frustration, presque jalousie

  • Ce sujet contient 2 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Quamari, le il y a 1 mois.
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  • #98657 Répondre
    kyukyubeam
    Participant

      salut. alors voilà, c’est dit dans le titre. pardon d’avance pour le mur de texte, j’en ai gros sur la patate.
      je vais commencer par un peu de contexte… pendant toute ma scolarité, mon écriture manuscrite n’a cessé de se dégrader. en gros, j’écris de plus en plus mal. déjà qu’au collège on me disait « mdr les hiéroglyphes » j’imagine pas ta tête quand tu verras mon écriture maintenant. (je vise pas les lecteurs.trices de ce post…) mais bref. malgré mes efforts, je m’appliquais lorsque je rendais des copies au lycée, j’étais conscient, un minimum. j’essayais du mieux que je pouvais, ok ? mais j’avais toujours des commentaires du style « soignez votre écriture » « faites des efforts dans la graphie » alors que je voulais juste rendre ma copie à temps et finie, oui. en fait, si je voulais écrire « super proprement » comme le souhaitaient les profs, il me faudrait un temps fou.
      le pire dans tout ça, c’est qu’à partir de la première, j’ai commencé à avoir mal lorsque j’écrivais. je me disais que c’était juste à cause du badminton, que ça allait passer après avoir fini le cycle, tout ça tout ça. mais c’est qu’après des mois quand le phénomène se reproduit c’est quand même étrange. j’en avais parlé à ma prof de SES, enfin j’avais mentionné que « si j’écrivais avec la main gauche de temps en temps, c’était normal, c’est quand j’avais mal à la main droite » (détail insignifiant mais je suis ambidextre. ça m’empêche pas d’être emmerdé si mes deux mains me font mal…).
      et là, le déclic, elle vient me parler à la fin du cours pour me dire que j’étais peut-être dysgraphique. le soir même, je fais des recherches et je commence à me dire, « hé mais ça ressemble vachement à mon expérience, ça ». il fallait que j’en parle à mes parents mais je n’ai jamais eu l’occasion de le faire. un autre jour, j’ai voulu lui faire part du fait que je n’avais encore rien dit à mes parents… mais j’ai fondu en larmes. voilà. quand j’ai cherché des informations sur la dysgraphie j’avais que des résultats genre « ça se diagnostique tôt » « ça se remarque chez l’enfant » je me suis dit merde. mes parents s’en foutent, ils ont juste jamais fait attention et maintenant je me retrouve dans la douleur, autant physique que psychologique.
      j’envie celles et ceux qui ont été diagnostiqué.es, celles et ceux dont les parents ont fait attention un minimum pour les emmener chez le médecin. j’envie tous ces gens qui eux, ont du temps en plus pour écrire, pour réfléchir. qui peuvent écrire sur un ordinateur pendant les examens. tout ça parce qu’un papier leur a donné l’autorisation. ça fout les boules, quoi… et puis ça vaut pour n’importe quelle maladie.
      on m’emmène jamais chez le médecin, quasiment. la dernière fois que j’ai eu une otite, j’ai dû batailler pendant une semaine entière pour qu’on m’y emmène. vous trouvez ça normal, vous ? et encore, des années que je demande à ce qu’on me fasse faire une analyse des poumons ou du coeur. j’ai l’impression qu’on me cache des choses sur ma santé et mon corps et j’aime pas du tout ça.
      j’ai passé ma scolarité à presque me faire engueuler par les profs d’EPS parce que je faisais pas d’efforts pour courir, alors que j’y arrive juste pas. (ex. au bout d’à peine 500m je sais plus respirer, sifflement de la gorge (?), toux, mal dans la cage thoracique, larmes qui montent, bref un joli spectacle…) en fait, c’était à un tel point que mon prof en terminale, durant le cycle de course de durée, m’a forcé à le faire en marche rapide. oui, forcé, je m’y opposais parce que justement sur le papier je n’ai aucune maladie ou autre qui justifierait de « pas faire comme les autres ». mais finalement c’était mieux comme ça… récemment j’ai couru sous la pluie pour m’abriter (j’avais pas de parapluie, ma faute) mais j’aurais pas dû, j’avais clairement la gerbe après ça.
      mais voilà, ça me fout franchement les boules. j’ai l’impression que ma mère nie tout ce qui n’irait potentiellement pas chez moi, quand je décris les phénomènes mentionnés plus haut après avoir couru, que je lui demande « t’es sûre qu’il y a pas un problème avec mes poumons ? » elle se contente simplement de me dire que je suis juste pas sportif. elle nie même ma phobie (peur de la hauteur), en me disant « non t’as juste le vertige » (j’ai des problèmes d’oreille interne, donc oui j’ai des vertiges mais j’ai aussi une vraie peur. ça m’énerve qu’elle en ait rien à cirer.) et j’ai juste envie de lui répondre est-ce que j’ai besoin de me chier dessus pour que tu me croies ?
      c’est tout ce que j’avais à dire pour le moment. merci aux personnes ayant pris le temps de lire tout ça, je sais que ça fait beaucoup.

      #98758 Répondre
      Un.anonyme.repondant
      Participant

        Salut,
        Franchement, c’est totalement normal que tu en aies gros sur la patate. Ce que tu décris, ce n’est pas « juste » de la flemme ou un manque de sport, c’est de la vraie souffrance, et c’est hyper frustrant de se sentir nié par ses propres parents, surtout quand on parle de santé ou de douleurs physiques.

        Pour ton écriture et la piste de la dysgraphie, ta prof de SES a eu un super réflexe. Et ne te fie pas aux articles qui disent que « ça se voit quand on est petit ». Plein de gens traversent toute leur scolarité en compensant comme ils peuvent, jusqu’au jour où la charge de travail (comme au lycée) devient trop lourde et que le corps lâche (les crampes, les douleurs aux deux mains…). Sache qu’il n’est jamais trop tard pour consulter un psychomoticien ou un ergothérapeute et poser un diagnostic. Même après le lycée, pour les études sup ou le boulot, des aménagements existent.

        Pour tes crises après avoir couru (le sifflement, la toux, la barre au thorax), ça ressemble quand même énormément à de l’asthme d’effort. Là aussi, dire « tu n’es pas sportif », c’est passer à côté d’un vrai problème médical qui se soigne très bien avec un simple inhalateur.

        Comme c’est difficile d’en discuter avec ta mère et qu’elle a tendance à minimiser ce que tu ressens (parfois les parents font ça sans s’en rendre compte, par maladresse ou parce que ça leur fait peur), il va falloir que tu trouves d’autres solutions. Tu as tout à fait le droit de voir un médecin généraliste, même sans elle. Si tu es mineur, tu peux demander à ton autre parent, à un membre de ta famille en qui tu as confiance, ou même aller directement à la Maison des Adolescents (MDA) de ton coin. C’est gratuit, anonyme, et ils ont des professionnels habitués à capter ce genre de situation.

        Tu as le droit d’être cru, d’être soigné et de comprendre ton corps. Ne lâche pas l’affaire, prends soin de toi et va chercher des alliés (médecins, infirmière scolaire à la rentrée, etc.) qui sauront t’écouter. Bon courage à toi !

        #98799 Répondre
        Quamari
        Participant

          Salut,
          Je comprends totalement ce que tu dit c’est pareil avec mes parents j’ai vraiment besoin d’aller voir une psy pour faire un diagnostic pour le TDAH mais pour eux c’est juste dans ma tête y’a rien alors que les symptômes sont clairement présent. Pour ton exemple avec l’EPS il m’est arriver il y a à peine 3 semaines la même chose en athlétisme j’ai du mendier pendant 2 mois un rendez vous j’ai le médecin parce que ils ne me croyaient pas au final on est partie au urgences et j’avais raison il y avait bien quelques chose. Je me reconnais énormément dans tes propos.
          Bon courage.

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