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Dédipix : le marché de la dédicace

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A la suite du sexting, le dedipix, contraction de « dédicace » et de « picture », est une  nouvelle tendance. Il s’agit d’écrire sur sa peau une dédicace, par exemple « pour Bob <3 », de la photographier, et de la poster sur les réseaux sociaux de Bob. En échange, Bob promet d’écrire un certain nombre de commentaires, de liker le pofil de l’auteur du dedipix.

Ce sont plutôt les garçons qui demandent un dedipix et les filles qui dédicacent leur corps. En fonction de la partie du corps dévoilée, on peut obtenir 90, 120, 180… 300 commentaires, selon la valorisation en vigueur sur les différents blogs. Et bien sûr, plus les parties sont intimes, plus le nombre de commentaires augmente !

Pourquoi monnayer son corps en échange de likes ?!

Parce que plus on a t de clics sur son profil, plus on a de chances d’être référencé dans les moteurs de recherche, donc d’être visible, populaire, reconnu et de se faire une réputation. L’objectif est de « faire de l’audience » tout en flattant son ego, pour devenir  une sorte de « super héros » aux yeux de sa tribu !

Les dangers du dedipix

Mais la réputation peut aussi se ternir et le bruit se répandre comme une traînée de poudre au collège, lorsque le Bob se vante d’avoir obtenu une image des fesses de sa voisine, dédicacée à son nom (avec preuve à l’appui puisque l’accès à internet se fait maintenant depuis les mobiles)! Cela revient aux oreilles des enseignants, puis des parents, et là c’est la honte pour celle qui s’est exposée dénudée.

A un âge où on se questionne sur le corps et le désir de l’autre, le pouvoir et l’authenticité de l’image séduisent. Le risque est d’aller toujours plus loin, de faire des images de plus en plus rémunératrices… Bien souvent on oublie de ne pas montrer son visage pour rester anonyme, l’image peut alors être récupérée par n’importe qui, pour faire n’importe quoi (être utilisées pour alimenter les banques d’images de réseau pédophile ou de sites à caractère sexuel par exemple).

Il y a aussi un risque de dérapage quand ça touche des jeunes isolées, et qui ont peu d’occasions de gratifications dans leur entourage.

La mémoire du net est au cœur de cette nouvelle mode, car rien de ce que l’on met sur internet ne s’efface définitivement. Si quelqu’un tombait un jour sur une photo de vous dénudé.e sur internet, cela pourrait aussi compromettre votre parcours personnel ou professionnel à venir…

Alors soyez vigilants et faites respecter votre image !

Dans notre monde digital où l’image est omniprésente, où l’on veut voir et être vu partout tout le temps, notre rapport aux images change. Dites-vous bien qu’en matière d’images aujourd’hui, rien n’est vrai, rien n’est faux, tout est fabriqué.

A l’ère du tout-image et d’internet, il est important de réapprendre la pudeur, et de bien faire la différence entre ce qui est intime, que l’on souhaite préserver précieusement, et ce qui est publique, donc visible par tous sur le web ou ailleurs !

On oublie trop souvent qu’internet, mais aussi les réseaux sociaux, c’est un espace publique et accessible à tous.

Où en parler ?

Vous pouvez appeler la ligne téléphonique Net Écoute (3018) où parents et enfants peuvent parler et poser des questions sur internet, les jeux vidéo …

Et bien sûr au 0800 235 236 sur Fil Santé Jeunes (anonyme et gratuit d’un fixe, ouvert tous les jours de 9h à 23h).

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