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Publié le , Modifié le 17 janvier 2014

De l’infirmité au handicap

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handicapL’utilisation du terme «  handicap » pour les personnes est récente. Elle date du XXè siècle. Auparavant on parle d’infirmité. La présence dans la société de personnes au corps infirme existe depuis toujours. Comment a évolué au cours de l’Histoire le regard que l’on porte sur ce corps?

Un corps monstrueux

Le corps infirme peut entraîner peurs et fantasmes. Il est souvent vu comme un corps repoussant, misérable, monstrueux. De la Grèce antique à la Renaissance, on se demande quelle en est sa signification.

Dans la Grèce Antique

L’infirmité est vue comme un maléfice. Un nouveau-né difforme est un signe de la colère des dieux adressé à des humains qui auraient commis une faute. Le nouveau-né mal formé doit être renvoyé à ses expéditeurs pour montrer que le message est reçu. Les enfants difformes sont alors « exposés », c’est-à-dire qu’ils sont laissés à l’abandon, en pleine nature, afin que les dieux reprennent leur vie.

Au Moyen-âge

Les personnes difformes, tout comme les pauvres et les voleurs font partie de la catégorie des indigents, ceux qui n’ont rien. On en a peur car ils représentent un risque pour la sûreté ; ils peuvent attaquer à tout moment les citoyens qui ont ce qu’il faut pour vivre. On redoute aussi qu’ils soient contagieux. Cependant, nains, bossus et fous jouent le rôle de « bouffon ». Ils peuvent dire ce que personne d’autre ne peut dire, notamment aux puissants.

Les siècles modernes

Durant l’époque moderne, on organise la société en catégories : il y a la raison et la déraison, l’ordre et le désordre, le normal et le pathologique, le travailleur et l’inapte. L’infirmité constitue une menace pour l’ordre établi. Les criminels, les mendiants, les fous et les « mal-formés » sont alors enfermés dans des espaces établis pour eux.

Avec le siècle des Lumières, on s’intéresse à la question de l’éducation. Le célèbre philosophe Diderot écrit sa Lettre sur les aveugles à l’intention de ceux qui voient (1749) dans laquelle il montre que tous les esprits se valent si on les éduque. Ce qui va à l’encontre des préjugés sur une soi-disant nature inférieure des infirmes. Ainsi Valentin Haüy prend en charge l’apprentissage des aveugles, l’Abbé de l’Epée l’éducation des sourds. Philippe Pinel perçoit les fous comme désormais curables.

Les infirmes commencent à sortir d’une image laide et effrayante.
Si la société veut redonner une normalité en faisant disparaître les apparences choquantes du corps infirme, on continue cependant à le mettre à l’écart. Il y a peu d’institutions d’éducation. Les infirmes sont bien souvent dans leur famille où ils sont plus ou moins bien traités, dans les hospices ou hôpitaux mêlés aux vieillards et aux insensés ou bien dans la rue où ils mendient.

Le XIX siècle est partagé entre cette nouvelle vision éducative et une vision encore « monstrueuse ». En effet à cette époque, on expose des corps difformes dans les foires et fêtes foraines.

Le corps blessé

A la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, le regard que l’on porte sur l’infirmité change. On prend conscience que le corps peut être accidenté par le travail (lié à l’industrialisation) et par la guerre (14-18), donc par la société. Le corps infirme n’est plus le résultat d’une faute, d’une volonté divine mais il devient abîmé, blessé par les mécanismes de la société.

Il y a alors une solidarité collective qui s’installe. Des associations se créent avec la volonté d’agir pour que les infirmes retrouvent une place sociale, une indépendance économique, aient accès à une formation, une rééducation, un métier. Cela participe à l’évolution des mentalités.

Les répulsions ne cessent cependant pas (extermination des déficients intellectuels et psychiques par le régime nazi).

De l’infirmité au handicap

Le mot handicap (hand in cap= la main dans le chapeau) est emprunté au domaine sportif et plus spécialement à celui des courses de chevaux.  En 1980, le britannique Philip Wood définit le handicap comme un désavantage dont est victime un individu pour accomplir un rôle social normal du fait de sa déficience (lésion temporaire ou définitive) ou de son incapacité (réduction partielle ou totale des capacités pour accomplir une activité).

Sources

Stiker H.-J., Corps infirmes et sociétés. Dunod, 2005
Grim O., Herrou C ., Korff-Sausse S., Stiker H-J., Quelques figures cachées de la monstruosité. Editions du CTNERHI, 2001

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