Les étudiants et l'alcool

Fête et alcool : toute une histoire

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alcoolQui dit fête dit bien souvent alcool. Mais pourquoi associons-nous si facilement ces deux éléments? Depuis la nuit des temps ils font la paire. Déjà dans la Grèce antique, Dionysos le dieu du vin, de l’ivresse est associé à la fiesta. Son culte est synonyme de fantaisie, de joie lors de fêtes dyonisiaques. Sous la Rome antique, Dionysos devient Bacchus. On fête alors les bacchanales en l’honneur de ce dieu. Elles sont parfois le théâtre de véritables orgies et transgressions.

Pourquoi avons-nous besoin de faire la fête ?

Faire la fête est une façon de casser le rythme de la semaine, des études, du travail, d’être dans un temps à part. On se couche souvent très tard, on va jusqu’au « bout de la nuit ». L’origine du mot « fête » indique ce découpage du temps. Il vient du latin festi. Le calendrier romain était composé des jours festi, les jours de repos consacrés aux dieux, et des jours fasti pendant lesquels on pouvait s’adonner aux affaires publiques.

Le temps de la fête est celui où l’on se comporte de façon différente du quotidien, on peut jouer à être quelqu’un d’autre. Cela peut passer par notre façon d’améliorer notre look. On a nos tenues de fête.

Faire la fête, ça veut dire aussi se lâcher. On peut sentir comme un vent de liberté où tout est permis. L’envie de transgresser les tabous et les interdits.

On recherche aussi à être dans un état différent de celui dans lequel on est au quotidien. On attribue alors à l’alcool ce rôle de « potion magique » qui faciliterait l’accès à cet état « second » pour « être allumé ». L’alcool a ce pouvoir de créer l’illusion d’un paradis artificiel. On touche ici à la signification du mot alcool qui apparaît dans le langage au XVIe siècle. Il vient du mot arabe « al koh’l » qui désigne cette fine poudre noire utilisée par les alchimistes pour leurs expériences et par les demoiselles pour souligner leur regard et le rendre mystérieux (le célèbre kohl). Par extension, ce terme veut dire masque, illusion. CQFD.

Boire ensemble

Faire la fête, c’est avant tout être avec d’autres, des amis, des proches, des inconnus. On ne fait pas la fête seul. On partage quelque chose de commun et cela passe notamment par ce que l’on boit. Déjà Jésus lors de son dernier repas avec ses disciples leur dit « mangez, ceci est mon corps, buvez, ceci est mon sang ». C’est l’alliance éternelle. Boire ensemble serait faire alliance. On est prêt à boire n’importe quoi mais pas avec n’importe qui. Ce n’est pas vraiment le goût de l’alcool qui fait kiffer (d’où le succès des cocktails fruités, des « pré-mix » qui masquent le goût d’alcool par le sucre…) mais le fait d’être avec son groupe d’amis. On est dans un état quasi fusionnel.

Avant de boire, bien souvent on trinque. Cette pratique vient du Moyen-Age. A cette époque, l’empoisonnement était une pratique assez courante lors des banquets entre seigneurs concurrents. Pour parer à ce danger, les maîtres des lieux versaient une petite quantité de leur boisson dans le verre de leurs hôtes et réciproquement. Chacun devait ensuite boire une première gorgée en regardant l’autre dans les yeux. Ainsi chacun prouvait qu’il n’avait pas de mauvaise intention. Par la suite, on se contenta de cogner les verres remplis à ras bord pour qu’un peu de liquide s’échange entre les verres. C’est d’ailleurs ce cognement de verre qui serait à l’origine de l’expression « Tchin ! Tchin ! ».

Sources:
L’alcool en fête : Manières de boire de la nouvelle jeunesse étudiante, Jacqueline Freyssinet-Dominjon, Anne-Catherine Wagner, L’Harmattan, Collection Logiques sociales

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