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Publié le , Modifié le 13 février 2014

Vivre une première expérience de la mort

deuil3La mort est quelque chose que l’on a du mal à comprendre, à accepter, car on ne peut pas la vivre soi-même. Ce que l’on expérimente c’est la mort des autres, qu’ils soient proches de nous (sa grand-mère, son père, un copain,…) ou moins proches (un prof, un voisin…). Il peut même s’agir de son animal préféré à qui on a fait des câlins depuis tout petit. Alors se mélangent à cette «expérience de la mort» de multiple sentiments, davantage liés à la perte, à la séparation.

On parle alors de «faire son deuil», «faire le deuil», «être en deuil». Le deuil ? Ou comment prendre le temps de vivre cette expérience troublante de perdre quelqu’un qu’on aime, qu’on connaît ou même qu’on a juste croisé ? Qu’est-ce que la première expérience de deuil peut provoquer en nous ?

L’annonce

La mort, qu’elle soit attendue depuis longtemps ou qu’elle soit brutale et subite, est toujours bouleversante. Elle remet en cause ce que l’on pense, croit, ressent. On peut se sentir sidéré (comme paralysé) quand on nous l’apprend. Les émotions sont parfois contradictoires et selon les personnes cette sidération (moment où l’on a l’impression d’être tout vide et que l’on ne pense plus, qu’on ne ressent rien) peut durer quelques secondes ou plusieurs mois… On peut aussi, et parfois en même temps, être pris dans un tourbillon où le passé, l’avenir que l’on imaginait avec celui ou celle qu’on perd, et ce qu’on a ressenti pour lui (y compris nos disputes) se mélangent.

Ressentir du chagrin, de la peine, l’impression d’être abandonné, seul,… tout cela peut nous traverser. Mais on peut aussi être terriblement en colère, soulagé parfois, et même faire un cocktail de tous ces sentiments en même temps. On appelle ça de l’ambivalence. On ressent deux sentiments contradictoires (comme de la tristesse et du soulagement par exemple) en même temps. Cela nous perturbe car on a du mal à savoir ce qu’on ressent vraiment.

Réactions immédiates / Réactions à retardement

Chacun réagit différemment à l’annonce de la mort, selon son histoire, le moment de sa vie où cette mort survient, sa relation avec celui qui meurt. On ne peut plus évoquer l’autre sans se rappeler qu’il est mort. C’est un constant rappel à cette réalité douloureuse.

La première expérience de la mort de quelqu’un qu’on a aimé (y compris d’un animal) reste gravée dans notre mémoire. A l’adolescence, au moment où l’on peut penser à son avenir, ce rappel à la réalité (nous allons tous mourir un jour, tout à une fin) peut être brutal et troublant à la fois.

On peut avoir envie de redevenir petit, de pleurer et se laisser aller entièrement dans les bras d’adultes protecteurs. On peut aussi et au contraire avoir envie de se précipiter dans l’âge adulte, de ne rien montrer et d’être cette épaule solide sur laquelle les autres s’appuient pour pleurer.

Mais parfois on n’arrive tout simplement pas à exprimer ce qu’on ressent et la douleur (la blessure) s’envenime et comme un poison nous empêche d’être bien. On peut se replier sur soi, ne plus avoir envie de rien, chercher ses propres limites pour comprendre si on est soi-même bien vivant. Et quand le poison nous intoxique on peut avoir du mal à trouver l’envie de continuer à vivre de nouvelles aventures sans celui qui nous a accompagnés dans les précédentes… On se replie sur soi.

Donner un sens à ce qui n’en a pas

« Ce n’est pas juste ! Il / elle n’avait pas mérité ça ! On s’est quittés fâchés ! » Parfois on se sent coupable et on se demande quelle part de responsabilité on a bien pu avoir soit dans le bonheur de quelqu’un soit dans son malheur. C’est un sentiment très fréquent qui peut aussi nous aider à chercher une explication logique à ce qui nous est insupportable. Mais il n’y a pas de bonne explication. Oui c’est injuste et arbitraire. La mort est comme la vie, un phénomène extraordinaire jusqu’à présent inexpliquée. Les philosophes s’arrachent les cheveux sur cette question depuis toujours sans y apporter une réponse unique.

Pouvoir dire au revoir à sa manière nous aide souvent à accepter que l’on a mal, qu’on est en colère ou qu’on a du mal à réaliser que l’autre ne sera plus jamais en relation avec nous. Cela peut être lors d’une cérémonie officielle par exemple ou lors d’une cérémonie personnelle à inventer. Ces rituels aident à donner du sens.

Mais si la douleur ou le malaise s’installe ?

Faire son deuil, ou accepter que l’autre est mort (pour parler plus simplement), prend du temps. Parfois beaucoup de temps. Cependant la douleur n’a pas la même intensité tout le temps. Normalement elle s’estompe progressivement pour laisser place aux souvenirs.

Si après quelques mois on se sent toujours anéanti, épuisés par la douleur (ou la colère) il est important de ne pas rester seul. Les parents, les amis (même ceux qui n’y comprennent rien mais qui sont là quand même) ou ceux qu’on ne connait que par le biais du forum filsantejeunes, peuvent nous apporter du soutien, une épaule, ne serait-ce qu’un mouchoir et parfois c’est déjà beaucoup.

Mais si ça ne va pas du tout il est important de prendre contact avec un spécialiste de la douleur psychologique : le fameux psy !

Et puis l’équipe de Fil Santé Jeunes est aussi là pour vous écouter, vous informer, vous orienter y compris dans ces moments où les mots sont trop lourds à porter seul.

Alors en cas de coup dur appelez nous au 0800 235 236 ou envoyez nous un mail !

Pour partager ces ressentis avec d’autres, voici quelques discussions forum :

Mon grand père est mort…
Problèmes de famille

Ce dossier a été élaboré en partenariat avec l’équipe du Centre National de Ressources Soin Palliatif

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