Le stress minoritaire: Vivre avec la peur d’être agressé-e ou discriminé-e
« Je suis un garçon et il y a un garçon que j’aime, mais je n’arrive pas à lui dire parce que j’ai peur de ce que les autres vont penser, et surtout j’ai peur de me faire rejeter ou que ça change notre relation. » Ici on va plutôt parler des personnes LGBT+ mais l’expérience du stress minoritaire est partagée par beaucoup d’autres personnes, comme les femmes, les personnes non-blanches, les personnes en situation de handicap, etc.

Le stress minoritaire c’est le fait d’avoir peur d’être victime d’agressions et de discriminations en raison de ce qu’on est : anticiper sans cesse des évènements stressants, se sentir obligé-e de dissimuler qui on est ou de faire semblant d’être quelqu’un-e d’autre pour se protéger.
Ce stress ne vient pas de nulle part, il se construit à partir des préjugés, des discriminations et des stigmatisations vécues par les personnes LGBT+ mais aussi des discours ambiants de l’entourage, les réseaux sociaux et la société. Le stress minoritaire peut être accentué après avoir vécu des agressions ou des discriminations, qu’elles soient vécues ou ressenties. Mais il existe aussi chez les personnes qui n’ont pas vécu d’agressions. C’est totalement légitime de ressentir ce stress quand on est soi-même concerné. Le vécu des autres personnes LGBT+, et la façon dont il est traité par les médias et la société, influence la façon dont toutes les personnes LGBT+ se sentent en sécurité ou non.
C’est très important de ne pas sous-estimer le stress minoritaire car il a des conséquences réelles au quotidien :
- Des symptômes physiques : insomnies, perte ou prise de poids inhabituelle, maux de tête, douleurs corporelles comme des lombalgies (le fait d’avoir mal au dos), des dysfonctionnements sexuels, et même de l’hypertension artérielle.
- Des impacts psychologiques : anxiété, isolement, faible estime de soi, addictions (avec ou sans produit), une instabilité de l’humeur, pratiques d’automutilation, idées suicidaires, dépression, …
Heureusement, il y a des moyens de réduire l’impact du stress minoritaire ! Tu peux par exemple t’entourer de personnes LGBT+ ou simplement de personnes ouvertes et bienveillantes, pour discuter d’expériences communes et casser le sentiment d’isolement.
Tu peux aussi être attentif aux médias que tu consultes : cela aide à se protéger des discours de haine, se sentir fièr-e et renforcer son estime de soi. Il existe une culture LGBT+ très riche, n’hésites pas à te renseigner !
Ton orientation et ton identité ne t’empêchent pas de construire les projets de vie qui te font envie.
Les choses ne sont pas forcément simples, mais il existe toujours des possibilités pour se réaliser comme on le souhaite.
On peut vraiment trouver du soutien auprès d’autres personnes LGBT+, notamment dans des relations amicales et amoureuses. Reste vigilant : les violences existent aussi dans les couples LGBT+ : par exemple, menacer aux parents de dévoiler son identité de genre ou orientation non déclarée, en cas de conflit.
Chez les personnes LGBT+, le risque suicidaire est 2 à 7 fois plus élevé que la population générale.
Si tu te reconnais dans tout ça, ne reste surtout pas seul-e avec ta souffrance et parle-en à des adultes de confiance autour de toi !
Dans tous les cas, tu peux nous contacter par téléphone au 0800 235 236 ou par ch@t si tu te reconnais dans cet article. On est disponibles tous les jours de 9h à 23h (22h pour le ch@t) pour t’écouter gratuitement, sans jugement et de façon anonyme.
Il existe aussi un dispositif d’information et de soutien. Il s’adresse aux personnes en questionnement sur leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre, à l’entourage, aux professionnel·le·s qui souhaitent aider une personne en difficulté.
LEIA (0800 004 134, de 8h à 23h, service & appel gratuits)






