Petite leçon de psychiatrie

La schizophrénie

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actualite_mois« Dans ma classe, il y a un garçon qui est complètement schizo : il parle tout seul à longueur de temps ! ». Des camarades de classe un peu étranges, excentriques, on en a tous eus. On s’amuse à les traiter de « schizo », mot valise permettant de dire que quelqu’un est fou, bizarre, inadapté, impulsif…
Dans le langage courant ce mot ne porte pas à conséquence, mais en psychiatrie il a une toute autre signification et représente une maladie mentale grave bien que rare (elle touche environ 1% de la population). Ce qui ne l’empêche pas d’alimenter les fantasmes des uns et des autres, tant elle suscite de la peur et du rejet.

Définition et description

La schizophrénie est une psychose, c’est-à-dire une maladie psychiatrique où le sujet perd contact avec la réalité et n’a pas conscience de son état. La souffrance du schizophrène vient du fait qu’il se sent « en morceaux », comme si son esprit, sa personnalité, son corps étaient éclatés, morcelés, sans limites. C’est ce qu’on appelle la dissociation. Le terme « schizophrénie » vient d’ailleurs du grec skhizein = fendre et phrên = esprit (esprit fendu). Sa particularité est de démarrer le plus souvent au moment de l‘adolescence mais sous des formes très variées (aiguës, progressives ou insidieuses) et difficilement identifiables. L’angoisse, trait commun à toutes ces formes, est diffuse et envahissante.

Symptômes et diagnostic

La schizophrénie se caractérise par 3 types de syndromes (ensemble de symptômes) :
– Le syndrome dissociatif (pensée, comportement et discours désorganisés, par exemple passer du coq à l’âne sans s’en rendre compte)
– Le syndrome délirant (idées délirantes, hallucinations, par exemple entendre des voix)
– Le syndrome autistique (isolement affectif, perte de la communication verbale…par exemple une diminution des réactions émotionnelles)

Pour que le psychiatre (et personne d’autre !) puisse poser le diagnostic de schizophrénie, il faut, entre autres, que ces symptômes persistent pendant plusieurs mois de façon plus ou moins intensive et « active », qu’ils aient des conséquences sur la vie au travail, sur les relations sociales ou vis-à-vis de soi-même (négligence des soins personnels par exemple) et qu’ils soient accompagnés de bizarreries de comportements et de froideur du contact.

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Traitements et orientations

Traiter cette psychose nécessite la combinaison de traitement médicamenteux (antipsychotiques et neuroleptiques) et psychothérapeutique. La « lobotomie » (chirurgie du cerveau) utilisée pendant longtemps et dont vous avez peut-être entendu parlé n’est plus d’actualité aujourd’hui. Le but de la prise en charge est de permettre d’apaiser l’angoisse et de calmer les idées délirantes et hallucinatoires afin de préserver la qualité de vie du patient dans son environnement professionnel et personnel. Parfois l’hospitalisation est nécessaire car la schizophrénie peut amener à des crises où la sécurité du patient mais aussi celle des autres peut être compromise. La régularité du traitement est ce qui assure une relative stabilité, mais beaucoup de patients se plaignent des effets secondaires des médicaments et leurs bénéfices peuvent mettre du temps à se faire sentir. C’est malheureusement un des obstacles majeurs à l’apaisement durable de cette maladie très invalidante.

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