Etre suivie pour des TCA mais ne pas se sentir légitime
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Anonyme, le il y a 2 semaines et 3 jours.
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lou Bonjour,
Je m’excuse si je m’exprime mal, c’est la première fois que je parle de ça et je ne sais pas trop comment expliquer.
Je ne sais pas vraiment comment j’en suis arrivée là. Au début, ce n’était pas forcément volontaire ou réfléchi, mais petit à petit ça a pris de plus en plus de place dans ma vie. Aujourd’hui, je suis en sous-poids, dénutrie, anémiée et carencée. J’ai souvent froid, je me sens fatiguée, et mon corps ne suit plus vraiment. Pourtant, malgré tout ça, dans ma tête, je me vois toujours aussi grosse qu’avant, même après avoir perdu plus de 15 kg.
Je suis suivie dans un HTP spécialisé dans les TCA, mais je ne me sens pas à ma place. J’ai l’impression de ne pas être légitime d’être là, comme si je prenais la place de quelqu’un qui en aurait “plus besoin”. Je ne me sens pas vraiment malade, ou du moins pas assez pour devoir recommencer à manger “normalement”. Parfois, même quand on m’explique les risques ou que je vois que mon corps ne va pas bien, ça ne me fait pas réagir comme ça devrait.
Ma grande sœur a été anorexique aussi, et je me compare constamment à elle. Je me dis que je ne suis pas malade parce que je ne suis pas aussi maigre qu’elle, que ce que je vis est “moins grave”. Le fait d’être suivie dans le même centre qu’elle amène beaucoup de comparaisons de la part des médecins, même si ce n’est pas toujours volontaire. Ça me fait encore plus douter de moi et de ma situation.
Au lycée, c’est pareil. Les profs, la CPE ou l’infirmière me font souvent des remarques comme : “si tu continues comme ça tu vas finir comme ta sœur” ou “ta sœur était plus motivée que toi”. Ce genre de phrases me fait mal, me met mal à l’aise, et me donne encore plus envie de me refermer. J’ai l’impression d’être constamment comparée, jugée, et pas réellement comprise.
Dans ma tête, c’est compliqué. Il y a une partie de moi qui voit bien que quelque chose ne va pas, que mon corps souffre, que ce n’est pas normal d’en arriver là. Mais il y a une autre partie qui minimise tout, qui me dit que ce n’est pas si grave, que je peux continuer comme ça, voire que je devrais continuer. Parfois, j’ai même peur de “aller mieux”, comme si reprendre une alimentation normale voulait dire perdre quelque chose ou ne plus avoir de contrôle.
Je me sens souvent perdue entre ce que je ressens, ce que je pense, et ce que les autres voient. J’ai du mal à mettre des mots sur tout ça, et encore plus à l’expliquer à des gens autour de moi.
Je ne sais pas vraiment ce que j’attends en écrivant ce message. Peut-être juste être comprise, sans être comparée à ma sœur, sans qu’on minimise ce que je vis, mais aussi sans qu’on me force à rentrer dans une case. Peut-être aussi savoir si d’autres personnes ressentent la même chose que moi, ce décalage entre le corps et la tête.
Merci à ceux qui prendront le temps de lire
Anonyme Bonjour lou,
Ton message m’a fait penser à une phrase, une sorte de dicton : comparaison n’est pas raison.
Les comparaisons de ta situation avec celle de ta sœur te font souffrir et ne te permettent pas de te sentir légitime dans ce suivis pour TCA, mais c’est peut-être une erreur de faire le rapprochement : chaque cas, chaque personne, est unique.
Je ne te met pas dans une case, si tu veux en parler d’avantage je peux te lire et te répondre ici.
Courage
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