Dépression clinique, douleurs chroniques et suicide.

  • Ce sujet contient 2 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Gwénaëlle, le il y a 4 mois et 2 semaines.
3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
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  • #38654 Répondre
    Raphaël

      Si vous avez une quelconque sensibilité pour ce genre de sujet, concernant la santé mentale et d’autres problèmes qui en découlent, ne lisez pas ce topic ou ces messages.

      Si vous comptez jouer les héros sans connaître le contexte des choix effectués, passez votre chemin. Pas tout le monde souhaite mourir sur un coup de tête ou pour des raisons l’on pourrait penser illégitimes (et oui, je penses que certains d’entre vous veulent mourir et crient au suicide pour des problèmes plus que superficiels).

      Now that’s out of the way, voici mon message.


      Je survis à peine depuis plusieurs années, et aussi loin que je me souvienne, la vie ne m’a jamais vraiment sourit comme je l’aurais aimé. Je suis en dépression depuis probablement ma naissance. Pour le très peu de souvenirs qui me restent (amnésies liés aux traumatismes), j’ai des signes de dépressions plantés depuis que j’ai environ 4 ans.

      Aujourd’hui, je suis un adulte. J’ai passé miraculeusement la vingtaine il y a quelques années. Je suis à la rue, pauvre, et survis dans une urgence qui ne devrait pas exister pour des jeunes de mon âge. Je suis trop jeune pour avoir droits à de vraies aides, mais trop vieux pour me faire tenir la main par les services sociaux. Pendant des années, je ne sais pas comment j’ai fait pour survivre seul ainsi. Je n’en ai pas grand souvenirs, de toute manière.

      Pour tout ceux et celles qui me diraient d’aller trouver un travail, premièrement qu’ils gardent leur commentaires pour eux, et deuxièmement si c’était aussi simple, il n’y aurait pas autant de gens à la rue et sans abris dans le monde.

      Maintenant, outre cette dépression, j’ai bien évidemment l’entièreté du starter pack « Troubles Mentaux XXL », et ainsi donc la liste presque entière des maladies et troubles associés à cette première (principe de comorbidité). En plus des problèmes neuros et psy que je me tape, mon corps lui aussi fonctionne comme une vieille machine peu huilée et rouillée. Tout me fait mal, autant mentalement que physiquement. Plus j’y penses et plus je me dis qu’un cerveau et un corps aussi défectueux n’a pu survivre qu’à la chance, même si ce n’est pas vrai. Contrairement à beaucoup, je ne me suis jamais dénigré. Je connais mes points forts, mes faiblesses et sait voir les faits comme ils sont : des faits. Mais mes envies d’en finir avec cette vie n’en sont pas amoindries : au contraire. J’ai aucun problème de confiance en moi, et mon narcissisme ressort encore beaucoup même quand je suis au plus bas. Et être un suicidaire lucide, vous le savez, c’est probablement la pire chose qui vousbpourriez espérer.

      Je ne suis simplement pas fait pour ce monde. Pour ne citer qu’un problème récent, ce système est totalement mal foutu. Un système où les personnes qui sont réellement dans le besoin sont plus qu’ignorés ou jamais pris au sérieux avant que ce ne soit trop tard, tandis que ceux qui sont les plus riches et prospères sont probablement aussi des vieux cons qui ont eux-même légués leurs conneries à leurs « bouffons de gosse » qui n’auront jamais à travailler une seconde de leur vie.

      Je m’égare un peu, mais je penses que c’est ma manière à moi de vider un peu mon sac. Je ne parle de ce genre de sentiments à personne, vu que personne ne peut réellement m’aider. Qu’est-ce que vous voulez faire ? Me parler ? Ça ne changera pas ma pensée. Peut-être que si j’avais un peu d’argent et que je n’avais pas autant besoin de me tuer à la tâche pour espérer manger tout les jours, je ne penserais pas à partir. Sans me jeter des fleurs, je suis intelligent. Vraiment intelligent, et beaucoup trop conscient. Je sais tout ce qui ne va pas chez moi, et on m’a prouvé maintes et maintes fois que je ne pouvais vraiment évoluer avec un cerveau aussi grillé que le miens. Après tout, suffit de voir la population des 115 pour comprendre comment fonctionne la société. Le clou qui dépasse se fait taper dessus, after all. La panoplie de professionnels divers et variés que j’ai pu rencontrer n’ont jamais eu d’utilité. Le peu de gens compétents que j’ai pu croiser, je n’ai pas pu bénéficier de leurs aides, car nos chemins se séparaient toujours à la fin. La plupart ne savaient pas faire leur travail, et pour ce qui est de contacter les mieux diplomés… rappelez-vous que je n’ai aucun revenu. Je survis au culot.

      Ça fait maintenant des années que je me tate. Et en ce qui concerne ces derniers mois, je penses bien que c’était la période où mon evie suicidaire était la plus puissante. J’ai pesé le pour et le contre, et finalement je viens me livrer dans un forum qui vient d’apparaître dans mon esprit à 4h du matin pour dire mes adieux. Ou, à l’occurrence, me plaindre un peu avant de partir.

      Je peux prononcer avec certitude que je n’ai probablement une semaine ou deux à vivre, je ne supporterais sans doute pas plus. Mais au moins, j’ai pu partager ne serait-ce qu’un peu de ma situation avec quelqu’un. Si jamais il y en a entre vous qui me demandent pourquoi, je vous dirais que c’est comme ça. Je souffre physiquement et mentalement depuis des années, et je n’ai plus la force d’espérer ou de me battre. Je n’ai jamais eu envie de me battre pour survivre, et je rends enfin les armes. Contrairement à ce qu’on pourrait le croire, je disparaîtrait sans réel malheur, sans plus aucun problème, enfin libre de mes poids. Délivré de cette vie, si vous le voulez. Pour celles et ceux qui resteront derrière : vous ne serez plus d’aucun soucis pour moi. Après tout, les morts n’ont pas de remords.

      Bonne soirée à vous,
      Raphaël.

      #39338 Répondre
      teardrop

        Bonsoir, désolée j’arrive un peu tard. Je comprends ce que tu veux dire, tu sembles très pessimiste vis à vis de la société?? Je ne peux pas connaître un dixième de ce que tu vis et j’en suis désolée, mais si tu as écrit ici c’est que tu as encore une minuscule volonté de t en sortir?
        Il est vrai que l’argent fait réellement une partie du bonheur contrairement à ce qu’on dit. Mais est ce que tu crois que si tu avais de l’argent là d’un coup, ça t’aiderait face à tes souffrances? Tu dis que les personnes qui étaient en mesure de t aider ont pris une route différente, mais pourquoi? Est ce que c’est toi qui les as laché? En effet c’est une situation très difficile, la rue, parce que la plupart des personnes qui y sont ont eu des problèmes antérieurs qui les ont ravagés, cassés, et pour remonter la pente cest très difficile. Mais si tu rencontres les bonnes personnes et que tu ne les lâches pas, eux seuls pourront te tirer de là. Le système ne fera rien certes.. mais si tu trouves une raison de vivre, une personne rencontrée pour laquelle tu éprouves quelque chose, un endroit ou t’installer par la suite, des fois ça tient à pas grand chose.. pourvu que ça arrive. Ne perds jamais espoir, rien n’est de ta faute ça va de paire
        Si tu es intelligent, sers en toi, ya des cons qui réussissent très bien, alors pourquoi pas toi?? Tu as beaucoup d’à prioris sur ce quon peut penser de ta situation mais sache que ya des personnes qui sont parties de rien, de la rue, et qui ont fini avec un logement, sur des plateaux télés, etc.. il me semble que j’avais vu une interview de corine masiero sur ce theme.
        J’espère que tu es encore en vie, mon aide est sûrement inutile mais fallait que je te réponde. Voilà . j’attends des nouvelles ..

        #48820 Répondre
        Gwénaëlle

          Raphaël,

          Je m’appelle Gwénaëlle, et ton texte résume assez bien mon sentiments, même les psy me disent que je n’ai pas besoin d’eux ironique quand on sait combien j’ai envie de me jeter par cette fenêtre, mais ils ont raison sur un point j’ai conscience des choses me les répéter n’aidera pas. Je n’avais jamais pensé à ce terme, suicidaire conscient, mais c’est finalement ça,. Je Je suis malade en prime, j’ai 4 maladies différente dont une qui me fait souffrir à en mourir, les médecins ne peuvent rien pour moi à part me donner de la morphine et de l’opium comme si c’était des bonbons. J’ai beau demandé de l’aide personne ne m’entends ou alors on me dit que j’en ai pas besoin. J’ai beau me battre, je tape dans le vide, inutilement, ne sachant même plus contre quoi, à part le vide. Je hurles, pleurer, appel à l’aide, pour ne pas retomber dans mes travers c’est comme si c’était vain. Entre la souffrance physique que je ressens tout les jours depuis 7 ans et le vide en moi qui n’a jamais cessé d’être avec moi depuis mon enfance… Je suis lasse, fatiguée, épuisée je veux juste m’endormir et ne jamais plu me réveiller, je veux mourir, je veux que tout ça est une fin. Cette vie n’est pas pour moi, elle ne l’a jamais été. Je n’ai jamais eu ma place, et je ne l’ai pas. Je ne suis pas faite pour ce monde, ces règles, je n’ai ni rêve, ni passion, ni objectif, ni envie. Je suis vide, t’elle une poupée abîmée par la vie dont on se demande comment elle peut encore bouger… J’ai tout fais pour ne pas me laisser aller dans les travers suicidaire, mais finalement je n’ai eu que pour réponse « on ne peut rien pour vous », alors dans ces conditions, ne puis-je pas tout simplement mourir ?

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