Snus, puff, pouches, nicopods : c’est quoi ces “trucs”?
Les cigarettes dites « blondes » ou « à rouler » ? « Ça pue, c’est cher et puis c’est pour les darons ! »

Au début des années 2000, la consommation de tabac a connu une baisse importante : scandales dans l’industrie des cigarettiers, meilleure connaissance des effets sanitaires liée à sa consommation, politiques publiques de santé offensives, augmentation des taxes… Et ça, ça n’a pas vraiment fait plaisir aux multinationales parce que forcément leur chiffre d’affaires a baissé et leur influence aussi.
Mais comme les cigarettiers sont très créatifs et que c’est l’une des premières et plus vieilles industries à échelle mondiale, ils avaient déjà pensé et anticipé la phase de rebond ! Vers 2010, on a vu ainsi apparaître des cigarettes électroniques dont le but initial était de répondre à la demande des consommateurs de se sevrer à la nicotine tout en gardant le geste. La consommation est aussi une habitude comportementale ; c’est ainsi que du verbe “fumer” on a glissé vers l’idée de “vapoter”, soit aspirer de la vapeur d’eau aromatisée ou pas, avec un dosage en nicotine flexible en fonction de la dépendance et de l’ancienneté de la consommation de tabac.
Ces petits objets ont commencé à plaire aux plus jeunes qui les trouvaient stylés, à la mode, quand bien même ils n’avaient jamais fumé. Les cigarettiers et les start-uppers ont observé ce petit phénomène pour en faire un plus grand : ça s’appelle du « marketing » et ce n’est pas né d’hier😊
De la vapoteuse un peu design, voire technologique et austère, on a vu apparaître une quantité de marques, de choix, de couleurs et de saveurs : couleurs vives, arômes sucrés aux goûts de bonbons, modèles jetables à bas coût (la fameuse puff, interdite à la vente en France depuis le 13 janvier 2025[1]) aux formes stylées et tendances, féminines… Tout a été fait pour attirer l’œil et la curiosité des plus jeunes à grands coups de campagnes d’influenceurs largement payés par l’industrie du tabac et ses sous-traitants pour vanter telle ou telle marque sur les réseaux sociaux. En Angleterre par exemple, les géants du tabac ont investi pas loin d’1,6 milliard de dollars pour payer des influenceurs sur les plateformes classiques comme TikTok, Snapchat ou encore Instagram. 😯
De la cigarette, on est passé à la vapoteuse puis à la puff et maintenant il y a toute une déclinaison de produits dérivés à base de nicotine : pods, snus… En quelques mots, voici quelques fondamentaux à savoir avant de consommer, au-delà de l’effet de mode induit par l’industrie et les influenceurs.
« Puff » signifie « bouffée » en anglais. Elle a été créée en 2019 par deux Californiens, Patrick Beltran et Nick Minas, co-PDG de Puff Bar, et elle a connu un réel succès aux Etats-Unis avant d’arriver sur le marché français en 2020. Sa grande accessibilité et son design en ont fait un objet tendance. Même si elle est désormais interdite en France, on peut encore s’en procurer sur Internet. Si la puff ne contient que très peu de nicotine (entre 0,9% et 1,7%), elle peut tout de même créer une dépendance et constituer chez les plus jeunes une porte d’entrée vers une carrière de fumeur ou de fumeuse sur le long terme. De cette façon, l’industrie du tabac maintient sa rentabilité, au détriment de la santé publique et des plus jeunes. Ils sont très forts car ils réussissent à influer sur tes comportements !
Le snus, plus agressif que la cigarette
Le snus est une forme de tabac, conditionné en sachet (comme de petits sachets de thé) contenant de la poudre de tabac. Son mode de consommation consiste à glisser le sachet de tabac sous la lèvre supérieure, contre la gencive. De ce fait, la nicotine est en contact direct avec les muqueuses buccales et agit rapidement sur le cerveau. Le sachet peut être gardé ainsi de quelques minutes à quelques heures.
Le snus est un usage du tabac qui vient principalement des pays nordiques mais qui reste interdit à la vente en France et dans la quasi-totalité de l’Union européenne. Il est surtout vendu en ligne et sur d’autres continents (Amériques, Asie, Afrique). Le souci du snus, c’est son très haut dosage en nicotine : les sachets contiennent de 3 à 20 mg de nicotine, sachant qu’une cigarette industrielle classique en contient environ 1 mg. Et puis surtout, il y a un tas d’ingrédients auxquels on ne comprend rien. Ici, à Fil Santé Jeunes, rien que de voir leurs noms, ça nous fait frémir : tabac, agents hydratants, chlorure de sodium, carbonate de sodium, hydrocarbures aromatiques polycycliques, de radionucléides, de formaldéhydes et ses dérivés volatiles. On se demande si c’est un produit pour nettoyer sa salle de bains ou un dérivé du pétrole : beurk ! C’est tellement agressif que ça entraîne à court terme des pathologies inflammatoires de la muqueuse buccale et des gencives pouvant provoquer des lésions et des problèmes de déchaussements des dents, et plus tard des cancers (pancréas, œsophage, estomac, rectum), des risques d’hypertension artérielle ou encore d’infarctus du myocarde.
En résumé, le truc te vieillit en un rien de temps et il crée une dépendance à la nicotine deux fois plus vite ! Pas très sexy, tout ça, non ?
En 2020, le principal fabricant de snus a été racheté par Philip Morris International, le géant des cigarettiers. Et là, bingo, nouveau produit, dans la même idée que la cigarette devenue vapoteuse, devenue puff pour les plus jeunes. Le snus devient pouche ou nicopod.
A la différence du snus, les nicopods, pouches ou sachets de nicotine ne contiennent pas de tabac mais une poudre blanchâtre à base de nicotine avec un très large éventail d’arômes, de couleurs et d’images. Ça ne te rappelle rien ? Là où c’est très fort, c’est que l’absence de tabac permet d’échapper totalement à la législation et aux taxes car ces produits n’appartiennent pas à la catégorie des produits liés au tabac, alors même que le risque de dépendance est très élevé. Car ce n’est pas le tabac qui rend dépendant mais les composants qui sont dans le produit fabriqué et la nicotine. C’est dans ce vide juridique total que le marketing et les industriels s’engouffrent, avec le soutien des influenceurs, réseaux sociaux et autres sportifs réputés !
Il est donc possible que ce genre de produit contenant jusqu’à 20 mg de nicotine par sachet (contre 1 mg en moyenne pour une cigarette industrielle classique) se retrouve en libre accès, dans des supermarchés ou des débits de tabac, même si leur vente est en théorie interdite aux moins de 18 ans.
Tu comprends maintenant que tu es une cible privilégiée pour les industriels et que consommer ces produits n’est pas moins dangereux que de fumer des cigarettes. Si tu as commencé à consommer ces produits et que tu n’arrives pas à arrêter, n’hésite pas à te faire aider et à consulter un médecin traitant. Si tu te poses des questions, tu peux aussi nous appeler, on est disponible au 0800 235 236 de 9h à 23h, ou par ch@t jusqu’à 22h.
Fil Santé Jeunes
Fil Santé Jeunes est accessible aux personnes sourdes ou malentendantes
[1] ameli.fr | Assuré – « Les cigarettes électroniques jetables ou puffs sont interdites à la vente »






Très intéressant