Recherche de témoignages : expliquez-moi l’autisme
- Ce sujet contient 8 réponses, 5 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
WorriedBear, le il y a 6 jours et 7 heures.
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Anonyme
Bonjour tout le monde,
Je cherche à en savoir plus sur l’autisme, je me dis que des témoignages directs de personnes concernées ça serait super enrichissant dans cette démarche, alors si en plus vous êtes d’accord pour répondre à mes question ce serait génial :)
Bonne fin de journée
ajeaParticipantMoi je veux bien
Anonyme
Oh merci ajea
Peux-tu me dire comment tu le vie toi ?
Et quelles sont les difficulté que tu rencontres dans un monde à majorité de personne non-autiste ?
Enfin, quelles sont les idées reçues sur l’autisme que tu aimerais rectifier dans l’esprit des gens connaissant mal la question ?
ajeaParticipantDe rien si je peux t’être utile.
Je vais essayer d’y répondre le plus clairement possible.Je le vis assez bien. Je dis ça mais c’est peut être pas si vrai. En ce moment ça va pas trop et c’est peut être du à l’autisme. De savoir que j’ai de l’autisme permet de un peu mieux se comprendre mais ça ne me change pas, je reste la même personne. C’est pas toujours facile et c’est épuisant de ne pas être comme tout le monde. C’est parfois compliqué surtout que beaucoup de gens ont peur et sont ignorants donc ne nous comprennent pas. Ça arrive que des gens me dévisage sans doute car je fais quelques choses qu’il aurait pas fallu faire.
J’ai du mal à communiquer avec les autres personnes. Pendant une conversation je sais pas comment je dois réagir, dire ce qui est très stressant et ça fait que parfois j’ai des comportements bizarre pour les autres. Comme je dois beaucoup me concentrer pour bien prendre la parole et préparer ce que je vais dire, à quelle moment et si c’est correct que très souvent j’invente des mots ou je fais des phrases qui n’ont aucun sens ou complément hors sujet.
J’ai du mal à savoir ce qu’on attend de moi si on me le dit pas clairement.
Je suis souvent dans la lune et parfois ça fait que je me retrouve seule.
Les centres d’intérêts majoritaire des personnes de mon âge ne m’intéresse pas du tout du coup j’ai encore plus de mal à m’intégrer.
Je n’arrive pas à savoir ce que ressens la personne d’en face et je ne réagit donc pas de la bonne façon (une fois, en voulant aider quelqu’un qui pleurait, j’ai dis quelque chose qui l’a encore fait plus pleurer). Quand il y a trop de bruit, d’agitation, d’odeur, de lumière, trop de monde c’est très dur de se concentrer (encore plus que d’ordinaire) et ça m’arrive de faire une saturation de tout ça qu’ensuite je fais de grosses crises. Je vais hurler, me faire mal, faire mal au autres, aux objets pendant plus d’une heure sans pouvoir m’arrêter. D’après ceux qui ont déjà vu et vécu c’est très impressionnant. C’est dur donc de toujours être entouré.
J’ai besoin très souvent d’être seule sauf que c’est difficile de s’exclure car les autres croient que je veux pas d’eux.
Quand on attend des choses de moi très souvent j’oublie involontairement et ça énerve les gens. Toutes les consignes ou questions complexes me demande beaucoup de concentration et de temps pour comprendre tout et d’être sur d’avoir compris. L’imagination est aussi difficile. Tout ce qui est du second degré je ne le comprend pas vraiment. En gros tout ce qui se rapporte à la communication et à la société c’est difficile et ça rend les journées épuisante.Beaucoup de gens pensent que c’est une maladie ce qui est totalement faux. L’autisme est souvent utilisé comme une insulte pour dire à quelqu’un ou à soi même qu’il est « bête » alors que personne n’est bête et pas plus les autistes que d’autres personnes. Par exemple moi je suis une des premier de la classe et du coup quand j’ai dit que j’étais autiste à une peut être amie (je sais pas vraiment ce qu’est un.e ami.e) elle ne m’a pas cru au début. Ou encore le proviseur du lycée à dit qu’il y avait aucun problème puisque j’avais de bon résultats alors que des bons résultats ne veut pas dire que tout va bien. Y en a qui ont peur de la différence. Il y a une personne à qui je l’ai dit on s’entendait bien et depuis que je lui ai dit elle veut plus me parler et même elle m’évite. C’est un handicap invisible et qui est pas vraiment pris en compte et qui est très méconnu avec beaucoup de préjugés.
Après là c’est moi et c’est mon point de vue mais chaque personne autiste est différente et le vit pas de la même façon.
Bon voilà à peu près. J’espère que j’ai écris dans un langage français. Je ne sais pas si j’ai été claire, j’ai essayé de m’appliquer (j’ai pris 45 minutes pour écrire tout ça). Si tu as d’autres questions, que tu n’as pas compris ou que autres choses n’hésite pas, j’y répondrai avec grand plaisir
Anonyme
Merci infiniment d’avoir pris beaucoup de ton temps pour me partager ton témoignage :)
L’utilité de ce dernier dans ma démarche de réduction de mon ignorance sur le sujet est certaine !
Merci encore ajea
ajeaParticipantDe rien ! N’hésite surtout pas si tu as d’autres questions
Sarah*******ParticipantIl existe plusieurs types d’autisme : non verbal, verbal… Si tu veux je peux t’en dire plus.
leonie56ParticipantBonjour à tous,
Je peux vous parler de ma situation si vous voulez :
J’ai été diagnostiquée avec un syndrome d’Asperger à l’âge de sept ans. À la même période, j’ai également sauté deux classes. Pendant longtemps, je ne comprenais pas vraiment ce que signifiait ce diagnostic. Je savais simplement que je me sentais souvent différente des autres et que certaines choses qui semblaient naturelles pour beaucoup de personnes me demandaient davantage d’efforts.
L’une des difficultés les plus importantes pour moi a toujours été la compréhension des relations sociales. Pendant longtemps, j’ai eu du mal à savoir ce qu’il fallait dire ou faire dans certaines situations. Comprendre les sous-entendus, l’ironie, le second degré, les non-dits ou certaines règles sociales implicites n’a jamais été quelque chose d’évident. Il m’est arrivé de prendre certaines remarques au premier degré alors qu’elles étaient humoristiques ou ironiques, ce qui peut parfois créer des malentendus. Cela ne signifie pas que je ne m’intéresse pas aux autres ou que je ne ressens pas d’émotions. Au contraire, je peux être très attachée aux personnes qui comptent pour moi, mais il m’est parfois plus difficile de comprendre spontanément ce qu’elles pensent ou attendent.
Je suis également très sensible à certains stimuli. Des bruits que d’autres remarquent à peine peuvent parfois être très fatigants pour moi. Une salle de classe bruyante, plusieurs conversations en même temps ou un environnement agité peuvent rapidement devenir épuisants. Les changements imprévus ou les situations nouvelles peuvent aussi être source de stress, car j’ai souvent besoin de savoir à quoi m’attendre.
Comme beaucoup de personnes Asperger, j’ai tendance à m’investir profondément dans les sujets qui me passionnent. Lorsque quelque chose m’intéresse, je peux y consacrer énormément de temps, chercher à tout comprendre et accumuler beaucoup de connaissances sur le sujet. Cette capacité de concentration peut être une force, mais elle peut aussi me faire oublier ce qui se passe autour de moi.
Je remarque aussi souvent des détails que d’autres ne voient pas. Par exemple, je peux repérer une petite erreur dans un texte, un changement minime dans une routine ou un élément inhabituel dans une pièce alors que personne d’autre ne semble l’avoir remarqué. À l’inverse, il peut m’arriver de passer à côté de l’idée générale parce que mon attention s’est fixée sur un détail particulier.
Certaines habitudes ou routines me rassurent également. Lorsque quelque chose change au dernier moment, même si cela paraît anodin aux autres, cela peut me demander un véritable effort d’adaptation.
J’ai aussi tendance à prendre les paroles des autres très littéralement. Une expression imagée, une plaisanterie, du second degré ou de l’ironie peuvent parfois me laisser perplexe pendant quelques secondes avant que je comprenne ce qui était réellement voulu.
Tous ces éléments peuvent sembler anodins lorsqu’on les lit séparément, mais accumulés au quotidien, ils représentent un véritable défi. De nombreuses situations demandent des efforts d’adaptation constants : comprendre les codes sociaux, gérer les imprévus, supporter certains environnements bruyants, interpréter correctement ce que les autres veulent dire ou encore éviter les malentendus. Ce sont souvent des difficultés invisibles, mais elles peuvent être très fatigantes et parfois donner le sentiment d’être en décalage avec les autres.
Le fait d’avoir sauté deux classes a ajouté une difficulté supplémentaire. Sur le plan scolaire, cela correspondait à mes capacités, mais sur le plan humain, je me suis souvent sentie en décalage. Pendant six années, j’ai subi du harcèlement scolaire. Être différente, avoir des réactions inhabituelles ou ne pas toujours comprendre les codes sociaux a parfois fait de moi une cible. Cette période a été extrêmement douloureuse et a eu des conséquences durables sur ma confiance en moi.
Pendant longtemps, j’ai cru que je devais absolument devenir comme les autres pour être acceptée. Avec le temps, j’ai compris que ce n’était pas la bonne solution. J’ai commencé à mieux connaître mon fonctionnement, à identifier mes besoins, mes forces et mes difficultés. J’ai également eu la chance de rencontrer des personnes qui ont pris le temps de me comprendre au lieu de me juger.
Aujourd’hui, tout n’est pas parfait. Certaines situations restent compliquées et il m’arrive encore de me sentir différente. Mais je vais beaucoup mieux qu’avant. J’ai appris que l’autisme Asperger n’est ni une maladie à guérir ni une faiblesse. C’est une façon différente de percevoir et de comprendre le monde.
Si je devais transmettre un message aux personnes qui viennent d’être diagnostiquées ou qui se sentent seules à cause de leur différence, ce serait celui-ci : ne laissez personne vous faire croire que votre valeur dépend de votre capacité à ressembler aux autres. Le chemin peut être difficile, surtout lorsque l’on rencontre l’incompréhension ou le harcèlement, mais il est possible de trouver sa place, de construire des amitiés sincères et d’être heureux. Être Asperger peut apporter des défis, mais cela peut aussi être une source de richesse, de sensibilité et de force.
J’espère que ce témoignage permettra à certaines personnes de mieux comprendre ce que peut être la vie d’une jeune fille Asperger. Chaque personne autiste est différente, mais derrière les diagnostics et les étiquettes se trouve avant tout une personne, avec ses rêves, ses qualités, ses difficultés et son histoire.
WorriedBearParticipantBonjour leonie56,
Merci pour ce témoignage enrichissant humainement
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