Répondre à : Je me sens vide, je suis déjà morte mentalement

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    Bonjour, votre discussion date un peu, mais ça peut toujours servir si quelqu’un passe ici:

    La sensation de vide et fatigue que tu dis ressentir est à mon avis un épuisement psychologique. Tu n’est pas fatigué phisiquement (sauf si tu fais beaucoup d’exercice dans ta vie) mais mentalement. Ca peut être dû à une lourde charge mentale (devoir gérer trops de responsabilités et gérer 3000 trucs en même temps sans jamais pouvoir se les sortir de la tête) ou que tu vis dans un environnement qui ne te correspond pas (famille travail amis études toxiques…). Si tu as choisi des études qui finalement ne te plaisent pas mais que tu es bloquée et que tu ne peux pas revenir en arrière, si tu te retrouve à faire un job ou des actions qui sont contre tes valeurs, si tu vis des traumas ou que tu es si surchargée au quotidien (burnout) et que tu arrêtes de penser à toi et de « vivre » (plein d’autres situations sont possibles), tu t’accroches, mais ton corps finira par atteindre ses limites un jour.
    C’est comme une voiture qui n’a plus d’essence.
    Les humains ont plusieurs façons de réagir à ces situation de crises existancielles: parfois le cerveau sépare émotionel et le rationel pour minimiser la violence de la souffrance sur ton mental et tu as cette sensation que la vie n’a plus de goût, comme si tu n’étais plus aux commandes de ta vie ou que tu te voyais à la 3ème personne.
    Tu peux passer en mode « pilote automatique », « marche ou crève avec le tout ou rien », procrastiner, faire des crises d’angoisses et de nerfs, symptomatiser (exemple boullémie ou problèmes de peau), autosabotage, manquer d’énergie et rester au lit, bref, plein de trucs pas droles qui te font perdre l’envie de vivre en plus de rendre la vie plus pénible.

    C’est un état de détresse, un signal d’alarme maximale qu’envoit le corps et bien qu’il est dur de se soigner car des fois on est engluer dans ses problèmes et c’est un cercle vicieux, tu peux déjà faire quelques petites choses pour débuter ton rétablissement:

    1) se réduire à l’essentiel. Revoit ta manière de gérer ton quotidien. Priorise toi, offre toi des petits moments de plaisir ou tu prends soin de toi et tu t’accordes le pardon (se culpabiliser n’a jamais aidé et en plus on est trop exigeant avec soi-même donc on mérite de s’accorder une pause). Concentre-toi à bien manger, faire un peu d’activité phisique pour s’aérer et se dépenser, bien dormir et avoir une bonne hygiène. Il faut d’abord recharger tes batterie pour retrouver le moral. Tes idées noires, il faut te les sortir de la tête. On ne peut pas aprécier la vie quand on a la tête 100% tout le temps plongée dans le boulot et les problèmes qui nous stress. Sors, trouve un passe-temps, diverti-toi dans un cadre où tu interdira les pensées du monde extérieur stressant, et surtout, trouve une activité exutoire pour te défouler et extérioriser toute ta souffrance. A mon avis, ça a besoin de sortir et il ne faut pas se contenir. Un psy peut aider à vider son sac et pleurer un on coup.

    2) prendre conscience de ce qui te rend malade à ce point. Ta détresse c’est comme une réaction allergique à quelque chose, mais quoi ? il peut y avoir divers facteurs, mais souvent tu vis contre tes valeurs et tu ne respectes pas tes limites mentales et phyisique. Tu veux contenter les exigences abusive de ton environnement, mais tu n’es ni un robot ni superman. Donc un moment il faut dire merde et changer de décors au plus vite, et en attendant tu établies des règles pour ne plus malmener ton corps et ton esprit. Des limites entre le raisonnable et le déraisonnable. C’est plus possible de sacrifier sa santé pour le travail, tant pis si tu n’as pas fini ou une bonne note, ça sera toujours moins pire que de se faire du mal et avoir envie de mourir après.
    Un psy peut aider à trouver ce qui pose problème dans ta vie ou ton passé, mais aussi à avoir un ancrage dans le réel car quand on est en dépression, on a plus une vision objective de la vie et l’absurde peut sembler raisonnable, donc un psy va te rapeller ce qui est normal ou non. Il peut aussi faire de l’EMDR pour s’affranchir de ses traumas et donner des arrêts maladie. Le mien m’a donné des techniques de relexation et m’a aidé à me libérer de mes croyances limitantes et prendre conscience de mon fonctionnement.

    3) une chose après l’autre. Les moments difficiles finissent toujours par passer alors il ne faut aps perdre espoir. Le plus simple est de gérer au possible un problème à la fois et ça se démêlera de lui-même. Pour ma part, je me fixe 1 à 3 objectifs simples dans ma journée ou semaine. Exemple: rendre un papier administratif, balader le chien, faire les course… Ainsi, je ne suis pas frustrée ou coupable car il y a très peu de chance d’échouer. Même si la vie va à 100 à l’heur et qu’on te presse, tu dis merde et tu va A TON RYTHME. Fini de se sacrifier pour les autres, là c’est toi qui est dans le mal et tu as besoin de prendre soin de toi, c’est ta seule priorité. Alors tu vas imposer ton rythme et expliquer si besoin à ton entourage ta démarche. Au boulot, on fait comme on peut, mais il faut considérer à changer pour un qui te convient mieux, te faire respecter en rejetant le sale boulot qu’on te refile gratios ou en faisant quelques sacrifices. Quand on est submergé, c’est souvent qu’on fait plus que demandé par bonne conscience ou qu’on n’arrive plus à déterminer ce qui est plus important et moins important et du cup on fait tout à 100% et on pète un plomb. Dans la vie, il faut parfois faire de petits sacrifices et accepter que on ait pas le contrôle sur tout et que tout ne sera pas parfait. Le mieux est de prendre de bonne vacances coupé de son quotidien et du stress.
    Attention, parfois aussi, on finit par se complaire dans la dépression inconsciemment car on s’apitoye sur son sort et qu’ainsi on a pas à faire d’éffort quand on est dans le rôle de la victime. On s’habitue à la souffrance qu’on a l’impression d’avoir mérité, de subir sa vie dans l’impuissance, et on oublie comment c’était de vivre normalement car on est coincé sur le mode « survie ». Ce mode nous rempli d’axiété, d’hypervigilance et de stratégie d’évitement qui au final, nous épuise plus qu’autre chose et l’idée même d’affronter un problème est plus fatiguante que de réellement l’affronter car dans notre tête on est déjà en train de se battre pour se convaincre de s’y mettre.
    C’est important d’avoir conscience de ce paradoxe autodestructeur quand on essaye de s’en sortir. A travailler aussis sur son estime de soi, ça fait souvent défaut aux gens qui se retrouvent au fond du trou car ils se pensent nul, horrible alors que tout le monde à de la valeur, même si on vous le dis pas assez souvent. Donnez-vous au moins une chance d’apprécier la vie.

    Courage, ça demande une grande dicipline d’esprit, mais si tu prends le temps, tu verras que ça te fais du bien et qu’au final tout le tableau n’est pas noir. Moi-même je suis loin d’être tiré d’affaire, mais j’ai essayé de comprendre et j’ai appris plein de choses, notemment le fait que l’humain est bourré de mécanisme psy et phisique qui peuvent jouer en faveur ou contre nous selon les situations. Préservez-vous, j’espère que vous retrouverez le goût à la vie, le monde est magnifique même si l’espèce humaine ne l’est pas toujours, il y a tant de choses à expérimenter ne laissez pas les autres ou le système vous en priver.

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