Répondre à : Juste besoin de m’exprimer (j’ai personne à qui parler)
Ma masturbation, voilà comment ça a commencé.
À l’époque, j’étais en 3e. Je ne voulais pas dormir tôt parce que je voulais me prouver que je n’étais plus un enfant. J’avais cette idée que dormir tôt, c’était pour les bébés. Une nuit, en cherchant une chaîne à regarder à la télé, je suis tombé sur du porno. J’ai regardé une fois. Puis une deuxième fois, je suis tombé sur une scène où l’acteur se branlait, et j’ai imité. Depuis ce jour, ce plaisir rapide s’est ancré dans mes souvenirs, comme un raccourci vers un moment où j’avais l’impression de « sentir quelque chose », même artificiel.
J’ai continué à le faire de temps en temps, jusqu’à aujourd’hui. Et maintenant, j’ai l’impression que ça m’a détruit de l’intérieur.
J’ai terminé le lycée avec un bac à peine à 10/20. Les écoles canadiennes ont refusé ma candidature. Mon père avait dépensé des sommes énormes dans des démarches pour les examens d’admission au Canada, mais on s’est trompés de méthode. Il existait un programme post-universitaire d’un an qui aurait pu me sauver la mise, mais on l’a découvert trop tard, au début de ma licence.
Après ma licence, un DEC m’a enfin accepté, mais à ce moment-là, les visas pour étudiants temporaires au Québec devenaient de plus en plus difficiles à obtenir à cause d’un maire conservateur. Résultat : je suis resté coincé.
Aujourd’hui, j’attends depuis près d’un mois la réponse d’une université privée en France. Et sans mentir, j’ai l’impression que même mon père perd l’envie de continuer à me soutenir là-dedans. Je lui dis d’appeler, de relancer, mais il me dit d’attendre. Et j’ai peur que cet « attendre » me conduise à un nouveau refus, un de plus.
Je suis actuellement en master, en stage pro dans une entreprise que je ne voulais pas revoir. Je fais semblant d’avancer. Mon téléphone est pourri, mon PC aussi, et mon salaire ne me permet même pas de respirer. J’ai juste envie de disparaître.
Ce genre de vie ne m’intéresse plus. J’ai peur de devenir comme mes parents qui ont poussé trop fort, trop mal. Et je sens que si un jour j’ai des enfants, je risque de leur transmettre la même pression, les mêmes erreurs. Et pourtant, ce n’est pas ce que je veux.
On me dira peut-être que tout ça n’est pas grave, que c’est juste une passe. Mais pour moi, ça l’est. Parce que si j’avais plus d’argent, je ne serais pas en train de m’effondrer intérieurement.
Je ne parle même pas d’amour, je ne drague pas, je ne vis pas. J’ai l’impression de survivre dans une version déformée de ma propre vie, de devoir accepter ce que je ne veux pas, ce qui ne m’est pas utile.
Et pourtant, même Dieu ne donne que ce qui est utile, non ?
Moi, j’ai l’impression d’avoir tout gâché. J’ai péché, j’ai perdu du temps, et il ne reste plus rien. Je suis juste là, à écrire, parce que si je ne le fais pas, je risque de vraiment sombrer.
Je ne sais pas quoi attendre d’ici. Je ne cherche pas la pitié. Je voulais juste parler. Lâcher ça quelque part. Parce que je ne sais plus comment tenir.