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Publié le , Modifié le 22 janvier 2016

Harcèlement scolaire

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Bonjour, je m’appelle Élodie, j’ai maintenant 17ans. Je voulais écrire ce texte pour raconter ce que j’ai pu vivre au collège.
J’étais en 6ème quand le calvaire a commencé, je suis arrivée dans un collège où je ne connaissais personne, tous mes amis de primaire sont allés dans un autre collège. Je me suis retrouvée seule et mal à l’aise dans ce nouveau endroit où j’allais devoir passer 4ans de ma vie. J’ai essayé de m’intégrer dans le groupe de fille qu’il y avait dans ma classe, mais au début elle ne m’acceptait pas, j’étais leur bouc émissaire, je restais donc avec un garçon que je connaissais un peu car on était dans la même classe en CM2. Tout le monde nous demandait si on était pas amoureux, et ils n’arrêtaient pas de nous pousser l’un vers l’autre. Puis avec le temps j’ai fini par être acceptée par le groupe de fille de ma classe, mais sauf qu’il y avait une fille qui n’était pas dans ma classe, qui était amie avec le groupe avec qui je restais, et malheureusement pour moi elle ne m’aimait pas du tout. Elle a commencé à me traiter de Pute, puis une fois elle l’a criée fort et les filles n’ont rien fait ni rien dit, elle l’a même écrit sur l’un des poteaux du collège, je me sentais comme désemparée face à ce qui se passait. C’était la première fois que je me faisais humilier en public. Je me suis donc réfugiée au CDI où j’ai commencé à me plonger dans les livres afin de pouvoir m’évader dans une histoire, je faisais ça à chaque heure de permanence que j’avais et chaque récréation. Je l’évitais le plus possible. Au final mon année de 6ème s’était quand-même bien terminé, j’avais de très bons résultats mais je ne m’étais pas vraiment fait d’amis.
En 5ème, l’année avait bien démarré, j’avais rencontré une fille super sympa qui avait les même goûts que moi, elle était passionnée de livre tout comme moi, on s’est vite rapprochée et nous sommes devenues Meilleures Amies. Je recevais toujours quelques moqueries par ci par là sur ma taille et la façon de m’habiller mais j’arrivais à les surmonter. Puis un jour, sur un réseau social, il y avait des questions sur des personnes, et une des questions qui était posé c’était: “Que pensez-vous réellement de cette personnes” (c’était une fille que je connaissais depuis le CP qui était handicapée atteint de 2 maladies graves, je l’aimais beaucoup mais au collège on s’était éloigné et on ne restait plus trop ensemble), j’ai répondu à cette question, j’ai dit: “elle me fait pitié”; sauf que je ne connaissais pas le sens réel de ce terme, pour moi à cette époque, la pitié voulait dire que l’on a de la peine pour elle et que l’on compatit à sa douleur, alors qu’en faite c’est un terme péjoratif. La réponse à la question a été rendue public, et là les commentaires ont fusé, tout le monde a commencé à me traiter de tous noms possibles et imaginables, je m’étais excusée au près de cette personne, je me suis même expliquée avec elle, mais pour les autres rien avait changé. Puis 2 mois après cette personne est malheureusement décédée à cause de sa maladie, j’ai pleuré énorme, j’étais pas bien, les personnes ont continué à me traiter de tous les noms et ont commencé à me bousculer dans les couloirs en disant, en rigolant: “Oups, pardon j’ai pas fait exprès”. Entre temps ma prof de SVT de cette année-là avait remarqué que je n’étais pas très bien, mais je ne lui avais rien dit, je lui avais juste dit que c’était parce qu’ à la maison, je n’étais pas à l’aise au sein de ma famille (ce qui était vrai mais ça ne représentait pas ce que je vivais à côté); j’ai donc passé la plus part de mon temps avec cette prof afin d’oublier le reste, je fuyais en quelques sortes toutes ces personnes qui faisait que chaque soir je pleurais en silence. Puis en fin d’année cela c’était calmé légèrement.
En 4ème, cela a recommencé dès le début car je restais là plupart de mon temps avec cette prof, à toutes les récrées et les heures de permanences possibles, je me suis donc faite traiter de fayote et de tas d’autres noms désagréables sur le fait que je restais tout le temps avec une prof. Ma meilleure amie s’était retournée contre moi et a commencé elle aussi à me critiquer sur le fait que je ne restais jamais en récréation et que j’étais tout le temps avec cette prof, elle ne comprenais pas pourquoi je préférais rester avec une adulte. Cela a continué toute l’année où je me faisais traiter d’intellote ou de lèches bottes en vers la plupart des profs, je me faisais toujours bousculer dans les couloirs. Vers le milieu d’année, j’ai commencé à me faire des amis avec qui j’essayais donc de rester en récréation où je n’étais pas forcément à l’aise mais mes amis m’aidaient, de plus il y a eu une nouvelle avec qui je me suis directement rapprochée, je me sentais bien avec elle. On avait réussi à créer un petit groupe d’amis avec qui l’on s’entendait bien. Mais les critiques et les jugements ont continués en classe, je me suis même faite humilier en plein cours avec un papier qui circulait sur moi, comme quoi j’étais poilue sous les bras, tout le monde me demandait un par un que je lève les bras pour qu’ils regardent, à la fin du cours je suis allée au toilette et j’ai pleuré pendant environ 15min, après je suis retournée en cours et tout le monde rigolait. Une fois, en sport, 2 personnes ont volé ma montre et l’ont cassé alors qu’elle était toute neuve. Tous les soirs je pleurais, à la maison c’était pas la joie et au collège ce n’était pas mieux, j’attendais qu’une seule chose c’est de me retrouver dans ma chambre et pouvoir être enfin seule. Je gardais quand-même le sourire mais je souffrais énormément, je restais avec mes amis et j’essayais de m’amuser malgré la douleur. L’année s’est terminée et j’espérais qu’une chose, que l’année prochaine soit meilleure que celle que je venais de passer…
Malheureusement en 3ème, rien ne s’était arrangé, je me suis retrouvée dans une classe où un groupe de 4 filles et 1 garçon était bien formé depuis la 6ème, c’était un groupe à part du reste de la classe. Moi, mes amis étaient dans d’autres classes, je me retrouvais donc une nouvelle fois seule pendant les cours. Je recevais des moqueries et des critiques à chaque fois que je parlais venant de ce groupe, je participais trop en cours à leur goût, du coup il me traitait de lèches bottes encore une fois et de chouchoute des profs. Je restais toujours avec la prof que j’appréciais énormément, je fuyais encore et toujours les autres, je n’avais plus aucune confiance en moi, je lui avais vaguement évoqué le sujet de moqueries mais jamais dans les détails, sûrement par honte. J’ai commencé à me mutiler et à fumer, c’était comme un échappatoire, je me demandais toujours pourquoi moi et pas une autre, était-ce moi qui posais problème? Je passais la plus part de mes nuits à pleurer, écrire, ou alors quand je trouvais le sommeil, je faisais des cauchemars. Tous les jours j’avais la boule au ventre mais je ne le montrais pas, mes parents ne se sont aperçus de rien durant toutes ces années de souffrances, je suis restée dans le silence. J’allais tout de même en récréation de temps en temps avec mes amis où j’essayais de passer un maximum de bons moments avec eux. Puis en Mars, juste avant les vacances, la prof avec qui je restais est malheureusement partie en congés maternités. J’ai été totalement dévastée car c’était pour moi un peu comme une confidente, où dès que j’étais avec elle, je savais que rien ne pouvait m’arriver, je me sentais en sécurité. Quand elle est partie, j’ai donc été au plus mal, je n’avais plus ce refuge, j’avais d’autres adultes sur qui compter mais c’était différents, je n’avais plus ce sentiment d’évasion qui me faisait tout oublier. Le harcèlement a continué et moi j’étais de plus en plus mal, j’ai pensé longuement au suicide mais j’ai abandonné cette idée et j’en suis fière, j’ai malheureusement continué la mutilation et le tabac qui m’aidait toujours de mon point de vue, même si cela créait le contraire sur mon corps. En fin d’année je travaillais moins, je faisais le strict minimum, je n’avais plus aucune motivation. Avec tout ce qui pouvait se dire sur moi, je me préoccupais plus de mon apparence, de tous mes faits et gestes afin d’éviter toutes critiques et du coup je ne faisais plus attention à mes notes même si je gardais quand-même un niveau scolaire correct.
Pendant les vacances d’été, j’ai essayé de me reprendre en main et de dire stop à cette enfer, je me suis remise à travailler un peu pour arriver sereine en Seconde. Je n’avais toujours pas confiance en moi (je ne l’ai pas encore aujourd’hui), mais j’étais déjà un peu mieux.
Arrivée en Seconde, je suis arrivée dans une classe où je connaissais peu de monde donc ça m’allait bien, je pouvais en quelque sorte me créer une nouvelle vie, peut-être un nouveau départ. Je me sentais à l’aise dans la classe, j’avais des amis en dehors des cours; je recevais toujours des moqueries sur la façon de m’habiller, je n’étais jamais assez bien pour les autres, ça m’atteignait toujours mais je le montrais moins, je ne voulais plus être leur proie. Petit à petit j’ai commencé à ne plus prêter attention à ces moqueries, aujourd’hui (je suis maintenant en Terminale) elles me détruisent toujours autant mais je ne le monte pas, j’ai réussi à créer ma carapace. Je n’ai pas de confiance en moi, je suis toujours en train de me demander si je fais bien telle ou telle chose, je regarde 20 fois mes habits pour choisir la bonne tenue, par peur qu’un jour tout cet enfer recommence. Aujourd’hui j’ai arrêté les mutilations et le tabac, j’ai réussi à prendre conscience que cela ne m’aidait pas.
Je garderais toujours des séquelles de ce passage, la confiance en moi reviendra sûrement un jour, mais pour le moment c’est un passage douloureux que j’exprime pour la première fois, la première fois que je dis clairement ce qu’il s’est passé durant toutes ces années où je suis restée dans le silence par peur d’être incomprise ou que les choses se dégradent suite à la prise de parole.

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