Répondre à : Solitude face à mon problème.

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P.S

    Je suis pas chez mes parents mais au chômage. J’avais beaucoup d’espoir et de volonté dans ce monde : j’y ai mis du mien pour essayer d’y arriver — trois ans d’hôtellerie. Mais la vérité, c’est que je suis là et je n’ai aucune envie de servir des gens dans un vide quotidien, dans l’anarchie qu’est ce monde. Je me sens bien sur les jeux en ligne ou en solo ; là-bas j’arrive à réussir énormément. Ici, on ne me considère pas. Je n’ai pas les papiers requis et je n’ai pas eu les facilités pour aller les chercher non plus. Tout a toujours été dur et compliqué.

    Avec ma mère, c’est n’importe quoi ; avec mon père, ça va, mais il a son cancer maintenant. Enfin bref, j’ai beau aller bien si je ne bosse pas et que je joue aux jeux, le fait de devoir me lever tous les jours pour faire la même tâche de con me bloque littéralement dans la tête jusqu’à ce que je sois chez moi et que mon prochain jour de repos vienne. Je pense qu’actuellement, si je n’avais pas le chômage, je serais mort. Je vous le dis : je comprends pas comment, mentalement, les gens mettent leur personne de côté pour effectuer des tâches stupides qui ne nourrissent aucunement l’être, pour être payés misérablement et devoir mettre 38 h de boulot dedans pour enrichir des gens qui, pour la plupart, ne travaillent même pas.

    En bref : soit je fais de l’argent et je m’en sors autrement, soit je pars par la grande porte — je ne sais pas encore. J’ai eu des relations, mais le fait que je ne bouge plus au final, cette inaction, le fait que je sois dans ma bulle de bonheur personnel — même en ayant une rentrée financière — bah ça finit toujours par exploser. Je ne veux pas être un poids pour ce monde en étant au chômage, mais faut avouer : quand t’as pas de diplôme, pas de permis, t’es juste un bout de viande pour de l’exploitation… Si les choses étaient équilibrées, je ferais un mi-temps qui permettrait une meilleure marge de manœuvre pour le temps que l’on s’attribue. J’ai jamais demandé la lune, mais un appart minable dans ma région, c’est 50 % du SMIC et sans les charges. Bref, la vie est géniale : des gens détournent des fonds, gagnent des millions pour des postes inutiles à la société, pendant que ceux qui sont réellement utiles crèvent de faim. Je vois toutes les inégalités et c’est pas beau à voir. Sincèrement, on est tous divisés : c’est forcément la faute des chômeurs ou des ministres. On se dit « unité, fraternité », mais notre prochain, quand on le voit en voiture, on l’écrase…

    Je pense pas que ce soit non plus que ma dépression qui parle, mais clairement un ras-le-bol. On veut nous tordre jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien, puis on s’étonne que ce « plus rien » devienne méchant. Et pourtant, je n’ai pas cédé au mal ; la seule personne envers qui je serais mauvais, c’est moi-même.

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