Répondre à : Je vais craquer
Salut,
Ça va un peu mieux. J’espère que toi aussi ça va ? Je t’avoue que ça va aussi parce que je suis partie hier en colo et ça fait beaucoup de bien de changer de décors.
Enfaite on se parle déjà beaucoup avec ma mère. Mais c’est simplement que le soir, après une soirée compliquée, ça lui arrive de vider son sac ou de pleurer en pensant à l’avenir (seulement lorsqu’on est toutes les deux et que je ne reste pas seule). Et dans ces moments-là, je ne me vois pas lui rajouter le poids de ma souffrance. Donc ça m’arrive de lui dire un peu ce que je ressens ou alors de ne rien dire du tout.
Pour l’instant j’essaie de ne pas trop penser à tout ça (à part quand je parle avec toi parce que ça fait du bien de parler à quelqu’un, et je trouve ça plus facile quand on ne connait pas cette personne).
Je t’avoue que j’appréhende un peu les vacances parce que comme je te l’ai dit c’est difficile avec mon père et j’ai peur de ne pas avoir envie de rentrer chez moi après la colo.
Je suis désolée, j’espère que je ne t’ai pas fait trop de mal à te rappeler ton trauma. Je comprends qu’à un moment tu n’ais plus eu d’énergie. Moi c’est pareil. L’année dernière, j’ai rassemblé toute mon énergie une dernière fois pour venir à mon procès. Et puis après, c’est comme si je m’étais complètement déchargée et qu’il me fallait plusieurs années pour me recharger complètement. Enfin bon, d’après ce que j’ai compris tu sais ce que c’est.
Je sais pas toi, mais mon problème c’est que lorsqu’une personne à la gentillesse de me demander si ça va à la maison ou autre, je lui répond sur le champ que « tout va bien ». Alors que pas du tout. C’est plus fort que moi. J’ai beau avoir envie de vider mon sac et tout lui raconter, je dis que tout va bien. Sauf que le problème c’est qu’après, quand je regrette et que je veux parler, cette personne ne me redemande plus jamais et je n’ose pas lui raconter de moi-même. Je me sens tellement idiote dans ces cas-là.
Exemple. Il y a deux semaines, lors de mon stage de seconde chez mon avocat, il m’a demandée une seule fois si tout allait bien chez moi. Je lui ai répondu que oui, et après, quand il est parti, je crois que j’ai fait une crise d’angoisse (ça avait tout l’air d’en être une mais je n’en n’avais jamais faite avant). Ça m’a fait vraiment peur. J’étais gênée comme jamais, et il ne m’a plus jamais demandée alors que je mourrais d’envie de tout lui dire. A ce moment-là, j’avais les mains qui tremblaient et la mâchoire aussi, je ne pouvais pas aligner deux mots, et j’avais le coeur qui battait à cent à l’heure, comme s’il allait lâcher, et j’avais l’impression que j’allais m’évanouir. J’étais vraiment paralysée (c’était dans le train en rentrant d’une audience). Enfin bref, j’aimerais beaucoup « savoir parler » à quelqu’un. Mais c’est comme un blocage. Je ne sais pas si toi aussi tu ressens ça quand tu essaies de réveiller ton trauma, mais je trouve ça difficile à gérer. Je n’arrive pas à parler à un adulte ni à pleurer devant un adulte, ça paraît con mais c’est trop difficile. Je sais qu’il y a des numéros et merci, mais tu verras en lisant mon message que je ne sais même pas si je suis capable d’appeler quelqu’un pour tout lui raconter. J’espère que ça ne te dérange pas que je continue à te parler, mais sache que ça m’aide à un point que tu n’imagines pas. J’espère vraiment que tu arriveras à surmonter ton trauma toi aussi, et merci pour tes bons conseils !