 |












