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Accro
« Micheline est complètement accro à son téléphone portable !! »
Les termes « accro » ou encore « addict » sont de plus en plus fréquemment utilisés dans notre langage courant. Ils renvoient souvent au fait que l’on n’arrive plus à se passer de quelque chose. Mais être dépendant ce n’est pas tout à fait ça… Etre dépendant ça fait souffrir car on est alors privé de sa propre liberté de choisir. Par exemple on ne peut s’empêcher de consommer de la drogue même si on souhaite arrêter. On perd la maîtrise de soi. Ce qui était un plaisir et un remède devient un poison, nuit à la santé, aux rapports avec les autres, au travail et transforme le rapport au monde. On peut être dépendant aussi bien à une substance psychoactive (alcool, médicaments psychotropes) qu’à un comportement (jeux d’argent, jeux vidéo, internet,…).
Dépendance aux substances psychoactives Certaines substances psychoactives sont plus addictives que d’autres, c’est-à-dire que leurs propriétés amènent à une dépendance plus importante et plus nuisible et sont donc particulièrement dangereuses (héroïne, crack, cocaïne…). On essaie une fois, plusieurs fois, on aime, on recommence, on recommence, on recommence………………. Consommer passe avant tout, on ne peut plus arrêter d’en consommer malgré les dégâts et la volonté d’en sortir. Ca n’arrive pas du jour au lendemain, la dépendance s’installe plus ou moins rapidement en fonction des personnes, des produits utilisés, des modes d’utilisation, de la fréquence, de la quantité… Il existe un continuum dans les conduites de consommations qui passe de l’usage simple à l’usage nocif puis à la dépendance, comme une glissade qu’on ne peut pas empêcher. Cependant, toutes les personnes qui consomment de l’alcool, des drogues ou des médicaments psychotropes ne deviennent pas pour autant dépendants. Cela dépend en grande partie de notre personnalité, de notre histoire et de notre façon de gérer nos souffrances et nos frustrations.
Mécanismes Du point de vue neurobiologique, consommer une substance psychoactive active le système de récompense. C’est-à-dire que les neurones se mettent à diffuser de la dopamine en plus grande quantité. La dopamine est un neurotransmetteur qui est impliqué dans la sensation du plaisir. S’ensuit à la longue une sorte de déficit en dopamine plutôt déplaisant qui pousse la personne à reprendre du produit. Du point de vue comportemental, on a pu schématisé le mécanisme des addictions. Si un comportement, comme « consommer une substance psychoactive » ou « jouer à un jeu vidéo », permet un soulagement ou un évitement d’une certaine angoisse ou souffrance, alors il y a un risque de développer une dépendance. Au lieu de chercher d’autres moyens de réduire ou de résoudre les difficultés, consommer est le seul moyen que l’on utilise car il est facile et immédiat. Mais ce remède est en lui même destructeur. Au delà de l’aspect comportemental, il est toujours intéressant de se demander quelle faille ou quelle souffrance psychique, une consommation problématique vient colmater, apaiser. Ce n’est pas toujours facile d’y répondre car parfois on ne se rend pas vraiment compte de ce qui fait souffrir et pour le cerner cela demande une certaine réflexion (quelquefois il est nécessaire d’être aidé d’un professionnel).
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