Sexualité et croyance religieuse
La sexualité se vit différemment selon notre genre, notre âge, notre culture et nos croyances. À l’adolescence, avec l’arrivée de la puberté, le corps se transforme et un véritable "cocktail d’hormones" influence l’organisme, le comportement et les pulsions. Si, pour beaucoup, cette période marque l’entrée dans une phase d’expérimentation sexuelle, qu’en est-il quand on a fait le choix de l’abstinence partielle ou totale, par croyance religieuse?

La découverte de la sexualité
Après une phase de découverte par le biais de la masturbation, la plupart du temps vient l’exploration de la sexualité partagée. Lorsqu’il y a attraction mutuelle, entre 2 personnes consentantes, cela peut aboutir à une première découverte sexuelle. C’est le moment où les jeunes adultes ont la possibilité de faire des rencontres et élargir leurs cercles sociaux.
L’abstinence, c’est quoi ?
L’abstinence c’est la renonciation partielle ou totale par principe, hygiène ou pénitence, à la consommation de certains aliments, à la satisfaction d’un besoin, d’un désir.
Aussi, ce sont les limites que tu définis toi-même dans tes rapports intimes, avec ou sans pénétration, caresses ou pas, masturbation ou non, etc….qu’elles soient influencées ou non par ton éducation. Tu restes libre de définir ton propre rapport à la sexualité, qu’elle soit partagée ou non avec un.e partenaire.
Le conflit intérieur : entre biologie et convictions
Il est important de savoir que les jeunes croyants sont traversés par les mêmes pulsions sexuelles et transformations physiologiques que les autres. Ce décalage entre ce que tu ressens intérieurement et les règles transmises par ta famille ou ta religion peut créer une tension réelle.
Le corps, l’esprit et l’imaginaire sont particulièrement mobilisés à l’adolescence, ce qui peut faire naître des pensées sexuelles spontanées ou des fantasmes, même si l’on essaie de les éviter.
En psychologie, plus on s’interdit une pensée, plus elle devient présente. Essayer de ne pas penser à quelque chose peut paradoxalement mener à y penser davantage. Tu peux avoir l’impression d’être différent·e alors que tes pairs expérimentent librement, ce qui renforce parfois un sentiment d’isolement ou de frustration ou de ne pas être « assez bien ».
Les frustrations affectives et relationnelles
Certaines personnes peuvent ressentir une frustration liée à l’attente affective et relationnelle. Le désir d’intimité, de tendresse ou de proximité avec quelqu’un ne se limite pas à la sexualité. Lorsqu’on choisit d’attendre le mariage pour vivre certains aspects de la relation, cela peut parfois donner le sentiment de devoir mettre en pause une partie de cette exploration affective.
Le poids du regard des autres
La manière dont tu te perçois est souvent influencée par le regard que tu penses que les autres portent sur toi. Cela modifie donc le regard que tu portes sur toi. Les jeunes croyants se retrouvent parfois pris entre deux visions opposées :
D’un côté, les cercles religieux ou familiaux qui valorisent la vertu, quitte à nier les réalités du corps.
De l’autre, les amis ou la société qui « naturalisent » la sexualité avant le mariage et peuvent percevoir tes choix comme dépassés.
Ce tiraillement peut générer de la honte ou de la culpabilité. Pourtant, il n’y a pas une « seule bonne façon » de concevoir sa sexualité. Chacun avance à son rythme, selon son propre idéal de vie.
Normaliser ses ressentis
Il est naturel de ressentir du désir, des pulsions, de l’attirance ou des émotions sexuelles. Ces ressentis font partie des changements normaux que traverse une personne, en particulier à l’adolescence, mais aussi tout le long de la vie. Ils concernent autant les filles que les garçons et méritent la même considération, sans jugement ni inégalité. Avoir des pensées ou des envies ne fait pas de nous des mauvaises personnes pour autant.
Le désir n’est pas toujours un choix.
Ton jardin secret : la frontière entre l’intime et le visible
La sexualité, tout comme la spiritualité, relève de l’intime.
Tu as le droit de garder pour toi tes pensées, tes doutes ou tes questionnements.
Construire ton intimité n’est ni un mensonge, ni de l’hypocrisie. Mettre des limites entre ce que l’on partage et ce que l’on garde privé permet de se protéger et de respecter son espace personnel. Cela signifie simplement que certaines choses n’appartiennent qu’à soi. Trouver cet équilibre entre soi et le monde extérieur peut aider à mieux vivre ses choix et à réduire la pression ressentie.
La relation à ta religion est personnelle, tout comme la relation à ton corps et à tes désirs. Te questionner ou douter ne fait pas de toi une personne « moins croyante ». L’essentiel est de cheminer en accord avec toi-même, dans le respect de tes valeurs et de ton bien-être.
Besoin d’en parler davantage ?
Si ces tensions deviennent trop lourdes à porter, n’hésite pas à te confier à une personne de confiance ou à nous contacter directement sur le chat de Fil Santé Jeune.






