Répondre à : Questions sur l’hospitalisation

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Anonyme

    Salut,
    Déjà je suis désolée que tu traverses tout ça
    J’ai été hospitalisée pendant 1-2 semaines mais c’était pour TCA et ce n’était pas un hôpital « psychiatrie » j’étais en mauvaise santé à cause de la dénutrition donc j’était dans un hôpital pédiatrique « basique » qui avait l’habitude de ces cas et gérais à la fois le coté psychologique et physique donc je pense que ce sera pas un peu different mais je peux te décrire comment ça s’est passé pour moi.
    🔶Sur l’hospitalisation en général
    Je crois que c’est possible de demander à se faire hospitaliser mais il faut que tu le demandes à un médecin ou psy qui va évaluer si tu en as vraiment besoin (parce que si ils ont déjà pas assez de place en hôpitaux ils peuvent pas accepter n’importe qui, il faut que la personne en ai réellement besoin)
    C’est possible de se faire hospitaliser dès que ta vie est en danger, donc même si tu n’en a pas refait, si tu te sens mal au point de mettre ta vie en danger tu peux te faire hospitaliser.
    Je ne peux pas vraiment te répondre car je n’étais pas dans ce cas, mais leur travail est de t’écouter, et te protéger.
    Pour refuser/sortir rapidement ça dépend vraiment de ton cas. De base ça reste ton choix (enfin c’est les parents qui peuvent réellement refuser ou te faire sortir si tu es mineur) mais si ils estiment que ta vie est en danger, ils peuvent t’hospitaliser et te « garder » même si tes parents refusent je crois.
    Dans mon cas de TCA, oui certains ados restaient plusieurs mois, mais ça dépend totalement de toi, de comment tu te sens mentalement et tout. Moi j’avais super peur au début parce qu’on me parlait de super longtemps et deux semaines après j’étais sortie. Donc ça dépend à 100% de toi, c’est possible mais pas obligé.
    🔶Sur le quotidien à l’hôpital
    Il me semble qu’on dort toujours seul dans sa chambre, après ça dépend des hôpitaux, certains fonctionnent peut être différemment mais tu es censé(e) avoir ta propre chambre.
    Oui, tu peux totalement pleurer ou être renfermé(e) sans que ce soit mal vu ! C’est totalement ok de se sentir mal. Après il est possible que certains médecins te « poussent » à t’ouvrir un peu mais jamais méchamment, jamais dans le jugement, et jamais « brutalement ».
    Normalement oui, je n’ai jamais entendu parlé d’hôpitaux où tu ne peux pas avoir quelques affaires personnelles. Après encore une fois ça dépend des hôpitaux, de comment ils fonctionnent mais il n’y a pas de raison. Par contre ils peuvent être très « strict » dans le sens où si ils pensent qu’un objet peut être dangereux d’une quelconque manière il est refusé. Par exemple je n’avais pas le droit aux ceintures, câbles, et tout et si ton carnet a une spirale en métal (jsp si tu vois) ils peuvent le refuser au cas où
    Pour les cours honnêtement je n’en ai aucune idée, moi c’était pendant les vacances. Je peux pas t’aider la dessus desolé.
    Normalement ils ne te forcent pas, ils risquent par contre de t’inciter. Ça dépend de leur « méthode ». Mais si tu essaies de leur expliquer pourquoi, ils sont censés essayer de te comprendre, écouter et t’aider. Je sais que quand j’étais en TCA on ne m’a pas forcé une seule fois à manger ou discuter. Pour les activités on peut te demander d’être là je pense mais le but n’est pas de te brusquer normalement.
    Pour sortir je crois que ça dépend de l’hôpital. Moi je sais que j’avais le droit d’aller me promener dans un petit parc près de l’hôpital mais que si c’étais avec mes parents. Mais je pense que ce n’est pas pareil partout. Mais si tu expliques que tu as besoin de marcher je pense qu’ils comprennent, donc d’une manière ou d’une autre tu dois pouvoir mais sûrement en étant surveillé(e), et il doit y avoir des horaires.
    🔶Sur les relations avec l’extérieur
    Pour les relations à l’extérieur ça dépend de ton cas et de l’hôpital, moi je pouvais avoir des visites de « n’importe qui » à certaines heures de l’après-midi et mes parents pouvaient être là du matin au soir, mais d’autres ados avaient des horaires plus strictes pour les parents car c’était mieux pour eux. Mais encore une fois pour moi c’était super dur d’être éloignée de mes parents donc ils m’ont écouté et ils ont été plus « cool ».
    Je ne sais pas du tout si un autre adulte peut venir te rendre visite, moi je sais que ma grande soeur (qui est adulte) est venue me voir sans problème mais j’avais quand même un lien familial donc c’est peut être different. Et une autre fille de l’hôpital avait reçu la visite de son amie et la mère de son amie, il n’y avait pas eu de problème. Si il y a conflit avec les parents ils peuvent essayer de trouver une solution mais je sais pas trop si c’est ok légalement. Donc je ne peux pas vraiment te répondre là dessus non plus désolé.
    Pour changer de psy je ne sais pas si c’est possible, ils vont essayer de te faire te sentir à l’aise et libre de parler avec ton ou ta psy mais peut être qu’ils ne peuvent pas (si c’est un psy par étage par exemple).
    Pour les lettres et messages, déjà certains hôpitaux interdisent les téléphones (moi je n’avais pas le droit d’avoir le mien mais il y avait une sorte de tablette dans la chambre avec la météo, quelques jeux, ce qui passait à a télé…) et d’autres te le laisse une heure par jour par exemple (ou toute la journée mais je crois que c’est très rare). Moi je pouvais demander à appeler mes parents avec le téléphone de l’hôpital. Les lettres je ne sais pas, peut être en fonction des hôpitaux. Donc désolé cette réponse est un peu vague mais ça dépend vraiment de là où tu es
    🔶Sur le ressenti
    Alors honnêtement je n’ai pas très bien vécu le début de l’hospitalisation mais c’est surtout à cause de comment ça s’est passé: mes parents n’étaient pas au courant de comme ça se passait parce qu’on y allait surtout pour des soins physiques (c’était un hôpital pédiatrique « basique ») donc ils m’ont dit qu’ils ne me laisseraient pas seule là bas une seconde, que j’aurais mon téléphone, que ce n’était que pour quelques jours… Ils pensaient cela car c’est comme ça que ça marche en pédiatrie mais pas pédopsychiatre, légalement les parents ont le droit de dormir à l’hôpital pour rester avec leur enfant, etc.
    Donc quand on m’a annoncé que les parents ne pouvaient pas dormir là, que je n’avais pas. de portable, que je pouvais rester ici pour des mois j’ai fais plusieurs grosses crises d’angoisse, mais ce n’était pas du tout à cause de l’hôpital, juste le fait d’apprendre pleins de truc stressants d’un coup. Et les médecins ont été super gentils, ils m’aidaient pendants les crises d’angoisse et restaient super à l’écoute, ils m’ont dit que je pouvais les appeler n’importe quand si le stress remontait, ils m’ont rassuré et tout. Donc en résumé ça a été dur mais pas à cause de l’hospitalisation en elle-même, je n’étais juste pas préparée à tout ça.
    Je n’ai pas beaucoup parlé avec d’autres ados parce que je ne suis pas restée longtemps et j’étais plutôt isolée mais ça fait toujours du bien de voir que tu n’es pas seul(e) dans cette situation. Donc je ne peux pas vraiment répondre mais je pense que ça peut toujours aider.
    Oui, c’est totalement d’avoir peur de l’hospitalisation et d’en avoir besoin. Même si tu sais que c’est ce qu’il faut faire, ça fait toujours peur de s’éloigner de sa maison, de ce qu’on connait et tout. Moi l’hospitalisation m’a fait vraiment peur mais elle m’a sauvé la vie.
    J’ai été hospitalisée plutôt contre ma volonté (je n’étais pas trop pour de base et quand j’ai appris comment ça se passait je voulais juste rentrer chez moi) et ça m’a aidé dans le sens où j’ai eu un déclic, quand des médecins m’ont littéralement dit que ma vie était en danger j’ai eu peur et j’ai commencer à vouloir guérir, même si ça a pris longtemps, donc ce n’est pas dans le même sens mais techniquement ça m’a aidé. J’ai aussi pu progresser sur ma peur de l’éloignement de mes parents et de ma maison, je me suis rendue compte que tout allait bien même si j’étais loin d’eux. Donc bien sûr on est dans des cas différents mais malgré le fait que je ne voulais pas, l’hospitalisation m’a aidé.
    Perso je me suis sentie à la fois écoutée et surveillée, mais ça dépend beaucoup des hôpitaux. J’ai pu discuter avec des médecins qui comprenaient ce que je ressentais et essayaient de m’aider, mais surtout dans mon cas de TCA on surveillait mon poids, ce que je mangeais, mon coeur, ma dismorphophobie (isp comment on écrit ça 😅), etc. Donc on ressent les deux mais ça varie en fonction de la prise en charge.
    Voilà désolée pour ce roman 😭. J’espère que je t’ai un peu aidé, encore une fois c’est mon expérience, ça dépend de toi et de l’hôpital. N’hésite pas si tu as d’autres questions, et surtout n’oublie pas que même si c’est une hospitalisation « de force » le but des médecins est de t’aider, pas de te faire sentir en prison.
    Ps : c’est possible que mon message s’envoie plusieurs fois parce que mon téléphone bug, n’y faites pas attention.

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