Répondre à : Reprise de harcèlement
Oui, c’est bien ça.
Je vais reprendre tes questions pour tenter d’y répondre :
« Mais genre il l’endormait ? »
Elle n’était pas juste endormie, les experts ont estimé qu’elle était plus proche du coma et qu’à chaque dose supplémentaire que son mari lui administrait il mettait sa vie en danger. Il n’a prit aucune précaution, un des accusés qui est retourné 6 fois avait le vih avec une charge virale indétectable mais il n’a jamais mis de préservatif, heureusement elle n’a pas contracté le sida mais a eu plusieurs ist dont le papillomavirus.
« comment elle a rien vu pendant 10 an ? »
Premièrement elle était totalement inconsciente comme je te l’ai expliqué au-dessus mais surtout elle s’était rendue compte de certaine chose. Elle avait des douleurs et des gros problèmes gynécologique, elle avait des absences au point qu’elle a cru avoir Alzheimer et consulter un neurologue. Mais comment penser à l’impensable, comment un professionnel de santé aurait pu déceler que ces douleurs, ces problèmes gynécologiques ainsi que ces absences c’est parce que son mari l’a droguée et l’a fait violée. C’est impossible à détecter, C’est inconcevable, personne n’aurait pu imaginer ça.
« Comment elle a su ? »
Ce n’est pas elle
qui l’a découvert, il s’est fait arrêter par un vigil d’un supermarché pour avoir filmé sous les jupes des femmes. Et au commissariat dans son téléphone, ils vont trouver les vidéos qu’il avait prise de sa femme
. Le pire c’est qu’entre son audition pour captation d’image impudique et sa deuxième audition pour viols, il va faire revenir des hommes. Il a reconnu tous les faits à part pour 2 photos de sa fille retrouvées dans son ordinateur où elle dénudée visiblement endormie dans une position qu’elle n’a pas l’habitude pour dormir et avec des vêtement qu’elle n’a pas l’habitude de porter et une autre de sa belle fille à la sortie de la douche.
« Et c’est quoi leur excuse ? » Je vais rechercher leur mot pour ne pas déformer leur propos. Ils sont 51 accusés (enfin 50 car il y en a un en fuite) donc il y en a beaucoup.
Pour la plupart des accusés ils tentent de défendre la thèse du scénario. Pour eux, ils avaient affaire à un couple libertin, elle faisait semblant de dormir et ils pensaient qu’elle se réveillerait pendant l’acte. Ils mettent tout sur le dos de du mari qui pour eux était garant du consentement de sa femme : »C’est pas à moi qu’il faut en vouloir, Madame, C’est à votre mari » ; ou alors « Ce n’est pas grave qu’elle ne dise rien, lui était d’accord »…
D’autres avancent l’argument d’être des victimes : « je suis autant victime qu’elle » et il finit en disant : « son mari en a fait sa chose ! Son objet ! », ce à quoi le mari va répondre « »Je n’ai jamais considéré ma femme comme une marchandise, j’ai toujours été très fier d’être à ses côtés. J’ai toujours été ébloui par sa personnalité, j’ai eu envie de la faire reconnaître… C’est quelqu’un de très, très bien » (le « j’ai eu envie de la faire reconnaître » fait froid dans le dos !). On a eu le droit à « C’est comme les femmes battues, elles ne disent rien, et quand elles parlent c’est trop tard Elle aurait pu sauver beaucoup de monde si elle avait parlé avant. » ce qui sous-entends deux choses, premièrement qu’elle était au courant de ce qu’il se passait et que les accusés sont les victimes qu’elle aurait pu sauver. (C’est à vomir)
Ce qui revient souvent aussi c’est que le mari était quelqu’un d’imposant, qui faisait peur aux accusés : Un accusé reconnait par exemple avoir trouvée la femme « presque morte » mais avoir continué sous la pression du mari. Un autre dit « J’ai éjaculé par peur ».
Il y en a qui essaie de se dédouaner en invoquant l’absence de plaisir : « c’était un délire sexuel, c’était pas l’éclate, je n’arrive pas à voir ça comme un viol »’ : « »Moi j’ai pas pris mon plaisir. Pas du tout du tout du tout. » (la répétition est dite par l’accusé) mais encore ; « C’est comme si vous voyez une bande annonce de film. Vous allez la trouver fantastique et finalement, le film n’est pas top. Voilà ce que je ressens à cette époque ».
Ou d’autre le contraire : « J’étais dans l’ambiance, j’ai pas su m’arrêter »
Et il y a toutes les excuses qui les incriminent encore plus. Quand le président de la cour demande à un accusé pourquoi il n’est pas parti quand il a vu cette femme endormie, il répond : »Je ne voulais pas le frustrer, j’avais peur qu’il dise ‘espèce de connard !’ Je fais le bon élève » » . Un autre accusé où on retrouve du contenu pédxphile et zxxphile dans son ordi, il reconnait une « curiosité mal placé » en ajoutant : « »mais d’un autre côté je peux dire : tiens, je connais. Quand j’apprends sur la vie, la géographie, je peux dire : ‘tiens, je connais ». ou « c’est pas moi sur la vidéo, il me ressemble, c’est sûrement un sosie » y en a un qui a même dit : »Je ne l’ai pas entendu ronfler, j’ai des acouphènes » ou « Je ne suis pas violeur mais, si j’aurais violé quelqu’un, ça n’aurait pas été une dame de 57 ans, mais une belle… » et le mari : « Pourquoi vous traitez vote femme de sa**pe dans ces vidéos ? », demande une avocate au mari « Pour moi, c’est par moment un compliment pour une femme, mais ce n’est pas mon habitude ». Merci pour le compliment !
Les avocats ne sont pas en reste. Un avocat dit à la femme alors qu’elle explique à quel point elle se sent trahie par son mari « »De votre mari, j’ai l’impression que vous vous estimez plus trahie que violée », « Non : trahie et violée. Il n’y a pas de distinguo », tranche Gisèle
.
Une autre avocate qui défend deux accusés d’avoir violé cette femme alors qu’elle était endormie et de partir sans lui apporter de l’aide se met en scène sur un réseau social en train de danser sur une chanson dont le titre peut être traduit par « Réveille moi avant de partir » (je ne met pas le titre, il serait étoilé de toute manière), mais ça n’a rien avoir avec le procès d’après elle.
Des excuses foireuses comme ça il y en a encore des dizaines comme celui qui ne va pas dénoncer les faits car il ne veut pas perdre son temps au commissariat… mais je m’arrête là. Je me rends compte que ça m’a fait du bien d’en parler parce que même si j’essaie de mettre de la distance, lire tout ça m’a pas mal atteint.