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Publié le , Modifié le 15 mars 2013

Auto (Elle)

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*Ne jamais se fier aux apparences …
Elle semble ordinaire, ressemblant à toutes les filles de son âge. Elle a ses complexes, ses chagrins, ses petits riens comme tout le monde. Mais voilà, elle cache au monde un secret inavouable. Un secret lourd, pesant, angoissant. Même sa famille ne le sait pas, enfin pas encore. Au début, elle croyait avoir le contrôle de la situation. Mais en fait, elle ne contrôle rien, même pas ses propres émotions. C’est arrivé comme ça et au fur du temps ça s’est intensifié. 
_ Tout a basculé le jour où elle s’est disputée avec ses parents. C’était une dispute tout ce qu’il y a de plus normale. Mais c’était celle de trop. Elle s’est enfermée dans sa chambre, s’allongeant sur son lit. La colère s’intensifiait. Intérieurement, elle bouillait, se retenant d’hurler.  Ne pouvant plus rester allonger, elle se leva et commença à faire les cent pas. La rage avait remplacé la colère. C’est à ce moment là que tout commença. Elle regarda son bras et s’enfonça ses ongles dedans, de plus en plus profondément, en recommençant encore et encore. Elle se les enfonça jusqu’à saigner, jusqu’à ce que toutes émotions désertent son corps. Après, elle se trouva dans une sorte de plénitude. Puis, une douleur comme une brûlure se fit sentir. Elle n’en tint pas compte et détourna le regard de son bras. Elle rabattit sa manche et sortit de sa chambre.
Elle recommença avec la même force, la même intensité, toujours de la même façon. Les marques augmentaient mais toujours au même endroit. C’était à cause d’un petit rien et la colère prenait le dessus. Elle ne la contrôlait pas.
Tout la fatigué, la colère avait pris le dessus sur toutes les autres émotions. Son bonheur, sa joie, sa vie, tout était rythmé par cette émotion. Tout était colère, encore et toujours.  Au début, elle ne s’en rendit pas compte. Mais quand elle en prit conscience, elle ne contrôlait plus rien. Bien sûr, elle ne faisait pas ça pour le plaisir, c’est trop malsain se disait-elle. Mais elle ne pouvait plus rien faire pour s’arrêter.

*La révélation
_ Le jour, où en parla, fut un moment angoissant, pénible et douloureux. Ça faisait longtemps qu’elle y réfléchissait. Ça devenait trop dur, trop pesant de tout garder. C’était trop pour une seule personne. Ses parents et elle étaient regroupés autour de la table. Elle allait se rétracter mais elle n’en pouvait plus. Alors, elle se lança. Elle attira l’attention de tous et attendit le silence. Elle releva sa manche et montra son bras marqué. Elle regarda les personnes qui l’entouraient pour voir leurs réactions.
Sa mère fut surprise. Son père se leva et s’adonna à des activités habituelles comme si elle venait d’annoncer le temps de demain. C’est la réaction de ce dernier qui la toucha le plus. Il restait de marbre devant une annonce si horrible. Ceci la toucha en plein cœur. Les larmes coulèrent. Elle ne voulait pas pleurer mais ne pouvait pas s’en empêcher devant tant d’indifférence et de froideur. Elle l’ignora et se concentra sur sa mère.
La surprise avait fait place à la curiosité. Les questions se succédaient comme une avalanche. Elle ne pouvait pas répondre à toutes car elle-même n’avait pas, encore, trouvé les réponses. Pourquoi avait-elle fait ça ? Pourquoi ceci? Pourquoi cela ? Et encore pourquoi ? Elle essaya de rassurer sa mère de lui dire que maintenant tout allait s’arranger. Même si elle n’y croyait pas trop, s’en convaincre devait être la meilleure des solutions. Elles décidèrent qu’elle irait voir une psychologue. Il fallait donc en parler au médecin et surtout à sa grand-mère, une personne très importante dans sa vie et son coeur.
_ Le lendemain, elle n’alla pas en cours. Elle attendit sa grand-mère. Sa mère était présente, elle avait vraiment besoin de son soutien. Elle fit s’installer sa grand-mère sur une chaise. Elle puisa la force de continuer dans le regard de sa mère. Elle releva donc sa manche et expliqua tout. Sa grand-mère la prit dans ses bras la serra fort contre son cœur. Elle vit les larmes couler quand elle franchit la porte. Ceci lui brisa le cœur de lui avoir fait tant de mal.
Chez le médecin, ce fut le même processus. Le docteur fut surpris de cette révélation. Il lui posa des questions et lui donna les coordonnées d’une psychothérapeute.
_ Le soir, elle voulut s’expliquer avec son père sur sa réaction de l’autre. Il lui déclara qu’il préférait réfléchir avant d’agir. Elle lui expliqua qu’elle avait été blessée et que ça lui avait brisé le cœur de le voir réagir de cette façon. Il lui dit que c’est comme ça que ça fonctionnait un homme ça réfléchissait avant d’agir alors que les femmes se fiaient à leur instinct. Elle accepta son explication.
Le jour même, sa mère avait prit rendez-vous chez la psy. Puis, vint la question d’argent. Combien cela allait-il coûter ? Combien de temps allait-elle rester chez la psy ? Elle ne comptait pas y passer toute sa vie. Mais bon, pour rassurer sa mère, elle essaya de fixer une limite.
 _ Maintenant, elle pensait être un fardeau pour ses parents. Alors, les remords arrivèrent. Elle avait l’estomac qui se serrait et un goût amer dans la bouche. Elle se répétait qu’elle n’aurait jamais dû leur en parler. Elle se faisait tous les reproches possibles, dès qu’elle pouvait. Déjà, qu’elle n’avait pas confiance en elle, la situation ne faisait qu’aggravait les choses. Alors, elle se construisit une façade pour l’extérieur.
_ Le jour du rendez-vous chez la psy arriva, lentement, trop lentement à son goût. Non, qu’elle croie que la psychothérapeute allait tout arranger et tout redeviendrait comme avant. Mais, elle l’espérait un peu. Elle s’y rendit avec son père. Il lui expliqua comment s’y rendre en métro, au cas où elle devrait revenir seule. Quand ils rentrèrent dans le bureau, elle se sentit toute timide et gênée. Elle allait devoir raconter, encore, une fois ce qu’elle avait fait. Mais, elle dût lui raconter toute sa vie depuis son enfance. Et son problème passa comme ça dans la conversation, ne prenant pas plus de deux minutes. Quand elle sortit de ce bureau, elle n’avait pas plus de réponses que quand elle y était rentrée. Bon, son seul soulagement fut que ses parents n’useraient plus d’argent car elle n’y retournerait plus. La psychothérapeute lui avait dit que si elle avait envie de revenir, elle n’avait qu’à l’appeler pour fixer un rendez-vous.
Maintenant, elle est confuse. Elle continue à se faire du mal, parfois,  en faisant croire le contraire à sa famille. Il y avait des périodes où elle le fait et d’autres non. Elle pensait qu’elle le méritait. Elle n’avait pas à mettre un nom sur ce qu’elle se fait, même si tout le monde appelle ça de l’automutilation. Elle ne sait pas si, un jour, elle pourra arrêter. Les marques physiques s’effaceront, sûrement, au fil du temps. Mais les marques psychologiques resteront gravées, à jamais, dans sa mémoire car c’est une part de sa vie. Mais le plus important, c’est qu’elle continue à vivre. Et vivre est un don précieux. Même si on l’abîme, le garder est le plus important.

*La rechute
Elle avait essayé pourtant. Essayé de toutes ces forces. Elle avait réussi pourtant. Réussi à s’arrêter de se faire du mal. La vie avait été plus belle. Le soleil réchauffait sa peau, le vent faisait voler ses cheveux et le monde reprenait lentement ses couleurs. Des jolies couleurs douces et rassurantes qui étaient signes de bonheur et de renouveau. Elle captait chaque moment de l’existence pour ne pas retomber. Bien sûr, il y avait toujours des disputes mais jamais de conséquences. C’est la vie était beaucoup plus belle.
_ Mais cette foutue vie reprenait toujours ses droits et nous faisait payer au centuple notre affront ! Ce jour-là, une nouvelle dispute ou plutôt encore une remarque « Range ta chambre…Il y a toujours des choses qui traînent ! » Mais ce fut celle de trop. La porte se referma et le gouffre s’ouvrit. Elle planta ses ongles dans la peau de son bras. La colère ne baissait pas. N’en pouvant plus, elle se mordit pour étouffer sa fureur.
Et ceci recommença encore, encore…comme avant.
_ Un autre jour, ça avait été plus loin, le couteau dans la main. Elle le regarda. Elle s’était plantée les ongles avant. Mais plantés tellement fort et longtemps qu’elle s’en était fait saigner. Elle le regardait toujours, sentant la brûlure laissée par ses doigts. Elle l’approcha lentement de son bras. Elle ne voulait pas franchir cette limite. Elle y avait songé déjà. Mais elle ne voulait pas tomber dans ce cercle là. Le couteau était maintenant posé près de son poignet. La lame glissa doucement sur la peau comme un voile. Elle se testait, testant sa volonté. Mais la colère fut plus puissante comme un raz de marée balayant tout sur son passage, brisant les digues de la raison. Puis elle se coupa. Tranchant la peau avec la force comparable à sa fureur. Les perles de sang coulaient sur son bras. Ceci dura une minute pas plus. Mais ce fut assez pour qu’elle franchisse cette limite entre raison et folie. Elle reposa le couteau, contient ses sanglots de honte et de douleur. Cette scène ne se reproduisit jamais.

*Le tatouage
Elle voulait un tatouage. Tiens, peut être ceci l’aiderait à mieux avancer dans la vie se disait-elle. Un simple dessin représentant ce qu’elle aimait, ce qu’elle ressentait, ce qu’elle était. Au début, c’était bien sûr pour cacher ses marques. Mais après elle se dit qu’elle le préfèrerait l’avoir sur l’autre bras, c’est-à-dire le droit. Parce que même si ses marques n’étaient un trophée, c’était une partie d’elle-même, une part sombre de sa vie à jamais marquée sur sa peau.
Elle en avait déjà parlé à ses parents et ils avaient répondu à dix-huit ans. Mais là ils dirent oui. Elle était toute heureuse. Déjà elle partit sur un bracelet.
Elle se mit à dessiner. Chacun à des passages dans la vie : chanteur, musicien, philosophe. Elle ce fut dessinatrice. L’art est bon moyen d’échapper au tumulte de la vie. Bon, c’est sûr que ce n’était pas digne des beaux arts. Son esprit devient très créatif, sortant des dessins comme ça, juste en regardant un film ou un panneau d’affichage. Elle cherchait et accueillait toutes les idées de ses proches.
_ Bon, elle avait fixé certains points : pas de fleur, ni d’étoiles, encore moins des cœurs ou des papillons. Elle allait avoir un dessin à vie. C’était important d’y consacrer du temps et d’être patient, pour ne pas faire d’erreur car c’était hors de question qu’elle fasse des séances de laser pour se le faire enlever. Elle voulait aussi pourvoir l’admirer tous les jours sans avoir à se contorsionner. Elle le voulait ni trop grand, ni trop gros. Donc Elle alla voir sur internet ceux des autres.
_ Puis l’idée d’un mot vint. Un ou plusieurs sans tomber dans l’excès. Ella alla sur un traducteur et écrivit tous ceux qui lui venaient à l’esprit : amour, sœur, famille… Elle passa par toutes les langues du chinois au latin et malaisien. 
Soudain, un mot vint s’imposa : « volonté ». Parce qu’il lui en fallait pour avancer, affronter et surmonter les épreuves de la vie. Il lui en pour arrêter son autodestruction. Même si elle n’arrivait pas à prononcer ce mot, elle savait qu’elle sa faisait du mal. Là aussi, toutes y passèrent. Elle choisit le grec. Déjà, elle aimait l’écriture (??= tha) puis elle adorait la mythologie grecque : Zeus, Aphrodite, Ulysse…
Bien sûr, sa mère en avait parlé à tout le monde parce qu’elle s’était fait un maquillage permanent. Une amie à sa mère dont elle connaissait bien la fille dit « Ce tatouage est une autre forme d’automutilation ». Une sorte d’automutilation ! Comment peut-on associer un art à ce genre de pratique ?! C’est injuriant et blessant pour elle qui voyait ceci comme un art exceptionnel et intemporel considérant ces artistes avec beaucoup de respect par rapport à leur talent. Un soir étant invitée chez cette amie, elle lui fit comprendre gentiment.
Maintenant, il ne manquait plus qu’à trouver un tatoueur. Elle préférait se remettre à quelqu’un dont elle avait déjà vu les œuvres. Et là, sa mère l’aida bien. Le mari d’une amie s’était fait faire des tatouages et lui donc conseilla d’aller voir son tatoueur. Il lui passa la carte de visite. Elle l’appela. Pendant la conversation, elle devint toute rouge et commença à bégayer. Elle lui expliqua quelle aimerait voir ses différentes calligraphies ou polices (selon le nom donné). Elle s’arrangea avec cet ami pour qu’ils puissent y aller ensemble : elle, son père et cet ami. Le jour arriva, enfin. Ils passèrent une demi-heure à regarder les écritures et elle fit son choix.  Cet ami l’aida beaucoup, en dessinant pour elle. Quand son père et elle le ramenèrent, ils en parlèrent. Elle trouve que les tatoueurs sont des artistes. En plus de faire leurs œuvres sur papier, ils les font sur la peau d’autrui.
Le soir même, son père la convoqua dans la chambre. Au début, il ne voulait pas signer l’autorisation, il voulait que ça soit sa femme. Puis, il avait compris sa démarche, la signification de son tatouage. Il a décidé de lui payer. Mais ce n’était pas tant l’argent qui l’intéressait, c’était le fait qu’il la comprenne. Pour une fois, il n’avait pas peur de parler de ce qu’elle s’était fait, de ce qu’il s’était passé cette année. Le soulagement était immense.

*Maintenant…La vie continue…
Maintenant, tout est fini. Une nouvelle année commence. Elle a décidé de changer, d’évoluer. Bien sûr, elle n’oubliera pas cette partie de sa vie. C’est son histoire. Elle essaye de ne plus se faire du mal. Mais elle ne peut pas promettre de ne jamais recommencer car chacun à ses vices et cet acte en fait partie… On ne peut pas lutter contre soi-même. Il faut juste apprendre à se connaître, se découvrir. Elle comprend, à présent, que ceci est pire que toutes les drogues au monde. C’est le pire des poisons tuant psychologiquement et marquant corporellement.  

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