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Il était une fois … l’Amour

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amourAujourd’hui, tu es raide dingue, accroc, in love … bref, tu kiffes grave ! Tu envoies à l’élu(e) de ton cœur des sms enflammés à toute heure, tu lui dis des mots d’amour en le/la regardant au fond des yeux à travers l’écran de la webcam, tu lui postes des fleurs virtuelles sur le net ou tu commentes ces moindres fait et gestes avec des smileys sur FB …

Aujourd’hui, grâce à tous ces moyens modernes de communication, tu peux vivre ta relation amoureuse de manière différente que celle de tes parents. Mais au-delà des moyens qui te permettent d’exprimer ce que tu ressens, le sentiment qui te brûle au fond de toi et qui te lie est-il lui si différent ?

Au fil des siècles, de nombreux penseurs ont tenté de comprendre et de définir le sentiment amoureux…

Pendant l’Antiquité (Vème siècle av – JC – Vème siècle après-JC)

Si les écrits nous permettent de saisir de quoi était constituée la vie sociale, amicale et sexuelle des Grecs et des Romains, il est plus difficile de savoir ce qu’il en était de l’amour pendant l’Antiquité! Peut-être parce qu’à cette époque, le sentiment amoureux tel que nous l’entendons aujourd’hui se ne concevait pas vraiment …

Les hommes « libres », c’est-à-dire non-esclaves, ont tous les pouvoirs, dans leur vie sociale mais également intime. A cette époque, les hommes d’âge mûr (entre 18 et 30 ans !), surtout lorsqu’ils sont aristocrates et éduqués, peuvent vivre en toute liberté des relations avec des jeunes garçons adolescents. Cela s’appelle la pédérastie, pratique reconnue et parfaitement tolérée (en Grèce plus particulièrement): les hommes sont des « maîtres » qui initient leurs jeunes élèves imberbes à la découverte de l’amour et des plaisirs sexuels. Le lien qui les lie est sans doute un mélange d’amitié profonde, d’affection, de respect, d’attirance physique …

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Le mariage est  un acte social qui sert avant tout à se garantir un patrimoine et à s’assurer une descendance légitime. Si l’épouse n’a absolument pas le droit d’être infidèle à son mari (elle risque la mort !), son mari quant à lui a la liberté d’avoir des relations avec d’autres femmes, à la condition qu’elles ne soient pas mariées et de statut social « inférieur » (esclaves, prostituées, concubines).

L’homme est donc le maître absolu mais il a quand même des règles à respecter pour être bien vu en société. Par exemple, un « homme à femmes», reconnu aujourd’hui comme séducteur ou romantique dans l’âme, n’est pas bien vu : le fait qu’il ne soit pas capable de « maîtriser » ses émotions (amoureuses) le rend faible aux yeux des autres …

Au Moyen-âge … L’amour courtois

L’amour courtois est raconté dans les poésies et la littérature médiévales. Il définit l’amour profond et authentique que ressent un prétendant pour sa dame, mais également le comportement que celui-ci  a à tenir pour la séduire.

La dame en question est de bonne société, d’un rang social supérieur. Son amoureux doit lui être totalement dévoué, à l’affût de ses désirs, fidèle. Elle peut ainsi jouer avec ses sentiments et créer le doute et le tourment en feignant l’indifférence ou l’inaccessibilité …
Cet amour n’a rien à voir avec le mariage : une femme mariée a le droit d’écouter son cœur si elle est courtisée selon les codes de l’amour courtois. Cet amour est prude, mais il n’est pas platonique pour autant, c’est un amour à la fois spirituel et charnel. Peu à peu, ce « concept amoureux » devient une vertu essentielle du code chevaleresque.

L’amour platonique

L’amour platonique est conception philosophique du lien amoureux qui date de la Renaissance (XVème et XVIème siècles). Tu l’auras donc deviné (;-) … Malgré son nom, l’amour platonique n’a donc pas été théorisé par Platon lui-même, puisque le philosophe grec a vécu en l’an 400 avant JC ! Décrit par un autre philosophe, Marcile Ficin, cet amour est purement intellectuel, puissant et est vécu en dehors de toute sensualité. Dans cet amour, le désir et les plaisirs charnels (c’est-à-dire sexuels) n’existent pas. On aime l’esprit de l’autre par l’esprit ! Cet amour est associé au rêve et aux fantasmes.

En son temps, Platon avait proposé une théorie de l’amour. Pour lui, l’amour le plus pur dépassait l’amour des formes du corps : c’était l’amour du beau (l’esthétisme) suivi de l’amour des idées. C’est par extension à cette théorie que son nom a été prêté à la définition de l’amour platonique… Pour la petite histoire, ce nom est fruit d’une confusion puisque Platon reconnaissait également ouvertement les bienfaits d’une vie sexuelle épanouie !

Aujourd’hui, l’amour platonique est souvent subi, dans une relation à distance par exemple. Il peut s’exprimer à travers une relation épistolaire (les lettres envoyées aux poilus de la Grande guerre, les histoires d’amour vécues par lettres avec un prisonnier…) ou virtuelle 😉 ?

Au XVIIIème … Le romantisme

L’amour romantique voit le jour à l’aube du XIVème siècle. Il naît du courant artistique de l’époque, le romantisme qui, en réaction aux siècles « philosophiques » antérieurs, lutte pour faire entendre l’existence de chacun à travers ses émotions. C’est le combat des sentiments contre la raison ! L’art devient un moyen d’exprimer son ressenti, et par là-même de se sentir exister. C’est d’ailleurs à cette époque que le journal intime fait son apparition chez les jeunes filles de « bonne famille » ;-).

L’amour romantique est un amour tourné vers soi. Le plus important est le plaisir d’être aimé (là aussi parce qu’il fait se sentir vivant) et non l’amour de l’autre pour ce qu’il est. Le regard de l’autre porté sur soi y est moteur.  Cet amour est souvent source de souffrance : Lorsque je suis malheureux, je me sens exister, alors inconsciemment je m’attache et me sens attiré par une personne qui ne m’aime pas ou pas assez. Il y a de la jouissance à vivre dans la souffrance.

L’amour romantique se rapproche de la passion amoureuse voire de l’amour fusionnel, dans lesquels les deux amoureux cherchent à ne faire plus qu’un : à travers l’amour de l’autre, on peut s’aimer soi-même.

On pourrait continuer  …

Au début du XXème siècle, Sigmund Freud, a lui aussi construit sa théorie psychanalytique autour de l’amour comme fondation du sentiment de vie.
Tu l’as compris, l’amour « d’aujourd’hui », est fruit d’une histoire. Le sentiment amoureux et tous les codes qui le gouvernent résonnent avec les contextes historiques, politiques, économiques et sociaux qui marquent les époques que nous traversons …

Quelques livres, pour te donner une idée :

– Tristan et Iseult – issue de tradition orale, il en existe aujourd’hui beaucoup de versions écrites (dont les premières datent du XIIème siècle)

– Roméo et Juliette – tragédie de William Shakespeare (1562)

– La princesse de Clèves – roman de Marie-Madelaine de Lafayette (1678)

– Le Rouge et le Noir – roman de Stendhal (1830)

– Madame Bovary – roman de Gustave Flaubert (1857)

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