"je garde le bébé"

Décider de garder son bébé alors qu’on est adolescente fait débat dans notre société. Etre mère très jeune questionne l’entourage ainsi que l’adolescente concernée, car poursuivre sa grossesse, qu’elle ait été ou non désirée, a des impacts très importants sur la vie affective, relationnelle, psychologique ou encore financière. Alors quels réaménagements affectifs se produisent lorsque cette décision est prise ? Et comment continuer sa vie de jeune femme avec un bébé ?

Tout d’abord, il semble important de se projeter et d’être au clair avec soi-même par rapport à ce « choix » souvent difficile à faire : à savoir poursuivre cette grossesse ou faire une IVG... Car pour élever un enfant, l’entourer d’amour et d’eau fraîche ne suffit pas ! Il est important de s’imaginer quelque mois après l’accouchement : il faudra se lever la nuit pour le nourrir, le consoler, l’élever, le soigner, semaine et week-end... tout changera pour toujours dans la « vraie vie » !

 

Certaines jeunes filles choissent de poursuivre leur grossesse, se disant « prêtes » à devenir mère...Mais que signifie « être prête » ? Car pour certaines, le bébé sera envisagé comme « solution » pour se sentir exister, ou conserver un petit ami qui s’éloigne... Dans ces périodes de fragilité, l’on oublie parfois que la grossesse et l’accouchement transforment considérablement la vie d’une femme.

Mettre un enfant au monde ce n’est pas « seulement » être enceinte et vivre une expérience nouvelle, ni combler un vide ou une tristesse ; songer qu’avoir un bébé arrangerait les choses est dangereux à la fois pour l’enfant tout autant que pour ses parents ! En effet, la responsabilité d’un enfant est un devoir au regard de la loi, pour tout parent, mais au-delà, une responsabilité individuelle.

Cela ne signifie pourtant pas que l’enfer commence avec la naissance d’un bébé !! Mais réaliser que ce ne sera plus jamais comme avant est essentiel. Déjà, au cours de la grossesse, la jeune fille verra son corps se transformer et le regard des autres se fera parfois pesant. Après l’accouchement, les relations, notamment avec le petit ami ne seront plus exactement les mêmes ; les études en cours seront « chamboulées » et faire des choix de vie s’imposera donc....

 

Mais avoir un sentiment maternel et être une « bonne » mère-adolescente n’est pas impossible, de même pour le garçon ! Mesurer son acte, en parler et l’assumer est une nécessité. Eviter l’isolement qui favorise le repli sur soi et le sentiment qu’on ne sera pas capable est aussi des conditions pour que les choses se déroulent bien. Alors oui, il est possible d’être une bonne maman adolescente, mais prudence....

  • Mise en ligne le 25 mai 2005
  • Dernière modification le 10 mars 2008